Troisième lettre, 25 octobre
de sa paroisse, les jours de dimanches et de fêtes. Tout le monde blâme hautement sa conduite et on le veut absolument empêcher d y retourner jusqu'à ce que la persécution ait fini. Voyant son opiniâtreté, on le veut obliger d'aller demeurer quelque temps à Montpellier '. » (( On a enfin obligé M, le prieur de Mialet de ne s'exposer plus au danger évident de tomber entre les mains de ces malheureux en allant faire le service de sa paroisse qu'il a toujours fait régulièrement jusques à présent. Tout le monde est surpris de ce qu'il ne lui est arrivé aucun fâcheux accident, attendu qu'un nommé Laporte, qui se fait appeler le chevalier Roland et qui est de sa paroisse, est le chef d'une grande bande de ces scélérats qui roulent toujours aux environs.
« Lundi dernier, 20 de ce mois, s'il fût allé à Mialet voir une vieille femme malade qui n'a jamais donné aucune marque de catholicité, celui qui le venait chercher le faisait tomber, sur son chemin, entre les mains d'un détachement de ces malheureux qui l'attendaient... Ce qui doit obliger M. le prieur, s'il veut mettre sa vie en sûreté, de se réfugier dans son pays ou dans quelque autre endroit où il n'y ait rien à craindre pour lui ^. »
Le 28 décembre 1702, le prieur lui-même écrivait : « Nous sommes à la veille de tomber entre leurs mains. Nous faisons par avance un sacrifice de nous-même à Dieu, en union de celui que son Fils bien-aimé lui a ofiert pour nos péchés sur l'arbre de la croix. Nous espérons de sa bonté que, par un effet extraordinaire de sa grâce, il nous fortifiera dans ces bons sentiments et dans ces saintes dispositions '. »
C'est la dernière lettre que nous ayons de ce digne