Ces trois Messieurs étaient des prêtres chinois
que vous avez soufferte l'année passée. Je n'en ai point eu jusqu'à présent de nouvelles détaillées à mon gré.
Je compte sur vos prières et votre charité constante pour moi. Recommandez-moi aux prières des chrétiens, surtout des bonnes âmes. Le jeune homme Kieou sait assez ce qui me regarde, pour vous en dire plus que je ne puis vous en écrire.
Je vous salue et vous embrasse de tout mon cœur, mon très cher Confrère et très cher Père, en Notre-Seigneur, en l'amour duquel et en celui de sa très digne Mère, qui est aussi notre très chère Mère et Reine, j'ai l'honneur d'être, avec un profond respect, et un tendre attachement et reconnaissance,
Votre très humble et très obéissant serviteur, JoANES Franciscus, vinclus utinam Christi Jesu.
Autre lettre de M. Gleyo à M. Moge, du 18 juin 1776.
Monsieur et cher Confrère,
Je vous remercie de votre dernière lettre, si pleine de sujets de consolation par les saintes nouvelles que vous m'y apprenez. Est-il étonnant que notre bon Père se communique à ses pauvres serviteurs en de si grandes détresses ? Pour ce qui est de moi, ma situation est toujours à peu près la même. J'éprouve par-ci par-là quelques tracasseries assez amères ; mais mon Dieu, mon bon Père, dissipe tout cela. Je vous prie, en grâce, de ne plus penser à faire des tentatives pour me tirer d'ici. Je vous dirai, en toute confiance, que cette tribulation m'est plus nécessaire que la vie corporelle : mon sort est entre les mains de mon Seigneur Jésus. Soyez tranquille à mon sujet ; seulement priez toujours, et faites prier les bonnes âmes pour moi. Je recommande à vos prières mon cher
Persécution au Tonkin 357
enfant André Yang, qui a souffert avec moi et qui est à présent à Pondichéry ', un enfant de grâce et de bénédiction. Soyez sûr que je me souviens de vous, dans l'amour de Notre-Seigneur Jésus et de sa très douce Mère.
Jean François, prisonnier, plût à Dieu que ce fût véritablement de Jésus-Christ.
1. Le collège général des missions était alors à Pondichéry. L'élève de M- Gleyo, après être sorti de prison, y fut envoyé et dans la suite fut ordonné prêtre.