La Baume, p
Les martyrs des Camisards
dont on prétend que le nombre monte à deux cent mille, mais il y a apparence que la contagion se serait communiquée aux provinces voisines, et peut-être même beaucoup de catholiques, ennuyés de payer les impôts, se seraient joints à eux ' . »
Pour en revenir aux Camisards blancs, Florentins et Cadets de la Croix, si le maréchal de Montrevel leur eût permis d'agir en liberté, il est assez probable que les Camisards noirs seraient rentrés plus tôt dans l'ordre. Il s'opposa vigoureusement à une entrée en scène trop libre de leur part, il les désavoua et leur enjoignit de se disperser : il les y contraignit même par les armes.
Cependant, une fois qu'il eut affirmé avec beaucoup d'énergie les droits de l'autorité, il comprit qu'il pouvait tirer un bon parti de cette explosion de juste résistance, et il donna des ordres pour l'organisation régulière des troupes auxiliaires catholiques. Le célèbre La Fayolle (que d'autres appellent La Sagiotte), gentilhomme du Dauphiné, ancien officier, qui vivait en ermite dans les bois de Prime-Combe, non loin de Sommières, fut mis officiellement à la tête de deux cents hommes. Ses lieutenant furent Lefè\Te, de Gajan, et Florimond Violet, dit la Palette, de Générac.
<c La Fayolle avait été pendant quinze à vingt ans capitaine dans un vieux corps. Mais désabusé du faux éclat du siècle présent, il s'était retiré dans cette solitude et y vivait austèrement sous le nom de Frère François-Gabriel -. »
Muni de l'autorisation de l'évêque de Nîmes, il s'offrit à Montrevel, qui accepta ses services.
Or, à la tête de deux cents hommes de son choix, il se rendit bientôt tellement redoutable, qu'un jour vint où Cavalier menaça « d'employer les armes de l'Eternel, si l'Ermite, Florimond et Lefèvre ne cessent de tuer nos frères ».
L'aveu est bon à retenir. Il prouve quels services auraient pu rendre, dès le début de la révolte, des compagnies bien