‹ Les martyrs (volume 4)Chapitre 7 sur 59 · Livre II, ch. ii. — Précis, p · texte numérisé non relu

Livre II, ch. ii. — Précis, p

2. Lettre de M. Fauville, curé de Nages. — L'Ouvreleul, t. II, p. 116.

constituées de partisans appelés à défendre leur religion, leurs familles et leurs biens.

« Elles eussent été autrement redoutables aux rebelles que les milices locales sans valeur, ou des troupes venues de loin, eeposées à mille influences, ne combattant que par devoir. C'était, à vrai dire, moins d'une guerre qu'il s'agissait que d'une chasse aux incendiaires et aux assassins '. »

Au mois de mars 1703, M. de Montrevel réunit à Nîmes les gentilshommes du pays ravagé par l'insurrection. II leur reproche de ne l'avoir pas étouffée à sa naissance et les adjure, au nom de leurs intérêts, de l'Eglise et de l'Etat, d'user désormais de toute leur influence pour ramener au devoir ceux qui dépendent d eux. Il promet d'être clément au repentir, mais il annonce que la persévérance dans la rébellion le trouvera sans pitié. Il ne demande à personne de conversion forcée, mais il exigera que l'on soit fidèle au roi.

C'était un appel sage mais trop tardif à la loyauté des bons Français cévenols- Le branle était donné, et cette année 1703, malgré la présence du vaillant maréchal, qui d'ailleurs est accusé d'avoir trop souvent préféré le plaisir aux fatigues de la guerre, vit tomber, sous les coups du fanatisme hors de lui, un grand nombre de saintes victimes.

Au reste, il faut l'avouer, le maréchal et les autres officiers chargés de rétablir l'ordre dans les Cévennes étaient loin de s'attendre à une si opiniâtre et si cruelle résistance de la part des Camisards. Un moment vint où il leur parut nécessaire de recourir aux moj'ens extrêmes : ils proposèrent au roi de détruire tous les villages du théâtre de la révolte, à l'exception de quatre où pourraient se réfugier les habitants soumis. Ils obtinrent, non sans peine, la permission de démolir les maisons et, un peu plus tard, d'employer un moj'en plus expéditif pour les détruire, le feu.

C'est vers le mois de septembre que commença ce que les anciens auteurs appellent « le brûlement de ce malheureux pays ». Une région de quarante lieues carrées de superficie

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