‹ Les martyrs (volume 5)Chapitre 19 sur 75 · Real au ministre de la police, 22 messidor · texte numérisé non relu

Real au ministre de la police, 22 messidor

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la cour de l'hôtel de Vaulx. Vers quatre heures on descendit le Saint-Père qu'accompagnaient les deux camériers ordinaires, le confesseur et le médecin Duchadoz. La suite du pape, composée de vingt personnes, monta dans quatre voitures. En passant devant la Conciergerie où des prêtres insermentés étaient en prison, la voiture s'arrêta et le pape bénit les prisonniers. Sur tout le parcours la foule escortait le Saint- Père qui la bénissait. Parfois les gendarmes de l'escorte renseignaient les fidèles. « Le Pape est à droite, habillé de blanc », leurdisaient-ils, afin qu'ils ne le confondissent pas avec le Père Fantini ; quelquefois ils écartaient avec des paroles aussi rudes que leurs gestes des personnes qui ne se découvraient pas devant Sa Sainteté.

Au relais de Moirans, pendant le changement d'attelage, le Saint-Père consentit à être transporté au logis de M. de la Porte. Il arriva que les camériers laissèrent tomber le pape du pliant où il était étendu. Sa Sainteté, ayant entendu le cri d'effroi des assistants, dit lorsqu'il fut relevé : « Je n'ai pas de contusion, mais un peu de confusion.

A dix heures Sa Sainteté arriva à Tullins, son gîte d'étape. La commissaire républicain, Michel, les autorités et la garde nationale l'attendaient à l'entrée de la ville. Dès que parut la voiture, les tambours battirent aux champs et on conduisit le Saint-Père au logis de M. de Glasson. A une heure, réception delà municipalité ; plusieurs personnes furent ensuite présentées, puis on porta Sa Sainteté sur un balcon d'où elle bénit la toule venue de Voiron, de Bourgoin et des lieux environnants.

11 juillet (23 messidor). — Au départ, la voiture an pape se trouva enguirlandée de fleurs, mais Sa Sainteté ne le voulut pas et les assistants s'empressèrent de se partager ces guirlandes.

A Vinay, la femme Guiliambaud fit bénir sa petite fille par le Saint-Père.

A l'Allégrerie, quelques jeunes filles lui présentèrent une gerbe de roses.

En approchant de Saint-Marcellin, le Saint-Père demanda à quel diocèse appartenaient les villages que Ton aperçoit sur le versant des collines. On lui répondit qu'ils appartenaient au diocèse de Vienne. Le Saint-Père dit alors que c'était à M. d'Aviau : « C'est un pasteur digne des premiers siècles, dit-il ; il parcourt ses montagnes à pied, comme le plus simple missionnaire. »

Dans la voiture le soleil était fort incommode, mais le Saint-Père défendit de baisser les stores : « Non, j'aime mieux, dit-il, recevoir quelques rayons, et ne pas imposer une privation à ces pauvres fidèles, venus peut-être de bien loin. » De temps à autre on l'entendit dire : « Je vous le dis, la religion n'est pas éteinte en France. » La population de Saint-Marcellin vint à la rencontre du Saint- Père qui fut conduit au logis de M. Falcoz de la Blache. « Cette maison était inhabitée, les lits étaient détendus, il n'y avait point de linge, les clefs étaient au pouvoir de la citoyenne Brenier, meunière. Son intervention est devenue nécessaire. Elle a tout mis en ordre et fait les autres fournitures nécessaires. La garde — de vingt hommes — a toujours été composée d'hommes choisis ; nombre d'officiers étaient à leur tête et la consigne a été scrupuleusement observée. Chaque jour, il y a eu au moins trois mille femmes à la porte de la cour ; sur les quatre à cinq heures du soir, elles demandaient avec instances d'entrer dans la cour, et de là dans les allées pour être à portée de recevoir [laj bénédiction D'après l'avis écrit du citoyen Rolland, on a eu cette déférence le deuxième jour ; le premier non. Le citoyen Rolland craignait, non sans raison, qu'une trop grande rigueur ne

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portât le peuple a des extrêmes ; entre deux maux il voulut éviter le pire^ »

13 juillet (25 messidor), — Le Saint-Père quitta Saint- Marcellin à quatre heures du matin. A la limite des départements de l'Isère et de la Drôme le citoyen Rolland fit remise du prisonnier au citoyen Roussillac. Le lieutenant Jauvin eut le commandement de l'escorte. Rolland étant venu présenter ses respects au Saint-Père, celui-ci le pria de lui tenir compagnie jusqu'à Romans, ce que ce fonctionnaire fit avec empressement. Il dressa ensuite l'état des dépenses occasionnées par le voyage de Sa Sainteté.

Etat de la dépense que fai faite comme commissaire délégué pour veiller à la sûreté du transport du Pape .

« Barrière en partant de Grenoble, un franc quarante centimes d'un côté et quarante-huit centimes d'autre côté. . 1 fr. 88

« Raffraîchi à Vizille, un franc cinquante centimes 1 50

« Barrière à Laffrey, deux francs vingtcinq centimes 2 25

« Couché à la Mure, six francs cinquante centimes 6 50

« Donné, le 12, pour boire aux cavaliers de l'escorte, six francs 6 00

(( Dépense à Corps pour quatre jourg, y compris un repas donné au commissaire central des Hautes-Alpes et autres fonctionnaires publics, soixante-quinze francs. 75 00

« Au maréchal, trois francs. .... 3 00

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