‹ Les martyrs (volume 5)Chapitre 20 sur 75 · Robin Boiselot à Real, 26 messidor · texte numérisé non relu

Robin Boiselot à Real, 26 messidor

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« Aux cavaliers de lescorte, le 16, six francs

« Perruquier, un franc vingt centimes.

« A la Mare pour deux jours, dix-huit francs quatre-vingts centimes

« A Viziile, neuf francs trente centimes.

« Louage de la voiture pour neut jours, cent soixante-deux francs

« Elrenne au cocher, neuf francs. . .

« A Tullins, neuf francs soixante centimes

« Le 22, donné aux gendarmes, pour boire, six francs

« Le 23, donné aux gendarmes de Grenoble et de Moirans, six francs. . . .

« Le 24, donné aux six chasseurs qui nous avaient accompagné depuis Grenoble, six francs 6 00

(( Le 24, donné, pour la dépense de la garde nationale, pendant la nuit précédente, douze trancs 12 00

« Le 25, donné à celle qui a descendu ledit jour, pour sa dépense, douze francs. 12 ÔO

« Chandelles pour les deux jours, un franc cinquante centimes 1 50

<i Dépense d'auberge à Saint-Marcellin, pour deux jours, vingt-cinq francs cinquante centimes 25 50

« Le 25, donné aux gendarmes de Saint-Marcellin, six francs 6 00

« A Romans, auberge, vingt francs. . 20 00

« Au maréchal, deux francs cinquante centimes

« Perruquier, pour trois jours, un franc cinquante centimes. . . . • t . •

464 fr

Captivité et mort de Pie VI 91

« A Saint-Marcellin, dîné et couché, dixneuf francs

« A Tullins, dîné, dix francs. . . .

« Louage d'un cheval, dix-huit francs.

« Au domestique qui m'a accompagné dans le voyage, six francs ^

« Total : quatre cent soixante-quatre francs , . . .

<( Reçu douze cents francs à mon départ.

« Dépenses, quatre cent soixante-quatre francs

« J'ai rendu au citoyen Real, sept cent trente-six francs . .

a Certifié sincère et véritable, à Grenoble, le 2 thermidor an VII de la République .

« Rolland. »

Etat des sommes payées pour location de meubles, lits et autres fournitures, et dépenses faites à raison de F arrivée et séjour en cette ville du Pape et de sa suite.

« Savoir : Livres Sols Deniers.

« A Meunier, colporteur, pour quatorze matelas, sept couvertures, sept traversins, quatre paillasses, un pliant et huit chaises de paille ou fauteuils. 42 4 ;>

« Aux portefaix, tant pour avoir fait balayer les appartements, transport de meubles, déménagement des meubles du logement de la concierge et auUes travaux. • «... 24 9 d

« Six bouteilles de vin aux

soldats delà garde 1 16

« Au vitrier pour avoir remplacé deux carreaux verre de Bohême et huit autres carreaux verre ordinaire qui ont été

cassés 15 »

o Quatre vases de nuit et six

gobelets 4 10

« Un pot de vinaigre. ...» » 6

« Quinze livres et demie de chandelles, tant pour le service de la maison que pour celui du

corps de garde 10 » »

« Pour avoir fait raccommoder le lit et autres effets de la concierge, qui ont été cassés par les soldats de garde. ... 6 10 »

« Pour valeur de deux fauteuils de paille cassés à la même. 3 » ]|

« Indemnité à la même pour son temps perdu. . . . 6 » »

« Au maréchal des logis de gendarmerie par ordre du citoyen Real, pour indemnité à lui accordée ainsi qu'au gendarme Zuscher, pour neuf jours qu'ils sont restés hors de leur résidence pour accompagner le Pape. 49 » x

« A Quicher, tapissier, tant pour fourniture de deux lits, que pour le bois de deuxpliants, y compris les frais de transport, 12 » j

« Total. ... 175 1. Os. 6 d

Captivité et mort de Pie VI Oo

«Je soussigné certifie le présent état sincère et véritable.

« A Grenoble, le 20 thermidor an VII de la République française, une et indivisible.

H. DUMIRAIL.

« A ajouter une somme de 36 francs payée par le citoyen Hache-Dumirail aux commissaires de police de la commune de Grenoble, pour indemnité d'un service extraordinaire de surveillance par eux fait, pendant le séjour du ci-devant Pape, à Grenoble. Ladite somme payée ensuite d'une ordonnance du commissaire central du département de ï'ïsère, en date du 19 thermidor an VII, dûment acquittée. . 36 1.

« Report du total ci-dessus. 175 1. Os. 6 d.

Total. ... 211 1. Os. 6 d.

« Je soussigné M. Dumirail, receveur des domaines nationaux à Grenoble, et chargé, par le citoyen Real, commissaire central du département de l'Isère, de pourvoir aux frais de logement, location de meubles et autres dépenses occasionnées par le séjour du ci-devant Pape à Grenoble, ai reçu, dudit citoyen Real, la somme de deux cent onze livres sept sous six deniers pour le montant de mes déboursés mentionnés à l'état ci-dessus.

« A Grenoble, le l*"* vendémiaire, an VIII de la République française.

« H. Dumirail. »

L'accueil que reçut le Saint-Pére dans le département delà Drôme ne fut pas moins empressé que dans le dé- Darleiuent de l'Isère. « Les habitants des Fauries ten-

dirent la route de couvertures. Ils eussent voulu que le Pape, brisé de fatigue et accablé par la chaleur, ne ressentît aucune secousse trop rude, en traversant leur petit village » . Comme on approchait du Périer de Saint- Hilaire, on fit halte quelques instants pour faire souffler hommes et chevaux. Une femme pénétra jusqu'à la voiture du Saint-Père et y déposa son petit enfant ; comme on apportait à ce moment un verre d'eau à Sa Sainteté quelques hommes de l'escorte s'imaginèrent que le Saint-Père allait baptiser l'enfant qu'il tenait sur ses genoux, ils l'arrachèrent de ses mains et le rendirent à la mère accompagnant leur brutal procédé d'insolences et de blasphèmes. Le convoi se remit en route à l'instant.

(( A une lieue de Romans, dit le rapport du lieutenant de gendarmerie, nous commençâmes à trouver une foule immense d'hommeç et de femmes qui ne fit qu'augmenter jusqu'à Romans ; j'estime que le nombre des individus que nous avons trouvés, tant sur la route que dans les rues de Romans, peut se porter à quatre ou cinq mille. La route en était obstruée au point que je fus obligé d'ordonner aux postillons de deux voilures que nous rencontrâmes de s'arrêter pour ne pas laisser écraser une centaine de personnes. Les individus qui étaient dans ces voitures ordonnaient aux postillons de passer au trot parmi la foule ; cette inhumanité était révoltante. Les femmes de Romans et des communes environnantes se rassemblèrent sur les cinq heures du soir, au nombre d'environ deux mille devant le logement du Pape et voulurent absolument le voir elles forcèrent deux fois la garde et inondèrent les appartements ; mais elles ne purent parvenir jusqu'à celui du Pape. On parvint cependant à les faire sortir mais avec beaucoup de peine. Pour dissoudre le rassemblement, le Pape fut présenté à la croisée environ une minute. Le rassemblement alors

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se dissipa peu à peu. En généra], j'ai remarqué que Inffluence d'individus qui se portaient sur le passage et au logement du Pape, était composée dans le département de l'Isère, les trois quarts de fanatiques et le reste de curieux, tandis que dans le département de la Drôme, les deux tiers étaient des curieux qui en agissaient même très lestement, et le reste poussé par une dévotion brute 1 ».

Le commissaire Pigeron choisit à Romans le logis du sieur Chabert, négociant, pour servir de demeuie au Saint-Père. Le propriétaire avait offert sa maison en disant ; «J'observerai tous les égards, toutes les règles «Je la bienséance, et le Pape évitera, en logeant chez moi, les désagréments qu'il pourrait s'attirer s'il était reçu chez un fanatique. » Comme cette maison était décorée de sujets fort licencieux, M""^ de Chatrières, chanoinessede Malte, du chapitre de Saint-Antoine, obtint du propriétaire, à force d'instances, de se travestir en fille de service et, aidée de quelques amies, de préparer l'appartement de Sa Sainteté et rester auprès d'Elle pendant la durée de son séjour à Romans. Par ses soins et ceux de M™* du Vivier-Lentiole et de la fille de celle-ci, l'installation fut rapidement faite. Le sieur Chabert, témoin des préparatifs, dit àM'"^ deChabrières : « Le Pape est un homme comme un autre, et votre crédulité, Madame, fait toute sa grandeur. » M™* de Chabrières répondit : « Vous expérimenterez, Monsieur, qoe cet homme semblable aux autres hommes, est le Vieaire de Jésus-Christ, »

Aux approches delà ville, comme la foule devenaitplus compacte et l'escorte plus impatiente, Morelli, afin d'enlever tout prétexte à une bagarre, abaissa les stores de la voiture. Le peuple cria : « A bas les stores 1 le Pape ! »

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