A M. Isidore BouUicr
10 Les Marlijrs
soin (le ne nommer ia seconde qu'au moment de prendre séance
11 fut donc impossible d'indiquer à INI. de Saviguac les membres qu'il devait récuser. Tout d'ailleurs eût été inutile ; les défenseurs plaidèrent avec la même force que la première fois, mais on leur coupait la parole. Pendant les débats, la populace assemblée près du palais, criait « mort au tyran )). Déjà le jour du premier jugement, elle avait manifesté les sentiments les plus bostiles contre le curé et avait voulu se jeter sur lui, quand on le reconduisait en prison. Elle fut enfin satisfaite : M. de Savignac fut condamné à mort. On s'obstina jusqu'à la fin à le traiter comme militaire ; le jugement ordonnait qu il fût, non pas décapité, mais fusillé dans les vingt-quatre heures.
Bibliographie. — Th. Perrin, les Martyrs du Maine, 2* édit., t. I, p. 69-78. — Is. BouLLiER, Mémoires ecclésiastiques concernant la ville de Laval et ses environs, in-8, Laval, 1846, p. 288-297. Ce récit que nous venons de transcrire est beaucoup plus recommaadable que celui du larmoyant Perrin qui ajoute, peut-être de son cru, des détails fort peu vraisemblables. « Il ne nous a pas été possible, écrivait Boullier, de nous procurer le texte des jugements. Il ne paraît pas qu'on ait imprimé même le dernier. On ne trouve les minutes ni à Laval, ni aux archives de la division militaire à Tours. Nous ne connaissons donc que la substance des jugements sans savoir comment ils étaient motivés. D'api'ès quelques reiiseignemeuts que nous avons obtenus, il paraîtrait que M. de Savignac aurait d'abord été condamné comme ayant eu simplement des intelligences avec les chouans, et en second lieu, comme ayant siégé dans leurs conseils et pris part à leurs opérations... La mort de M. de Savignac produisit une profonde sensation, et ce vénérable prêtre a laissé des impressions ineffaçables dans la mémoire des contemporains. Les fidèles le considéraient aussi comme martyr. Il est vrai qu'il fut condamné pour des faits politiques ;mais il est évident que sa qualité de ministre de la religion fut la vraie cause de sa mort. Son zèle pour le salut des âmes, et le désir de remplir ses devoirs de prêtre et de pasteur, étaient les seuls motifs qui le conduisirent quelquefois au milieu des combattants. Si une balle l'eût atteint sur le champ de bataille, lorsqu il donnait les secours de la religion à des mourants, on le considérerait comme un martyr de son devoir et de la charité; il a été mis à mort pour avoir souvent rempli ce saint ministère, pourquoi lui refuserait-on cet honneur ! »
Le lendemain du supplice, M^*« A. D..., l'amie la plus dévouée de M. de Savignac écrivait ce qui suit à son frère. Sur M"* Loyand, voir l'Ami de la religion, 3 janvier 1837, n° 2754, et I. Boullier, ouvr. cité, p. 167-169.
Marlyre de il/. Martial de Savignac, prêlr^' 11