‹ Les martyrs (volume 5)Chapitre 45 sur 75 · Nouvelles Lettres édif., V · texte numérisé non relu

Nouvelles Lettres édif., V

Martyre de Ni Tokei, de Laurent Pak 223

nommé Hong Tsi-ieng-i, veuf et entièrement dépourvu d'intelligence, avec lequel Colombe avait peine à vivre en bonne harmonie, et qui lui causait beaucoup de chagrins. Colombe était mariée depuis quelque temps, quand elle entendit un parent de son mari, nommé Paul, parler de la religion du Maître du ciel. Ce mot la frappa. « Le Maître du Ciel, se dit-elle, ce doit être le (( maître du ciel et de la terre. Le nom de cette religion est (( juste, et sa doctrine doit être vraie. » Elle demanda des livres, et leur lecture lui révéla la vérité évangélique. Elle s'attacha à la religion et, dès ses premiers pas dans la vie chrétienne, aspira aux vertus héroïques. Son assiduité à tous ses devoirs, sa ferveur, sa mortification étaient admirables. Elle s'appliqua à convertir sa maison, ses parents et ses amis, et son zèle s'étendit jusqu'aux villages voisins. Son mari fut le principal objet de sa sollicitude. Quand elle l'exhortait à se faire chrétien, il disait: « C'est vrai, c'est vrai, » mais quand ensuite les ennemis de la religion la décriaient, il branlait la tête en signe d'approbation. Sa femme le réprimandait, il versait des larmes et regrettait ses torts, puis de mauvais amis revenaient le voir, et il agissait comme auparavant. Colombe n'aboutissait à rien et voyait qu'elle ne pourrait parvenir à lui faire pratiquer la religion.

Elle s'appliqua à convertir sa belle-mère. Celle-ci commença à servir Dieu et à réciter le.s prières chrétiennes, mais ne pouvait se résoudre à abandonner le culte des ancêtres. Colombe l'exhortait sans cesse et priait pour obtenir sa conversion. Ses prières furent enfin exaucées. Après cette victoire. Colombe convertit encore son père et sa mère, qui moururent tous deux d'une manière édifiante.

En 1791, lorsque la persécution éclata, Colombe secourut les confesseurs de la foi. préparant leur nourriture et la leur portant dans les prisons. Elle fut arrêtée et conduite devant le gouverneur de Hong-tsiou. Nous ignorons les détails de son interrogatoire, mais il paraît qu'elle fut remise en liberté sans subir de tourments et sans avoir apostasie. Peu après elle se sépara de son mari auquel elle confia le soin de ses terres, et accompagnée de sa belle-mère, de sa fille et de Philippe Hong, fils que son mari avait eu d'un premier mariage, elle vint rési-

der à la capitale. Le motif de cette conduite ne nous est pas connu. Les uns disent que ce fut le désir de vivre dans la continence ; d'autres assurent qu'elle cherchait seulement à se trouver au milieu de chrétiens plus fervents ; enfin, d'après la sentence rendue plus tard contre elle, elle aurait été chassée par son mari. Celui-ci, effrayé par la persécution, et n'ayant nulle envie de pratiquer la religion, aura pu lui ordonner de se retirer. Cette dernière explication est beaucoup plus probable.

Colombe était donc à la capitale, lorsque le P. Tsiou y arriva. Le prêtre la distingua bien vite entre entre toutes les chrétiennes qu'il put voir. Ravi de joie de trouver, dès son arrivée, une auxiliaire si dévouée, il la baptisa et lui donna la fonction de catéchiste chargée de tout ce qui concernait l'instruction des femmes. Lorsque le missionnaire fut trahi, Colombe voulut le sauver. Elle le cacha dans le bûcher de sa maison, et l'y nourrit trois mois à l'insu de tous, et même de sa belle-mère et de son fils Philippe. Elle était cependant très-affligée de ne pouvoir offrir au prêtre un asile plus commode, mais elle n'osait pas se confier à sa belle-mère, qu'elle voyait bien éloignée de ses généreuses dispositions. Elle entreprit cependant de toucher son cœur. Elle se mit à pleurer et à gémir presque continuellement : elle ne mangeait et ne dormait presque plus. Sa bellemère, craignant de la perdre, voulut savoir la cause de son chagrin. Colombe lui dit : (( Le prêtre est venu ici, au péril de <( sa vie, pour sauver nos âmes, et nous n'avons rien fait pour « reconnaître ses bienfaits, et il est aujourd'hui sans asile. A « moins d'être de pierre ou de bois, comment ne serais-je pas (( vivement affligée à cette pensée ? Je vais donc m'habiller en (( homme, et parcourir le pays pour tâcher de le trouver et de <( le secourir. — La belle-mère répondit en pleurant : — Si vous « agissez ainsi, qui aurai-je pour appui ? Je vous suivrai donc <( et je mourrai avec vous. — Vénérable mère, reprit Colombe, (( je suis bien consolée de voir à quel degré de vertu vous êtes « arrivée. Je ne craindrais certainement pas d'exposer ma vie « pour sauver le missionnaire, mais dans des circonstances si <( difficiles, nous ne pourrions pas le trouver, et nous nous « exposerions inutilement. Le Seigneur du ciel qui sait tout, et « quil pénètre le cœur des hommes, voit notre bonne volonté, et

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<( il permettra peut-être que le Père vienne près de nous. S'il se « présentait, oseriez-vous le recevoir ? Si vous me donnez l'as- « surance de votre consentement, votre fille aura aussitôt 1 ame « en paix. Elle reprendra sa joie première et s'acquittera en- <( vers vous jusqu'à la mort des devoirs de la piété filiale. — La (( mère répondit : Je ne veux pas me séparer de vous, faites « tout ce que vous voudrez. )) — Aussitôt Colombe tressaillant de joie courut à la cachette du prêtre, et l'introduisit dans la salle d honneur. Ce fut là que le P. Tsiou, protégé par Tusage coréen qui interdit aux étrangers l'entrée des maisons nobles, fit sa résidence habituelle pendant trois ans.

Au mois de septembre 1796, le P. Tsiou écrivit à l'évêque de Péking, pour lui faire connaître sa position et l'état de la chrétienté coréenne. Les continuelles perquisitions de la police, et le redoublement de surveillance, surtout aux frontières, ne lui avaient pas permis de le faire l'année précédente. Thomas Hoang Sim-i, né àSiong-meri, au district de Tek-san, et l'un de ceux qui avaient attendu le prêtre sur la frontière en 1795, fut choisi pour courrier. Il dut acheter une place de domestique d'un des membres de l'ambassade. Ayant caché soigneusement dans ses habits les deux morceaux de soie sur lesquels étaient écrites la lettre latine du P. Tsiou, et la lettre des chrétiens en caractères chinois, il se mit en route, et, le 28 janvier 1797, arriva à Péking. L'évêque Govea passa de l'extrême inquiétude à la joie la plus vive, en lisant les lettres du missionnaire et des chrétiens. Dans sa lettre, le prêtre parlait des moyens de procurer la paix à l'Eglise coréenne. Le meilleur à ses yeux eût été de demander à la cour de Portugal, un ambassadeur qui viendrait saluer le roi de Corée, et faire alliance avec lui. Avec cet ambassadeur, on eût envoyé des prêtres savants dans les mathématiques et dans la médecine, qui auraient pu s'établir dans le pays, et que le gouvernement coréen eût traité favorablement, par égard pour le roi de Portugal. Nous ignorons si la demande de cette ambassade fut faite. Ce qui est certain, c'est que jamais personne ne fut envoyé.

Aussitôt que le P. Tsiou connut suffisamment la langue coréenne et les usages du pays, il s'occupa de l'administration des chrétiens. Lorsqu'il sortait, Colombe seule savait où il

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allait. On cachait soigneusement toutes ses démarches ; il n'avait de rapport qu'avec les chrétiens les plus sûrs, et le plus grand nombre, surtout dans les provinces, soupçonnaient à peine qu'il y eût un prêtre en Corée. Il ne se montrait même pas à tous les membres des familles qui le recevaient, et plusieurs fois des serviteurs même chrétiens purent seulement deviner sa présence, qui n'était publiquement avouée de personne. L'extrait suivant d'une lettre écrite par un chrétien de l'époque, va nous donner une idée de la rigueur avec laquelle le secret était gardé.

L'auteur de cette lettre est Pierre Sin Tai-po, martyrisé en 1839. Il l'écrivit dans sa prison en 1838, sur un ordre de M. Chastan, qui recueillait avec soin tous les souvenirs des vieillards concernant les premiers temps du christianisme en Corée. Jean Ni le-tsin-i, dont il est ici question, est le même que nous verrons plus tard renouer les communications avec Péking.

(( Mon parent Jean Ni le-tsin-i et moi étions chrétiens depuis cinq ans, mais assez peu fervents. Nous désirions vivement voir le prêtre, et depuis longtemps je fatiguais de questions un chrétien de mes amis, fonctionnaire public. Une nuit, je couchai chez lui, et, le matin, en réponse à mes instances, il se leva, tira de son armoire une paire de bas d'enfants, et me donna ces bas en me disant de les chausser. Les ayant regardés, îl me parut qu'un enfant lui-même ne pouvait les mettre, et tout étonné je dis : « Ceci est une mauvaise plaisanterie. Pourquoi engagez-vous une grande personne à mettre des bas d'enfant ?» — Il me répondit : <( La religion étant très équitable, il n'y a, vis-à-vis d'elle, ni grands ni petits, ni nobles ni roturiers. C'est à peu près comme ces bas qui, souples et élastiques, vont aux grands pieds comme aux petits Dans la religion, avec de la ferveur, on peut voir le prêtre, comme ces bas avec un peu d'efforts chaussent bien, même un grand pied. » En effet, je parvins à les mettre. C'étaient des bas venus d'Europe qui, travaillés avec de la laine, s'élargissaient autant qu'on voulait. Je multipliais mes questions, mais inutilement, je n'obtins pas un mot de plus. Je revins dix ours plus tard, j'interrogeai d'autres chrétiens, j'envoyai

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Jean Ni à son tour. Partout silence absolu. En somme, Jean Ni et moi fîmes successivement sept ou huit voyages à la capitale, dont notre demeure était éloignée de cent quarante lys, et toujours sans succès. Jean Ni laissa même sa famille pour venir se fixer à Séoul afin de saisir plus facilement une occasion favorable... Malgré tout, nous n'eûmes jamais la consolation de voir le prêtre. La nouvelle de sa mort nous arriva plus tard, et ne fit qu'augmenter nos regrets. »

Le P. Tsiou étant environné d'un tel mystère, il ne faut pas s'étonner que la tradition coréenne ne nous apprenne presque rien sur ses travaux apostoliques. On sait seulement quà la capitale il allait quelquefois chez Augustin Tieng Iak-tsiong, chez Alexandre Hoang Sa-ieng i et chez Antoine Hong An-tang. Il visita aussi plusieurs fois le palais lang-tsiei-kong ou Pieikong, et probablement y séjourna quelque temps. Ce palais appartenait à un frère bâtard du roi nommé Ni In ou Il-oangsou, dont le fils Tam avait été mis à mort, comme coupable de conspiration. Les grands eussent voulu aussi qu'on fît mourir le père, mais le roi ne l'avait pas permis, et s'était contenté de l'exiler dans l'île de Kang-hoa. Il n'était resté dans «on palais Piei-kong que deux femmes, l'épouse du prince exilé, et sa belle-fille, veuve de Tam. Une chrétienne, aj'ant pitié de leur infortune, leur parla de religion vers l'année 1791 ou 1792. Le malheur avait préparé leurs âmes, elles se convertirent, mais personne n'osait avoir de rapport avec elles sous le prétexte que cela pourrait attirer de fâcheuses affaires. Seule, la généreuse Colombe alla voir les deux princesses, leur conduisit le prêtre et leur fit recevoir les sacrements. La femme de Ni In s'appelait Marie Song, et sa belle-fille Marie Sin. Elles devinrent toutes deux très ferventes, convertirent plusieurs de leurs esclaves, et s'agrégèrent à la confrérie Mieng to, ou de linstruction chrétienne. Lorsqu'il se trouvait dans leur palais il était caché dans une chambre séparée, attenante à la maison de Hong An-tang, et communiquant avec cette dernière par un trou secrètement pratiqué dans la muraille. Le prince exilé eut connaissance de ce qui se passait dans son palais, et n'y mit aucun obstacle. Cependant lui-même ne se fit jamais chrétien.

La P. Tsiou fit plusieurs tournées dans les provinces. Il alla au district de Nie tsiou, dans la famille du martyr Paul loun, son introducteur. Il résida quelque temps chez Augustin Niou Hang-kem-i, à Tso-nam-i, district de Tsien-tsiou, province de Tsien-la On sait aussi qu'il passa dans les districts de Ko-san, Nam-po, Kong-tsiou, On-iang, et dans le Nai po. Mais à quelle époque précise fit-il ces différentes excursions ? avec quel succès ? nous l'ignorons Les mémoires du temps ne nous ont laissé aucun détail. Ce qui est certain, c'est que la plupart des fidèles ne purent alors participer à la réception des sacrements, à cause du secret inviolable qui devait partout protéger le missionnaire, et des autres difficultés de tout genre, causées par la persécution.

Les chrétiens sont du reste unanimes à faire l'éloge du Père Tsiou. Ils nous le représentent infatigable au travail, se réservant à peine le temps nécessaire pour manger et pour dormir. La nuit, il exerçait le saint ministère ; le jour, il traduisait des livres ou en composait de nouveaux. Il jeûnait, se mortifiait et se sacrifiait tout entier à son devoir. Il semble même que Dieu voulut rehausser par des miracles l'éclat des vertus de son serviteur. Une tradition respectable rapporte qu'un jour, pendant son séjour à la capitale, un incendie éclata au quartier T'sangkol. Le feu durait depuis vingt-quatre heures, lorsque le prêtre, désolé de ses affreux ravages, et ne pouvant aller lui-même sur les lieux, envoya le jeune Song, -fils de Philippe Song, avec ordre de jeter de l'eau bénite sur les flammes. Le jeune homme s'acquitta de la commission, pendant que le P. Tsiou demeurait en prière, et presque aussitôt le vent changea, et poussa les flammes du côté oiiil ne restait plus que des ruines.

La prudence du prêtre, disent les relations coréennes, ses talents, son zèle, ses vertus, le mettaient au-dessus du commun des hommes. Il était environné de danger; néanmoins, semblable au koue * dont on a réussi à cacher les angles, en l'environnant de cent pointes différentes, 11 sut, à force de précau-

1. Le Koue est une tranche d'ivoire avec laquelle on représente les mandarins des anciennes dynasties.

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tions et d'expédients, se sauver de tous les mauvais pas. Lorsqu'il entra en Corée, la sainte religion du Maître du ciel ne faisait encore que de naître. L'éclat de sa doctrine était comme voilé par la grande ignorance des chrétiens. Pour remédier à ces maux, il ne se contenta pas de composer des livres, et de répandre lui-même l'instruction, mais il corrigea les abus, d'une main ferme et sage, et parvint à faire observer fidèlement par tous les pratiques de la foi. Il institua, sur le modèle d'une association semblable depuis longtemps établie à Péking, le Mieng-to ou confrérie de l'instruction chrétienne, que nous avons mentionnée plus haut. Le but des associés était de s'encourager et de s'aider mutuellement, d'abord à acquérir euxmêmes une connaissance approfondie de la religion, et ensuite à la répandre parmi leurs amis chrétiens et païens. Augustin Tieng Iak tsiong fut établi président de cette confrérie. Le P. Tsiou désigna ensuite les lieux de la ville oii devaient se tenir les assemblées, nomma les chefs qui devaient y présider, statua que les hommes y assisteraient séparés des femmes, en un mot, il régla tout avec poids et mesure. Echauffés par son zèle, tous les confrères s'empressaient de venir recevoir le billet que les chefs distribuaient mois par mois, à chacun des membres, leur assignant pour patron un des saints honorés par l'Eglise durant ce mois ; c'est ce qu'on appelait le billet du patron. Cette pratique se répandit peu à peu dans tout le royaume, et produisit des fi-uits merveilleux.

Dans tous ses efforts, le prêtre était très efficacement secondé par Colombe Kang. A l'intérieur de sa maison, elle prenait soin du prêtre, et lui fournissait tout ce qui lui était nécessaire ; à l'extérieur, elle était mêlée à toutes les affaires importantes, et Dieu bénissait ses entreprises en les faisant toujours réussir. Comme elle joignait à une instruction solide, une grande facilité d'élocution, elle convertit beaucoup de personnes de son sexe, parmi lesquelles un certain nombre de femmes de la plus haute noblesse. La loi du royaume n'infligeant aucun supplice aux femmes nobles, hors le cas de rébellion, ces néophytes ne s inquiétaient pas de la prohibition du gouvernement.

Colombe réunissait aussi un grand nombre de jeunes filles

et les instruisait solidement. Elle fut aidée dans cette bonne €euvre par la vierge Agathe loun, qui s'était retirée auprès d'elle et dont nous parlerons plus tard. Ces jeunes filles, après leur mariage, devenaient autant d'apôtres zélés, prêchaient la foi chrétienne dans leurs nouvelles familles, et souvent convertissaient leurs parents et connaissances. Douée d'une énergie et d'une activité extraordinaire, aidée par une grâce particulière d'en haut, Colombe animait et dirigeait toutes les œuvres de charité. Tous les chrétiens Taimaient et l'admiraient. « Elle exhortait tout le monde, disent-ils, avec autant de fermeté que de prudence, et disposait, pour ainsi dire, de tous à son gré. Quoiqu'il j eût, parmi les hommes, beaucoup de chrétiens fervents, tous subissaient volontiers- son influence, et se conformaient à ses vues avec la même précision que le son d'une cloche suit le coup du marteau. Elle gagnait les cœurs par sou ardente charité, comme le feu embrase la paille. Dans les affaires compliquées et les grandes difficultés, elle tranchait avec la même dextérité qu une main sûre coupe et divise une touffe de racines entrelacées. » Aussi doit-on, en toute justice, lui attribuer une grande partie des progrès que fît la religion à cette époque. Ces progrès furent très considérables, et nous pouvons les résumer en un mot. Avant l'arrivée du P. Tsiou^ les chrétiens de Corée étaient environ quatre mille ; quelques années après, leur chiffre s'élevait à dix mille.

Bibliographie.— A Dallet, Histoire de Végltse de Corée, t.ï, p. 69-81.

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