‹ Les martyrsChapitre 12 sur 147 · Ibid.. p · texte numérisé non relu

Ibid.. p

4. L'auteur du Lib. pont, semble croire qu'à la paix de l'Église les notaires changùrent d'à Ui'i bu lions, c'est aussi l'opinion de l'auteur du Constitutum Silvestri.

XXVI Les Martyrs

privés sans doute d'un grand nombre de ces pièces. Mais « l'Eglise, après la tourmente, sut pourvoira la réfection de ses archives dévastées. Ce fut souvent à l'aide de sou venirs, de traditions orales, que l'on dut reconstituer alors nombre à'Acta et de PassioneSy et souvent, sans en excepter les pièces dites « sincères », ces rédactions nouvelles furent accommodées, pour le détail, à la mode du temps où elles étaient faites ^. Il arriva donc que des pièces de la plus rare valeur, les Actes de sainte Thècle, par exemple, furent coulées dans le cadre d'une composition inventée de toutes pièces, comme quelques parcelles de bon métal dans une gangue pâteuse et grossière 2.

Il en résulta, au moins dans certaines Eglises, un discrédit complet jeté sur toute cette littérature. En Afrique, un concile général des Eglises africaines tenu à Hippone, en 393, constatait et autorisait l'usage de lire les Acta au jour anniversaire des martyrs ^. A Rome, au contraire, ils disparurent complètement de la liturgie et d'assez bonne heure. A la fin du VP siècle, ils y étaient à peu près inconnus *. A Milan, nous les retrouvons en possession d'un rang éminent, car on continua de leur emprunter les leçons de la messe •''. De même en Gaule, à l'époque méro-

1. Le Hlant, Les A. d. M., p. 25, cité par Van di n Gheyn, dans le Dictionnaire de théologie catholique^ fasc. 3° (1900) à l'art. Acta mcwtyrunit col 322.

2. Sur les Actes de f.ainte Thècle, voyez la bibliographie et la notice à l'Appendice.

3. Hardouin, Conc, t. I, p. 886;Mansi, l. III, p. 924 (can. 36).

4. Voy. DucHESNE, ouor. cité, t. I, introd., p. ci, et le « Décret de Gélase » dans E. Preuschen, Analecta (1893), p. 147-155.

b. Paléographie musicale, t. V, Auant-prnposà tAntiph. ambros. dernière pa^^e.

Préface xxvii

vingicnne^ Ces usages différents sont comme le commentaire pratique de l'opération délicale de rétection des archives primitives dans chaque Eglise.

L'épo(jue des persécutions ne présente aucun cas de Passions inventées. C'est plus tard que certains auteurs du Moyen-Age se livreront à cette littérature frauduleuse qui délourne l'attention et parfois môme le culte sur des personnages dont l'existence même peut être mise en doute. « Les Actes de sainte Barbe,- de sainte Catherine d'Alexandrie, de saint Georges, dit un Bollandiste, fournissent le type de cette sorte de documents » Quant aux Vies de « l>arlaam et Joasaph et d'un certain Alban, dérivées. Tune de la légende indienne de Bouddha, l'autre du mythe grec d'Œdipe ' », elles ne s'appuient que sur la légende.

Il faut se garder de condamner en bloc la littérature hagiographique, dans laquelle un critique avisé peutressaisir des traces incontestables de récits anciens ^ ; mais ce travail doit être entrepris sur chaque document pris à part, et un recueil de la nature de celui que l'on donne ici au public ne saurait attendre les résultats lointains de ces enquêtes presque innombrables.

Le prix que l'onattachaitàlapossessiondu récitauthentique du combat des martyrs *, l'usage que l'on en faisait dans la liturgie à des offices et à des jours déterminés,

1. \'oy. le Lectionnaire gallican et Mabillon, De liturg. gallic., I,^^ 7, p. 39.

2. Van den Gheyn, loc. cit., avec les références sur lesquelles s'appuient ces assertions, et Anal. boll. (1902j, t. XXI, p. 205.

3. Outre les travaux cités de EIdm. Bl.\nt, on trouvera des recherches dans ce se'ns chez P. Ar.i.ARD, Hist.des persécutions, t. 1, Examen crim tiqnr- de queijurs Passions des martyrs, p. 164 à 175, 202 à 230, et Introd., p. virr à XIII du t. I, et p. vrii à xxn du t. IV.

Page 1