‹ Les martyrsChapitre 121 sur 147 · S. Justin, / ApoL, k · texte numérisé non relu

S. Justin, / ApoL, k

6. Tertull,, Ado. Gent., 3 ; Athénagore, Légat, pro Christ., a

7. Tertull., Apol. a ; ad Nat., I, 3, 5 ; Justin, // Apol. a.

LES MM\TVRS D'\SIE, SOrS HADRIEN

l'an 124-125

Les arciisalions odieuses que l'on répandait contre les chré- <ions n'obtenaient plus au second siècle raveu{T:le assentiment de tous les gens éclairés. La lettre de Pline met la probité de son auteur en matière de morale fort au-dessus de celle de Suclone et de Tacite. En l'an ia4, un sentiment analogue à celui qui avait inspiré à Pline sa lettre si honorable, provoqua un autre écrit non moins glorieux pour celui qui en fut l'auteur. Quintus Licinius Silvanus Granianus, proconsul d'Asie, écrivit à l'empereur Hadrien une lettre où, non contentde solliciter des ordres comme Pline, il exprimait aussi ses sentiments. Peu après que cette lettre eut été écrite, eut lieu le tirage- au sort des provinces consulaires, la province d'Asie échut à un personnage dislingué, Caius Minucius Fundanus, La lettre de Granianus étant purement administrative, la réponse fut adressée à son successeur en charge ; ce fut la pièce connue sous le nom de rescrit à Minucius Fundanus, dont l'authenticité est non moins certaine que celle de la lettre de Pline. 11 paraît qu'à d'autres consultations du même genre, Hadrien répondit de la même manière.

Le cas de Granianus envoyant un mémoire au sujet des chrétiens de sa province n'est pas isolé. Voyez Meliton dans Eusèbe, llisl. Ercl., IV, aG (lo) ; TtRTtiLLiKN, Afioloij., 5. — Sur le per 8onnai,'C de Grauianu» >oycz : Waudimgtûn, FiLsLes des provinces asiuliqncs (187a ■, p. 197-199. — Sur Minucius, voy. : PuNji Lettres, I, 9 ; IV, i5; V, i6 ; Plutarque, De coldb. ira, en tête, De IranquilUlatc aninii, 1. — Pouric rescrit, voy. : S. Ji:stin, Apol, I, 08. — Cavedohi, Cenni cronologici intorno alla data prcciso délie prim-ipali apologie e dei rescritti imperiali di Traiano e Àdrianr riguardanii i cristiani (Modène, i858), p. 5. — Iîwet, De iilu-

Us Atticx christianis antiquissimis, Paris (1878), p. 9, note a. — AuBÉ. llist. des Perséc, p. 365-278. — Renais, Origines du Christianisme, VI, p. 3i et suivantes. — P. Allard, Hisi. des Perséc, t. I, p. 235 et suiv. — Lightfoot, Apostolic Fathers, Ignaiius I, hOi et siiiv. — Harnack, Gesch. d. altchr. Lett. I, II, p. 860. — Voy. aussi les notes de Dom Maran et Otto dans les éditions de saint Justin {Corp. apolog., î, 190, note), et Keim dans Theol. lahrb,, t. XV (i856), Tubingen, p. 887.

Granianus a l'Empereur

Granianns proconsul, personnage appartenant à la grande noblesse, manda à l'empereur qu'il était inique de livrer aux clameurs de la canaille la vie d'innocents, et de condamner à cause de leur nom seul et de leur religion des hommes qui n'étaient coupables d'aucun crime. (Extrait de la Chronique de saint Jérôme.)

L'Empereur a Minucius Fundanus

J'ai reçu la lettre que m'a écrite Licinius Granianus, homme illustre, à qui tu as succédé. L'affaire ne me paraît pas pouvoir être laissée sans enquête, de peur que des gens, paisibles d'ailleurs, ne soient inquiétés et qu'un champ libre ne soit ouvert aux calomniateurs. Si donc des personnes de ta province ont, comme elles le prétendent, des griefs solides à alléguer contre les chrétiens, et qu'elles puissent soutenir leur accusation devant le tribunal, je ne leur défends pas de suivre la voie légale : mais je ne leur permets pas de s'en tenir à des pétitions et à des cris tumultuaires. En pareil cas, le mieux est que tu prennes toimême connaissance de la plainte. Si quelqu'un donc se porte accusateur et démontre que les chrétiens commettent des infractions aux lois, ordonne même des supplices selon la gravité du délit. Mais, par Hercule, si quelqu'un dénonce calomnieusement l'un d'entre eux, punis le dénonciateur de supplices plus sévères encore, proportionnés à sa méchanceté.

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