De Rossi et Duchesne, oiwr. cité, p. xxii
Préface xxxi
noms ù la page précédente, sache que ce n'est pas sans raison qu'on les répète ici. Ici, en clïct, ils occupent la place qui leur est due d'après leur rang dans le calendrier au jour de leur natale. Ailleurs, au contraire, ils sont le plus souvent entremêlés, suivant qu'ils sontpris dans des exemplaires différents, rassemblés de tous côtés. » Celte indication paraît avoir son commentaire naturel dans une formuîe, souvent répétée, du martyrologe hiéronymien ; par exemple : Fête de saint Plato, dont on conserve les actes ^. Cette dernière phrase paraît être un renvoi à une collection distincte, tout comme dans le Lectionnaire gallican, parmi les lectures du deuxième jour des Rogations, à none, on lit : Liber Judith — usqne in fîneni — postea Evangelium, et le troisième jour, à none : Liber Hester — usque in finem — postea Evange- /iu/ïr-, simples renvois à des livres transcrits séparément. A partir du VI^ siècle, les recueils hagiographiques admettent le mélange des actes des martyrs et de la vie des saints, ils cessent donc de nous appartenir ; à plus forte raison les collections de Pallade, de Timothée, d'Alexandre, de Théodoret, de Cyrille de Scjrthopolis et de Jean Moschus, qui écrivent en grec la vie des cénobites de la Thél)aïde, de la Palestine, de la Syrie, de l'Egypte.
Les Eglises orientales soutiennent mieux la tradition des recueils composés exclusivement des actes des martyrs. Daus la Mésopotamie occidentale on trouve un
1. Cod. Wissemb., aujourd'hui à Wolfenbûttel — XI kal. Aug. Nai, Sci. Platonis, culus gesta habentur.
2. MA.iiiLix>N, De lUurgia gallicana libri très, ou bien cod. Paris. no 9127 B. N. fol. 178 vo, et fol. 184 r».
xnrn Les Marttjrs
écrit peu volumineux qui comprend des actes d'époques assez différentes^. La rédaction des pièces ne paraît pas postérieure auV" siècle. Dès le IV'^ siècle, un personnage considérable, Maruthas de Maikerpat, compose le Livre des martyrs en syriaque, dans lequel il recueille les actes des martyrs de la Perse, sous Siipor II 2. Quant aux textes syriaques sur les martyrs en dehors de la Mésopotamie et de la Palestine, ils paraissent n'avoir jamais été réunis ^. Il en est de même pour les actes éthiopiens et coptes.
Dans FEglise latine, les actes composèrent de bonne heure le passionnaire ou livre renfermant les gesta martyram.
A l'époque suivante, depuis leIX<^ siècle jusqu'au XVÎ*^, on rencontre quelques compilations comme celle du i*iétaphraste et celle de Jacques de Voragine dans lesquelles la science et la vérité n'ont souvent rien à voir. Au XI V" siècle, Bernard Gui consacra la troisième pnrtie ûv son Sanctorole aux actes des martyrs * ; en Arménie, \v
1. CuRETON, Ancient syriac Documents, p. 41. et Bf.ojan, Açtamartyrum et sanctorum (1890''. Voy. Rubens Duval, La littérature syriaque, p. 121 et suiv. (1899).
2. Publiés par Assemani, Acta sanclorurn mnrtyrunt Orientalium et Occidentalmm, t. I, Rome (1748).