Voy. Rubens Duval, ouvr. cité, p. 157 et suiv
4. L. Delisle, dans Notices et extraits des manuscrits de la Bibl. Nat.. t. XXVII (1879), p. 169-455. « Le Sanctoral est un grand recueil hagiographique divisé en quatre parties. La première est consacrée aux fêtes de Notre-Seigneur, aux fcles de Notre-Dame, aux fêtes de la Croix, aux fêtes des anges, à la Toussaint, à la Commémoration des Morts et à Dédicace des églises. La deuxième partie .se rapporte à saint Jean-Raptiste, aux apôtres, aux évangélisles et à qnelques-uiv des soixante-douze disciples. La troisième contient les actes des mnilyrs. Da-iis la quatrième sont les vies des confesseurs et des vierge- ^
Préface XXXIII
patriarche Grégoire II, dit Vegbajazcr y'\ 1105), c'est-àdiro l'ami des martyrs, compila et traduisit du grec et du syriaque un grand nombre d'actes.
La collection des Bollandistes donna le branle à divers travaux d'hagiographie concernant les martyrs, le premier en date et le plus célèbre lui le recueil de dom Ruinart, moine bénédictin : Acta primorum mavlijnun sincera et selecia (^1689). Les progrès accomplis' dans les sciences auxiliaires et quelques pièces récemment découvertes imposeraient plusieurs modiiications à ce travail. Un demi-siècle plus tard, S. E. Assemani publiait les biographies jadis recueillies par Maruthas, dans les Acta siinclorum marlyruni Orientaliiim et Occidentaliuni {1748). Les collections se succèdent assez nombreuses depuis cette époque ; les plus notables sont celles de Luchini : Atti sinccri {1717) ; de Zingerlé : Edile Akten derhh. Mdrtijrer des Morgenlaiids ùbe rsetzt (ISùô) ; Hoffmann : Auszûgc ans sijrischen Akten persischer Mârtyrer (1880) ; Hyvernat : Les Actes des martyrs de l'Egypte (1886) ; Bedjan : Acta martyrum et sanctorum en syriaque (1891) ; Amelineau : Actes des martyrs de l'Eglise Copte (1890) ; F. C. Conybeare, The Armenian Apology ami Acts of Apollonius and other Monuments of early Çhrislianity
1. I). CiîKHANOEU commença la publication du recueil intitulé : Les Actes des Martyrs depuis l'oriyinc de VEijlise chrétienne jusqu'à nos temps, traduits et publiés par les RR. PP. Bénédictins de la Congrégation de France, 4 vol. in-8» il856-18G3,. 2^ édit. fl879 . Cette compilation est restée inachevée. - A ces collections il faut ajouter celles que les ordres religieux ont données des personnages martyrisés qui ont appàrtenu respectivement auxdits ordres. Th. Bourchier, De martyribus fratrum ordinis minorum S. i'Vancisct, • Ingolstadt, 1582. — Leyuanus Historianiiuiijruni ordinis S. i'Voncuci. Ingolstadt, 1588. — Havensius,
XXXIV Les Martyrs
Je ne pense pas que l'on attende de ce livre une biblic^graphie des travaux provoqués par les Actes des martyrs. Je signalerai simplement la littérature romanesque qui s'en est inspirée, ce sujet est traité longuement dans la préface du tome V. Corneille a mis sur la scène Polyeuctc et l'épisode de Didyme et Théodore avec un art et un succès inégal, saint Genest a inspiré Rotrou, et Gœthe a trouvé dans les Actes de Cyprien et Julitte le thème du docteur Faust. Alexandre Dumas père composa (1837) un drame intitulé Caligula, M. de Bornier n'a pu faire représenter L'Apôtre sur aucune scène, enfin un religieux delà Compagnie de Jésus a écrit Le.s Flavius. La prose est moins bien partagée que la poésie. Entre les Martyrs de Chateaubriand et Qao Vadis de Henryk Sienkiewicz se place une littérature de rapsodies très inférieures à Fabiola de Wiseman et Callista de Newman. Ce sont : Lydia, Epagalhus^ Cesonia^ Marcia *.
Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé.
La présente collection est exclusivement composée des Actes authentiques des martyrs. J'ai pensé qu'un ouvrage dont le dessein premier est d'aider à l'édification des fidèles ne pouvait atteindre son but en faisant usage de moyenséquivoques, tels que celui qui consisterait à reproduire, une fois de plus, les légendes qui déparent malheureusement en trop grand nombre certains recueils
Relatio martyrum Carthusianorum, Kuremonde, 1508. — Maigrrtius, Martyrog raphia Augusliniana, Anvers, 1625. — M. Mancano, Insigne niartyrii relig. de la orden de S. Domingo., Madrid, 1629. — Voj'ez D. Cabrol, Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, 19Q2, nxi mot Actes des martyrs.
1. Voir la préface du tome V^ : Les martyrs dans la litU'rature, de d'Aubigné à Sienkiewicz.
Préface xxxv
hagiographiques. Car, quoi qu'on fasse, de telles coiupositions doivent appartenir nécessairement à 1 une ou à l'autre des deux catégories d'arguments : ceux qui touchent des intelligences mutilées et superficielles, et ceux qui comptent pour les esprits impartiaux. Sans doute, un grand nombre d'esprits se tiennent pour satisfaits sur de pauvres r.iisons : cela ne prouve pas qu'il faille leur en donner de telles, ni qu'ils soient incapables d'être touchés par des raisons solides, ni surtout que nous puissions donner à autrui des preuves qui ne nous satisfont pas nous-mêmes. C'est là, pour ceux qui enseignent, leur devoir strict de raison et de loyauté. « Le devoir de la loyauté intellectuelle s'étend — non pas seulement à ne rien dire qu'on n'estime matériellement vrai, — non pas même à ne fonder ces vérités que sur des arguments dont nous approuvions la validité formelle poar noiis^ — mais encore à ne rien omettre pour que ces affirmations et ces preuves soient valables en soi ^. »
Faudra-t-il donc renverser la fragile palissade légendaire qui semble à quelques-uns une fortification historique inexpugnable? Oui, sans doute! Quant à dire comment l'on s'y prendra, ceci n'est pas mon affaire. Quoi qu'il en soit, il faut donc résolument abandonner le système qui consiste à s'indigner plutôt qu'à réfuter, et à condamner plutôt qu'à convaincre. Seul, Thoilime vulgaire ne doute de rien, parce qu'il ne se doute de rien. L'histoire des lointains passés a toujours quelque teinte mythique , les noms des personnages, les aventures de leur vie
i. Maurice Blondel. Lettres sur les exigences de la pensée contemporaine en matière d'apologétique et sur la méthode de la philosophie dans l'élude du probirme religieux, dans les Annales ae philosophie chrétienne^ jauvier lii%, tirage à part, p. j.
XXXVI Les Martyrs
et le mystère de leur fin forment une architecture dans laquelle tout n'est pas bien solide. En histoire, il y a deux sortes de vérités, toutes deux certaines ; ce sont les vérités connues et les vérités conclues. Une collection de documents comme sont ceux qui composent le présent recueil fournit les vérités connues ^, ce sont là ces « tout petits faits bien choisis, importants, significatifs, amplement circonstanciés et minutieusement notés», qui sont «aujourd'hui la matière de toute science 2». Leur réunion, la détermination de leur valeur particulière, et leur classement représentent une période empirique dont nulle science ne peut se dispenser. Dans certaines sciences récemment créées, etmème dans plusieurs autres très anciennes, mais auxquelles ont été appliqués des procédés récents d'investigation, il faut se résoudre à ne pas voir se lever le jour de l'histoire conclue ou, si l'on veut, de la synthèse. Plusieurs esprits éniinents surent s'y résigner, et d'autres, grâce à l'ampleur grandiose de leurs hypothèses, firent autant avancer la science par leur respectueuse probité que, sur des sujets différents, on la faisait reculer par les affirmations d^une inconcevable crédulité 3. Il faut être de son temps et non pas d'un temps
1. J'ai dit uae fois pour toutes que la collection était « exclusivement composée des Actes authentiques ». Quant aux quelques pièces de moindre autorité que l'on a rejetées en appcudice, elles ne laissent pas de contenir plusieurs détails dignes de foi.