Taine, Del'inlelliyence, prclace, p
3. Claudiî Beknard, Eloge de M. Magendie. « M. Magendie avait pour l'esprit de système une répulsion vraiment extraordinaire. Toutes les fois qu'on lui parlait de doctiine ou de théorie médicale, il en éprouvait instinctivement une espèce de sentiment d'horreur... M. Magendie a conservé toute sa vie cette antipathie pour le raisonnement en médecine et en physiologie... Il n'a jamais voulu- entendre parler que du
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qui n'est plus; il ne sert de rien d'opposer en toute circonstance le passé au présent , et puisque, bon gré mal grc, on vit dans le présent par la pratique, mieux vaut ricore essayer de Taméliorer que de le fuir. Qu'on le veuille ou non, la société à laquelle nous appartenons est celle sur laquelle nous agissons efficacement; dans quelques cas il faut ajouter les sociétés qui viendront, jamais celles qui ont précédé. Les élégies sur le bon vieux temps ne servent de rien aux âmes disparues depuis dix siècles, et ce qui importe c'est de sauver les âmes. — Et comment les sauverons-nous ? En disant la vérité, toute la vérité et la vérité toute seule.
Quelques uns me blâmeront, je le crains, mais je continuerai à penser que, «parce que l'Eglise se compose d'un élément divin et d'un élément humain, ce dernier doit être exposé avec une gtande probité, comme il est dit au livre de Job : « Dieu n'a pas besoin de nos mensonges *. »
C'est suivant cette pensée que je me suis efforcé de faire parler les martyrs comme ils l'eussent fait, de nos jours, parmi nous. L'étrange prétention que celle qui
résultat expérimental brut et isolé, sans qu'aucune idée systématique intervînt ni comme point de départ, ni comme conséquence Chacun, me disait-il, se compare dans sa sphère à quelque chose de plus ou moins grandiose, à Archimède, à Michel-Ange, à Newton, à Galilée, à Descartes... Louis XIV se comparait au soleil. Quant à moi, je suis beaucoup plus humble, je me compare à un chiffonnier ; avec mon crochet à l;-. main et ma hotte sur le dos, je parcours le domaine de la science et je ramasse ce que j'y trouve. » Mettons-y le correctif qu y ajoutait Claude Bernard : « Il faut bien se garder de proscrire l'usage itcs idées et des hypothèses. »
I.LkonXIII. Lettre encyclique aux cwchevêques, éuèques et au cUnjc de France, du 8 sej^leuibre 18'.;i).
o. — Lt.s ..l.ii.. i ..-. — T. I
xxxviii Les Martijrs
entend estropier la langue française sous prétexte de la couleur de l'original ! Fort bien, mais outre la couleur, il y a les teintes et les simples reflets, et les sons et les timbres et la cadence des mots el peut-être jusqu'à leur parfum, cette senteur flottante du dialecte ionien et du dialecte dorien, de la langue de TOmbrie et de celle de Smyrne. ce II n'y a pas de raison pour s'arrêter dans une telle voie, et si l'on se permet, sous prétexte de fidélité, tel idiotisme qui ne se comprend qu'à l'aide d'un commentaire, pourquoi n'en pas venir franchement à ce système de calque, où le traducteur, se bornant à superposer le mot sur le mot, s'inquiète peu que sa version soit aussi obscure — souvent plus — que l'original, et laisse au lecteur le soin d'y trouver un sens? La langue française est puritaine : on ne fait pas de conditions avec elle. On est libre de ne point l'écrire ; mais dès qu'on entreprend cette tâche difficile, il faut passer les mains liées sous les fourches caudines du dictionnaire autorisé et de la grammaire que l'usage a consacrée. Toute traduction est essentiellement imparfaite, puisqu'elle est le résultat d'un compromis entre deux obligations contraires, d'une part l'obligation d'être aussi littéral qu'il se peut, de l'autre l'obligation d'être français. Mais de ces deux obligations, il en est une qui n'admet pas de moyen terme, c'est la seconde. Le devoir du traducteur n'est rempli que quand il a ramené la pensée de son original à une phrase française parfaitement correcte *. »
Des interpolations sans nombre ont failli discréditer pour toujours la littérature des Acta martyrum, elles ont