EusÈBE, Hist. eccL, V
5 RuFiN. Hist. eccl.. I. 36; cf. Théodoret, /fis/. eccL, III, n. M. Le Klanta cité d'autres textes sur cette question, V. Les Actes des Martyrs ^ p. 99, § 38.
Lx Les Marhjrs
secours divin et de la volonté surnaturelle, n'avait pas négligé cependant cette partie dans la préparation au martyre. Une sorte d'esprit de corps épuré, sanctifié, raidissait les âmes. Les païens eux-mêmes admiraient cette vaillance. On croit en voir quelque chose dans une lettre de Sénèque à Luciiius, alors malade: « Qu'estce que cela, lui dit-il, auprès de la flamme, et du chevalet, et des lames ardentes, et des fers appliqués aux blessures à peine cicatrisées pour les renouveler et les creuser plus avant? Parmi ces douleurs, quelqu'un n'a pas gémi, c'est peu ; il n'a pas supplié, c'est peu ; il n'a pas répondu, c'est peu ; il a souri, et souri de bon cœur ^. » Celse rendait hommage à ceux qui, pour leur foi, ont su mourir ^. « Lorsque des mains cruelles torturaient les membres du saint, lorsque le bourreau lui déchirait les chairs, sans pouvoir abattre sa constance, j'ai entendu, racontait un contemporain, parler les assistants. L'un disait : C'est une grande chose et dont je me trouble fort que de voir maîtriser ainsi la douleur ^. » Le traitement fait aux apostats parles païens ne pouvait manquer d'être rappelé. Les railleries qui les poursuivaient n'étaient pas le pire des maux : à Lyon, on avait vu les apostats torturés plus cruellement que les confesseurs. Dès qu'ils eurent convenu des crimes infâmes dont on les accusait, ils tombèrent sous le droit commun et furent torturés, non plus à titre de chrétiens, mais comme s'ils eussent été les plus monstrueux des hommes *.