RuFiN, De vitis Patrum, c
3. CuRETON, Ancient syriac Documents. Voy. Le Blant, Les Actes des Martyrs p. 233 et suiv.
LXii Les Martyrs
eux-mêmes *. » Il est probable que ÏExhorlation au martyre de saint Cyprien et un opuscule d'Origène portant un titre semblable représentent aujourd'hui cette littérature. Cinq autres traités, dont deux de Tcrtullien, deux de saint Cyprien et celui d'un auteur anonyme, paraissent se rapporter au même genre littéraire qui semble avoir été tout à fait spécial au christianisme naissant.
Un autre élément de préparation au martyre fut la reproduction sensible de plusieurs épisodes fameux racontés dans l'Ancien Testament. La fresque, la pierre, l'ivoire, le verre, les médailles, représentent à l'envi les trois jeunes Hébreux dans la fournaise, Daniel dans le repaire des lions 2. De cette formation morale il faut rapprocher un texte de Tertullien: « Voilà, dit-il, parlant du jeûne, comment on s'endurcit à la prison, à la faim, à la soif, aux privations et aux angoisses, voila comment le martyr sortira du cachot, tel qu'il y est entré, n'y rencontrant point de douleurs inconnues, mais ses macérations de chaque jour, certain de vaincre dans le combat parce qu'il a tué sa chair et que sur lui les tourments ne trouveront point à mordre. Son épiderme desséché lui sera une cuirasse, les ongles de fer y glisseront comme sur une corne épaisse. Tel sera celui qui, par le jeûne, a vu souvent de près la mort et s'est déchargé de son sang, fardeau pesant et importun pour l'âme impatiente de s'échapper ^. » On a tant parlé des exagérations de Tcr-