V. — LA PROMULGATION DE l'ÉDIT DE PERSÉCUTION
Rédaction. — Notoriété. — Affichage. — Proclamation publique. — Acclamations. — Transcription et copie du texte. — Lacération.
Les Actes des martyrs et leurs auteurs nous renseignent d'une façon assez complète sur la promulgation de redit, promulgation qui était l'objet d'un cérémonial bien circonstancié.
L'édit impérial est du nombre de ces actes dont parle Ulpien, qui devaient être placardés dans les lieux apparents, et lisiblement écrits en caractères grecs ou latins, suivant le pays *. Aussi, dans la plupart des cas, les accusés répondent à l'interrogatoire qu'ils avaient connaissance de l'édit ^. Parfois cependant on force les martyrs à en prendre connaissance. A cet effet, on conduit Pionius au Forum, où le texte est affiché 3. Cet affichage se faisait en grande pompe, car le texte, émané de la personne divine des empereurs , prenait un caractère religieux *. On lui prodiguait donc cet appareil superstitieux dont on retrouve l'ordonnance dans la promulgation de certains actes royaux sous l'ancien régime et dont on peut voir de nos jours encore, en Angleterre, le déploiement extraordinaire. Tantôt on le proclamait au son de la
1. Ulpïen, L. 11, *^ 3. De institutoria actione [Digest., L. XIV, tit III). Cf. AusoN., Gratiarum actio (éd. Vinet), p. 395 ; Corp. inscr. lat., t. I, n° 198, p. 16, lignes 652, 66, etc.