Fahiolaou l'Eglise des Catacombes, 2'^ partie, ch. XIII
2. EusÈBE, Hist. eccL, VIII, 5 ; Lactanck, De morte persecut. XIII.
3. ActaSS. Eulampi et Eulampix 1-3 {Act SS., 10 octobre). Cette pièce paraît fortement remaniée.
Préface LXIX
(jii'il ne l'est. Un parti considérai)!^ se ralliait h leur manie re de voir. Loin d'irriter le pouvoir par une opposition irréductible ou par une offensive continue, ils jui^eaicnt plus sage et plus avantageux de le ménager, de l'apaiser même à l'aide de concessions effectives, toutes lis fois que les questions fondamentales n'étaient pas mises en jeu. Courageux et prudents, ils fuyaient la persécution, s'eilorçaient de la désarmer ou de l'esquiver; quand l'un et l'autre étaient pour diverses raisons devenus impossibles, ils mouraient. A Alexandrie ^ et en Afrique, les individus qui ne se sentaient pas la force d'aiïronter le martyre prenaient la fuite. En Afrique, les fidèles usaient encore d'un autre moyen : ils achetaient à prix d'argent le silence des gens de la police. On vit les chefs des Eglises employer ce procédé pour éviter la persécution à leur peuple.
Dès que Tertullien connut le fait, il bondit : « La fuite est un rachat gratuit, le rachat à prix d'argent est une fuite, l'une et l'autre est une apostasie... Mieux vaut apostasier pendant la torture, au moins aura-t-on lutté. J'aime mieux vous témoigner la pitié que le dégoût. A la guerre, mieux vaut un tué qu'un fuyard.» Monté à ce diapason, il n'entend plus, c'est une pâmoison de cris, avec des larmes, des ricanements, des outrages. « Le Seigneur a commandé de fuir de ville en ville, bon pour les apôtres, mais pas pour nous. La fuite, l'apostasie, c'est tout un. Payer pour éviter le juge et arguer de ce mot : a Faites-vous des amis de Mammon », c'est un lâche refus de l'imniolntion, c'est aller de pair avec les misérables agents qui se font acheter, c'est s'égaler aux
1 CuBM. Al£X., 6tru/iiu/., IV, 4.