Peut-être aussi ses propres Commentaires
3. Gaius, Comment., I, § 7 : Responsa Prudentium sunt sentcntiae et opinioiies eorum qiiibus pennissuni est jura condere.
Préface xiii
Responsa Prudcntimii, ces\.-à-d\re les commentaires tics hommes de loi, dispiilationes jiirisperitorii.m, dont le sentiment précisait hi jurisprudence romaine. — 3" Les constitutions, édits ou rescrits des empereurs. Outre ceux qui sont cités au Digeste^ nous possédons deux recueils principaux, quoique incomplets, de ces actes impériaux : le Code Théodosien (438;. qui ne contient pas les actes antérieurs à la paix de l'Eglise, et le Code Juslinien (528- 534), dont les matériaux remontent un peu au delà, mais ne présentent pas tous un égal degré de certitude. Les constitutions impériales rendues contre les chrétiens n'avaient j)liis alors qu'un intérêt d'érudition et d'archéologie, ce qui était, aux yeux des hommes du vi® siècle, une médiocre recommandation. On les a donc manipulées avec quelque sans-gène ou bien on les a complètement écartées.
Les œuvres littéraires contiennent un nombre relativement minime de traits historiques sur les martyrs, et ces indications sont disséminées dans plusieurs ouvrages. Aucun écrivain de 1 antiquité avant Eusèbe Pamphile — sauf peut-être Hégésippe — ne paraît s'être préoccupé de traiter les martyrs d'une manièrehistorique, au point de vue de l'Eglise universelle. Tous se sont bornés à enregistrer les fastes des Eglises particulières. Quant aux écrits où il est traité du martyre, ce sont des compositions oratoires comme celles d'Origéne, de saint Cyprien et de quelques autres. Cependant, telles quelles, ces observations faites par les contemporains sont dignes d'une sérieuse attention et demanderaient d'être réunies dans un recueil spécial *.
1 Le meilleur travail sur les persécutions est celui de M. P. âllard.
XIV Les Martyrs
L'épigrapliic ne tient pas un rôle égal en tous pays pour l'histoire du martyre. Aucune Eglise ne peut balancer à ce point de vue l'Église de Rome. Néanmoins les pierres funéraires des catacombes ne fournissent pas, dans le sujet qui nous occupe, un contingent de faits comparable à celui qu'elles représentent dans diverses autres parties de l'histoire de l'antiquité ^.
au titre général d'Histoire des persécutions, 5 vol., 1884-1890. — On peut trouver plusieurs de ces textes dans Renan, Origines du Christianisme ; voy. l'Index général au mot Martyrs, et Aube, dont l'ouvrage est resté inachevé. Les livres de MM. Renan et Aube sont à l'index. 1. Voyez DE Rossi, Roma sotterranea cristiana. Roma, 1864, 1867, 1877, in-folio — Bulletlino di archeologia cristiana (1863-1894) et le Nuovo bulhltino (1895-...). — Inscriptiones christianae urbis Romas, sœculo septinio anliquiores, 2 vol. (1861 et 1888) in-folio. — E. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 2 vol. (1857-1864, en tenant compte des lectm-es de O. Hirschield dans le tome XII du Corp. inscr. lat., et Nouveau recueil des inscript, de la Gaule, 1 vol. (1892) in-4*. Voyez aussi la bibliographie d epigraphie chrétienne, impriraiés et manuscrits, dans Le Blant, Manuel d'épigraphie chrétienne (Paris, 1869, in-12), p. 223suiv., reproduite et mise à jour dans L' Epigraphie chrétienne en Gaule et dans l'Afrique romaine (Paris, 1890, în-8°), p. 125 et suiv. — Hùbner, Inscr. christ. Hispaniœ (Berolini, 1871, in-4o et le Supplcmentum (1900, in-4'). — Hùbner, Inscr. Britannise christianae (Berolini, 1876, in-4°). — F. X. Kraus, Die Christl. Inschriften des Rheinlandes (Freiburg im Br., in-4'). — A. Maï, Inscript, christianariini pars I, dans Script, vet. nova coll. (1831), t. V, p. 1-472. — Bayet, De titulis Atticœ christianis antiquissimis (Lutetiae, 1877, in-8»). — F. Cumont, Les Inscript, chrétiennes d'Asie-Mineure dans les Mélanges de l'Ecole de Rome (1805). — Enfin le Corp. inscr. latinarum, ses divers Suppléments etl'Ephemeris epigraphica ; le Corp. inscr. grœc, t. IV, fasc. II, en vérifiant les tituli dispersés dans les tomes 1, II et III dont Kirchhoff donne le relevé dans la préface au fascicule II du tome IV. Cf. la bibliographie donnée par U. Chevalier, Répertoire des sources historiques. — Topo. -bibl. ad \oc. Inscriptions et les bibliographies du Corp. inscr. latinarum. ■ — Ces indications ne sont destinées qu'à mettre à même les personnes désireuses de travailler dans cette voie de se renseigner sur quelques recueils
Préface xv
Les monuments Usures ne sont mentionnés que pour mémoire. Les types sont trop rares et trop divers pour supporter un essai de classement. Sauf quelques exceptions, les artistes ne représentaient guère que des symboles gracieux, des ligures fraîches ; ils évitaient l'horreur du supplice. Cette pratique toutefois n'est pas un canon, de là quelques essais isoles dignes d'attciiLiou et sur lesquels nous reviendrons *.
Ces documents le cèdent tous en importance aux a Actes des Martyrs » qui sont a la transcription exacte, ou à peu près, des procès-verbaux judiciaires dressés par les païens et vendus aux fidèles par les agents du tribunal 2 )). Par extension on a attribué ce nom à des documents rédigés dans des circonstances un peu différentes, tels que les « passions » et les (C relations non officielles de témoins oculaires ». L'importance de ces documents dépasse de beaucoup le domaine de l'histoire. Ils appartiennent sans doute à l'historien et à l'archéologue, mais ils appartiennent aussi au théologien, au psychologue, au physiologiste. A s'en tenir au point de vue de l'histoire, nous pourrons, à l'aide des sources qui ont été indiquées, éclairer plusieurs points demeurés obscurs. Il faudra s'en tenir à ces résultats ei ne pas tenter de faire dire
fondamentaux dont la consultation les familiarisera avec les titres, le contenu et la valeur des sources moins compactes qui ne sauraient cependant être négligées.
1. Rossi, Rom. sott., t. II, pi. xix, 2 ; xx, 2 ; xxi ; Bullettino, 1875. — Le Blant, Les,pers. et les mort., ch. xxiv. — L. Lefort, Les monuments primitifs de la peinture en Italie. — Garucci, Storia delV arte cristiana. Voir la préface du t. III du présent Recueil.
2. Edm. Le Blant, Les Actes des Martyrs, supplément aux « Actasincera u de Dom Ruinart (extrait des Mémoires de l'Acad. des Inscr. et BeU.-Lettr . , t. XXX, 2 partie.)» Paris (1882), tirage à part, p. 16.
XVI Les Martyrs
aux textes ce qu'ils ne disent pas. Agir autrement est le fait de l'illusion ou de la mauvaise foi. L'historien digne de ce nom ne prête pas attention aux intérêts mesquins et aux querelles tendancieuses. Les faits tout seuls comptent pour lui, c'est pourquoi il aperçoit plus vite que d'autres les lacunes des documents dont il fait usage. Dans plusieurs cas l'induction employée avec une rigoureuse circonspection pourra l'autoriser à suppléer à coup sûr à l'insuffisance des textes. Mais c'est là un procédé exceptionnel, qui ne peut suffire à combler des vides fâcheux. La loyauté intellectuelle demande qu'on les signale et qu'on les respecte *.