Passio Tarachi
Préface Lxxxm
frères étuient ordinairement poussés dans des locaux où s'entassaient pèle-nièle morts et vivants. A Lyon, plusieurs confesseurs, le vieil évêquc Pothin entre autres, moururent en prison; on ne se pressait pas d'enlever les cadavres. Après l'audience, on apportait ceux à qui l'épuisement amené par la torture ne laissait plus la force de se traîner, on les jetait sur le sol, et la fièvre, la purulence des plaies, achevaient de vicier un peu plus Tatmosphère.
Lors des grandes razzias, on manquait de place; alors les confesseurs étaient empilés véritablement « comme une nuée de sauterelles », dit un vieil auteur^. Dans certains réduits on descendait l'accusé par une échelle qu'on retirait ensuite Partout les deux sexes étaient réunis 2.
La prison était une longue torture, même elle avait ses rallinements. Certaines souffrances attachées à la durée d'un état ne pouvaient être subies devant le tribunal, par exemple: les ceps, consistant en une longue pièce de fer munie de créneaux dans lesquels une barre mobile venait enserrer les pieds des captifs ^. Ou bien on parsemait de tessons aigus le sol sur lequel couchait le chrétien enchaîné *.
Mais c'étaient là des aggravations ; le régime ordinaire semble avoir eu comme principe l'alimentation insuffisante pour les prisonniers. On espérait venir à bout, par l'exaspération de la faim et de la soif, des volontés que la torture n'entamait pas ^,