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XXII Les Martyrs
Paniphile, Marcicn, Lysias, Agathocle,... et tous les frères qui sont à Iconium, fidèles dans la vérité, et d'un seul cœur en Noire-Seigneur Jésus-Christ, nous avons recherché ce qui s'est accompli en Pamphylie, à l'égard des martyrs ; et comme il importait de recueillir tous les témoignages relatifs à leur confession, nous avons obtenu de transcrire ces documents, au prix de deux cents deniers, payés à Sabaste, l'un des greffiers ^. )> On retrouve un liiit analogue dans la vie de saint Pontius '-. Le rédacteur de la Fassion du diacre Habib, à Edesse, semble ne s'être pas heurté aux mêmes difficultés : « Les notaires, dit-il, écrivaient tout cie qu'ils avaient entendu à l'audience... Moi, Théophile, qui étais païen de naissance et qui ai confessé le Christ dans la suite, je me suis empressé de prendre copie des actes de Habib, comme j'avais autrefois écrit les Actes des martyrs Gouria et Schamouna, ses compagnons ^. ))
Une fois en possession de ces copies, les chrétiens les reproduisirent sans changements, ou bien en firent la base de relations d'une allure plus littéraire ; tantôt on reproduisait divers fragments sans aucun changement, tantôt le procès-verbal était remanié presque entièrement. A ce point de vue, chaque document réclamerait une monographie séparée.
Les églises se servaient de procès-verbaux pour tou-
1. Acta SS. Tarachi, Probi et Andronicil dans Ruinart, p. 422
2. Vita et Passio S. Pontii, dans Baluze, Miscellanea, t. I, p. 33.
3. CuRETON, Ancient syriac Documents, et U. Duval, La littérature syriaque (1899), p. 127. Cf. Ignatius Epuraem II RAHMA^a, Acta .sancloruni coiifc.ssorum Guriœ et Sliamona' exarata syriaca lii^^uu a TheO' philo Edesseno anno Chrisli 297. Rome, 1899.
Préface xxiii
cher les infidèles et affermir les frères. Les païens le savaient et s'efforçaient de s'opposer ù cette propagande. PrudiMice nous apprend que des Acles furent saisis chez des tidèles et détruits ^. Mais une telle mesure était illusoire ; les perquisitions domiciliaires de la persécution de Dioelétien montrent le courage et l'adresse luttant avec succès contre ces violences administratives. Certains magistrats adoptèrent une mesure plus radicale. Dans le procès de sainl Vincent, diacre de Saragosse, le gouverneur interdit de noter les débats, qui ne nous sont parvenus que par une relation rédigée d'après les souvenirs de témoins oculaires 2. Dans la. Passion de saintViclor le Maure, nous lisons que « Anulinus fit saisir tous les exceptores qui se trouvaient dans le palais pour s'assurer qu'ils ne cachaient aucune note, aucun écrit. Ces hommes jurèrent par les dieux et par le salut de l'empereur qu'ils ne feraient rien de semblable ; tous les papiers furent apportés, et Anulinus les fit hràler en sa présence parles mains de l'exécuteur. L'empereur approuva fort cette mesure *. » Le môme trait se retrouve dans plusieurs uitres pièces*. Ces mesures étaient d'autant plus douloureuses aux frères qu'elles étaient irrémédiables ; et nous savons quel respect ils avaient pour les Actes, qui leur paraissaient à peine moins sacrés que le propre sang des martyrs ^.
1. Prudence, Peristeph. I, Hymn. SS. Hemet. et Ccled., v. 75-78. 2 Passio S. Vincentii. levîtas, § i, dans Ruinart, p. 366.