UN HEUREUX
de lecture, je d^eûoe donc fort mal, oa plotôt je ne déjeÛDe pas.
Il fait beau, je me décide à monter à cheval. J*ai ane visite à faite à M. D**, visite qae je lai dois depuis longtemps. Ici encore je m'interroge : M. D** est-il bien amusant?—Certainement non. — €e serait aussi manquer à mon programme. A un autre jour la visite.
Allons voir M"* S**, celle-ci ne m'ennuiera pas : elle est jeune , elle est belle , elle cause admirablement. Mais impossible, je suis en robe de chambre ; ma barbe n'est pas faite, et puis sa campagne est à trois lieues : c'est trop de fatigue, ne dois-je pas me reposer toute la journ^? .
Si j'allais tout simplement prendre l'air? Enfermé dans un coupé, j'y puis rester en deshabillé. Mais où irais-je? et que faire seul dans une promenade à l'heure oh personne ne s'y montre?— En conscience, est-ce là un plaisir?— Restons donc.
Comment passer le temps au logis sans rien faire? Il n'est encore que dix heures et demie, que devenir jusqu'au soir?— Ah! je me souviens qu'à onze heures il y a séance à notre société littéraire ! Est-ce bien amusant?— Ici un bâillement répond.
II faut pourtant que je m'amuse. — Si je mettais un peu d'ordre dans mon cabinet, tout y est sens dessus dessous. — C'est l'affaire des domestiques. Ils se garderaient bien d'y toucher à l'avenir, si j'y rangeais moi-même quelque chose.
Descendons au jardin, j'irai dans la serre voir fleurir mes camélias. Pour le coup , ceci est amusant. — J'y pense, ils ne fleurissent pas dans cette saison.
Je m'aperçois que le temps est déjà froid, quoique nous ne soyons qu'en septembre, faisons allumer du feu: je tisonnerai, cela occupe.
Voici quelqu'un. Ce sera une distraction. C'est mon