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neUemenl posé, que lorsqu'il ayait quelque cbo$e à vous dite, on Tavait cru ayant qu'il eut parlé.
J'ai connu peu d'hommes d'un jugement plus droit et d'un esipKt plus jiiste« Malheureusement pour les affaires publiques qu'il aurait fort bien dirigées, mais peut-être fort heureusement pour lui, il n'avait jamais désiré ni place ni état, ajoutons ni talent. H avait fiiit ses classes, après cela il n'avait plus voulu rien faire. Sa fortune de quatre à cinq mille francs de rente, dont il avait joui de bonne heure, il ne l'avait ni augmentée ni réduite, et n'avait jamais économisé que ce qu'il lui fallait tout juste pour faire faoe à un cas imprévu. Avec ses quatre ^nille francis et le tact qu'il avait de trouver partout un gite à son gré et des gens à son humeur, il se faisait, sans emprunter rien à pardonne, une existence fort douce. Il était d'une société si charmante, que presque tous ceux qui l'avaient reçu chez eux pour de l'aident, lui en auraient volontiers donné pour qu'il ne les quittât plus.
La grande amitié dont l'honoraient les deux époux n'était donc pas chose pour lui insolite : du plus au moins, cela lui arrivait à peu près partout : il n'était pas de gens à tel point intraitables dont il ne vînt a bout, et ceci par un ascendant qu'il prenait sans qu'ils s'en aperçussent, sans peutrétre qu'il le comprît lui-même. Avocat, il eût gagné toutes ses causes; diplomate, il eût dominé tous les congrès; missionnaire, il aurait, comme les apôtres, fait de nombreuses conversions. Mais dès sou premier pas dans le monde , il avait tracé le programme de sa vie , chose qu'ont faite avant lui des milliers d'autres et que si peu ont tenue.
Quoiqu'il ne seifût pas donné grand'peine pour être savant, il l'était : il causait de tout avec goût et justesse. Il n'était déplacé nulle part : dans un palais, sans se hausser, il se trouvait à la hauteur du maître ; sous le chaume,
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sans s'abaisser, il se posait à la taille de Tonvrier. C'est ainsi qu'il se faisait comprendre partout et regretter de tous.
Pourquoi Giraut nVt-il pas voulu être autre chose que petit rentier? Est-ce par vertu?— Je ne le crois pas.— Est-ce.par paresse ou par insouciance?— Moins encore: il faisait bien ses affaires et pas plus mal celles des autres, il n'était donc ni paresseux ni insouciant. — Alors qu'était-il?— Il faut bien le dire : il était ^^oîï^to. SHI ne voulait être rien, c'était pour avoir moins de charges, pour être plus maître de soi et avoir la liberté de ne s'occuper que de soi-même. Il est vrai qu'il s'occupait tout autant du prochain, car c'était l'homme le plus serviable, mais il le faisait pour son propre contentement et, disons-le, parce qu'il n'y était pas obligé : dès qu'on avait l'air de lui en faire une nécessité, un devoir, il s'en abstenait aussitôt. Certain parent éloigné et une filleule qu'il avait, ayant voulu exploiter sa position et faire une obligation à vie des services qu'il leur avait rendus par occasion, il leur ferma sa porte et ne voulut plus eu entendre parler.
C'est un motif semblable qui le détermina plus d'une fois à quitter des familles où, pour la vie matérielle et même l'agrément de la société, il se trouvait à merveille. Dès que ces hôtes maladroits voulaient lui imposer une sujétion en dehors des conditions faites ou exiger de lui, comme devoir, les petits services qu'il leur avait rendus officieusement, il les quittait sans qu'aucune considération pût le retenir, car il avait en tout des idées fort arrêtées.
Dareville et Amélie avaient compris son caractère; aussi était-il toujours leur commensal, et comme jusqu'à présent nul n'a essayé d'attenter à sa liberté, il est à croire qu'il le sera longtemps encore.