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L'ANGUILLE

dëtruit ainsi beaucoup et sans profit, car leur chair n'est ni bonne ni saine.

Quant aux anguilles, mangeables en toute saison, elles sont une grande ressource pour la table du riche comme pour celle du pauvre, et nous ne pouvons trop recommander aux administrateurs et aux administres de ne pas laisser perdre cette manne que le ciel leur envoie chac[ue printemps, d'en faire chercher danâ nos fleuves où, par milliards, elles remontent de Tocëan, et d'en peupler les étangs, les cours d'eau et jusqu'aux fossés. Aimant l'eau salée comme l'eau douce, l'anguille prospère plus ou moins sans doute selon sa position» mais elle s'accommode de tout et jamais l'hiver ne la tue.

Un bon mémoire sur l'éducation des anguilles, le mode de les engraisser ou de hâter leur croissance, reste à faire et serait certainement fort utile.

Une prime annuelle devrait être offerte aux meilleurs éleveurs et à ceux qui apporteraient à nos halles et marchés les plus belles et les moins chères. Le prix qu'ils en obtiendraient, si l'on en juge au cours du jour, serait encore assez encourageant. Dans notre Picardie, où l'anguille foisonne , celle qui pèse un à de^ux kilogrammes devient ainsi digne des soins du Yatel de la localité et du menu de quelque amphitryon riche. Alors elle se vend de quatre à six francs, ou un franc à un franc cinquante centimes le demi-kilo, selon la saison et aussi selon la provenance. On distingue fort bien à sa couleur et même à sa forme plus allongée l'anguille de rivière de celle des trous à tourbe et des eaux dormantes, et la première vaut toujours un tiers de plus. /

L'anguille vivace et vorace réussit, avons-nous dit, à peu près partout, et, bien nourrie, sa croissance est rapide.

A l'œuvre donc , MM. les pisciculteurs , vous pouvez acquérir ici à la fois gloire et profit. Gloire^ car c'en est

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