UNE FÉE
terme de ses désirs : il les avait ou croyait les avoir toutes.
Le fait est qu'il en avait plus que personne, il cessa donc d*en chercher. iPs^oceupa des carabiques qui, heureusement, ne sont pas si fragiles et coûtent beaucoup moins.
Aujourd'hui quMl a pris sa retraite, Tantomologie est son unique occupation.
UNE FEE. Avez- vous jamais rmcontré une femme plus charmante? et pourtant on ne peut pas dire qu'elle soit belle. Ce n'est même pas une jolie femme, c^est mieux, car telle ne saurait être une figure de ce monde : il y a là de l'inconnu, du sylphe, de la fée, je ne sais quoi enfin. Il semble que si l'on essayait de la toucher, on ne rencontrerait qu'un souffle, qu'un rayon, que l'azur céleste. Oependant, que de vie en elle ! et cette vie, elle la communique à tout ce qui l'approche, à tout ce qu elle voit.
Entre- t-elle dans un salon, tous les regards, toutes les paroles, toutes les pensées sont pour elle. Et qu'a-t-elle fait?— Un geste, un sourire. Parle-t-elle, nul ne l'interrompt, pas même les étrangers qui ne comprennent pas ses paroles : ils écoutent sa voix, cette voix qui, comme son regard, a quelque chose qui ne vient pas de ce monde.
Pourquoi cette femme si adulée ne fait-elle pas d'envieuse ?— C'est qu'elle ne cherche point l'adulation : rien en elle ne quête les hommages. Toujours prête a s'effacer, elle s'efforce de les reporter sur les autres femmes, dont elle sait mieux qu'elles-mêmes faire ressortir la grâce et la beauté. Aussi, point de soties près d'elle : elle fait valoir l'esprit de celles qui en ont, elle en donne à celles qui n'en ont pas. Toutes la quittent avec le désir de la revoir, parce <|u>lles la quittent contentes d'elles inêmes.
^.elte influence qu'elle exerce sur les femmes sans que -ci s'en doutent, sans qu'elle le sache elle-même, se