‹ Les masques: biographie sans nomChapitre 60 sur 74 · U PITIÉ · texte numérisé non relu

U PITIÉ

cependant, quoi qu'il fasse, la sensibilité remporte : rnA de pitié pour sa victime, il voudrait au prix de sa vie nV voir pas frappé. Oui! Tétre le plus malheureux sur la terre est le criminel ; il n'y a plus pour lui ni bonheur ni repos ; pour lui, le plaisir même devient amer.

Avant de commettre un crime, si un homme pouvait entrevoir ce qu'il va lui coûter, il ne le commettrait pas. Quelles richesses, quels honneurs, quelle gloire même le lui paieront? Sa mauvaise action fût-elle oubliée, il ne l'oubliera pas, lui : la peine en est dans son cœur. Et quelle est-elle? — La pitié. — Le repentir, le remords' même n'en sont que la conséquence.

C'est en Provence, en 1815, que j'ai rencontré les exemples les plus saisissants de ce passage sans intermédiaire de la cruauté à la pitié. J'ai vu des portefaix marseillais frapper un homme avec l'intention bien arrêtée et annoncée d'avance de lui donner la mort ; puis, à la vue de ce corps rAlant, éprouver un revirement subit, pousser des cris de désespoir, se précipiter sur la victime pour la rappeler à la vie, et, n'y pouvant réussir, vouloir se tuer sur son cadavre.

Cette transformation de la haine en pitié est encore plus marquée chez les femmes : leur colère est presque toujours suivie de larmes, mais à leurs larmes succède souvent une autre colère. On en a vu, par ce mouvement alternatif de sensibilité et de fureur, arriver au paroxysme de la rage. C'est aussi ce qu'on remarque chez les enfants et tous les individus d'un caractère ou d'un tempérament faible.

Les animaux sont-ils susceptibles de pitié? — Je le crois. Qu'un jeune oiseau soit abandonné de ses parents, d'autres couples lui apportent à manger : ils ne peuvent résister à ses cris.

Un chien qui, dans un moment d'irritation ou de surprise, a mordu son maître, revenu à lui, le lèche piteuse-

meut, et on peut lire dans ses yeux la peine qu'il éprouve.

Cette inquiétude des mères chez la plupart des animaux quand elles voient souffrir leur progéniture , tient certainement de la pitié. Il y eu a dans leur sollicitude ; il semble qu'elles comprennent les souffrances de leurs petits lorsqu'ils sont laissés à l'abandon ou livrés à un ennemi.

Si l'on maltraite un jeune singe devant ceux de sa race, ils donnent des signes manifestes de douleur et ils s'efforcent, par leurs caresses, de le consoler.

On le voit donc : la pitié est un des premiers sentiments que Dieu a mis dans le cœur des êtres ; les plus bruts et les plus cruels n'en spnt pas dépourvus, et chez les hommes, tous leurs efforts sont souvent inutiles quand ïh veulent s'y soustraire.

MON CHAT. Mon petit chat a attrapé aujourd'hui une grosse guêpe, oh! qu'il était content! c'était sa première conquête ; comme il dansait et cabriolait autour ! La guêpe n'avait que ce qu'elle méritait : il ne la cherchait pas ; au contraire, il l'eût volontiers évitée ; mais pendant une heure, cette bête importune avait bourdonné sur sa tête tandis que, sans songer à elle, il jouait sur le parterre avec une feuille morte. Enfin, elle l'approcha si près que, d'un saut, il l'atteignit et la prit au vol.

Si sa joie fut vive, elle ne fut pas longue : après maints bonds, maintes culbutes autour d'elle, il voulut la ressaisir et l'emporter au logis, mais le méchant insecte lui darda son aiguillon dans la patte. Le pauvre petit, miaulant douloureusement, la lâcha bien vite et s'en fut triste et boitant.

C'est à l'occasion de ce duel entre une guêpe et mon chat que vou's voulez savoir l'histoire de iMlinet et que vous me la demandez. Est-ce une épigramme? On m'a déjà dit que je n'avais jamais pu écrire un volume, quel

qu'en fût le sujet, sans y parler chat. Je m'en accuse, car c'est la vérité : c'est que réellement je m'occupe beaucoup de mes chats, et comme je les ai constamment sous les yeux, dans la cour s'entend, car je ne peux les souffrir dans les appartements, j'ai pu étudier sur eux les mœurs et coutumes de leur espèce.

Les chats ne sont ni plus traîtres ni plus méchants que les autres animaux, quand on leur montre confiance et amitié. Ils s'attachent peut-être moins à leur maître que les chiens, mais, sauf de rares exceptions, beaucoup plus que les chevaux et que bien des espèces placées plus haut dans notre estime. Voici donc l'histoire de mon favori actuel :

Un malheureux chaton, gros à peine comme un rat, échappé à l'eau ou au ruisseau, se trouva un jour dans mon grenier. Comment y vécut-il? Je ne sais. Mes domestiques, le regardant comme un intrus, comme une béte nuisible, lui faisaient une guerre acharnée. 11 échappait à toutes les embûches et, grâce à sa maigreur, se réfugiait dans tous les trous et y disparaissait comme une ombre.

Parfois une semaine s'écoulait sans qu'on l'aperçût; seulement des cris plaintifs annonçaient qu'il vivait encore et qu'il avait faim. Un jour, une fille de cuisine en eut pitié et lui jeta un petit morceau de viande : c'était le premier don fait à l'hôte du grenier. Le pauvret se sauva avec sa maigre proie.

En souvenir du bienfait, il revint le lendemain à la même heure; il obtint encore un rogaton. Bref, on crut qu'il serait utile, et on convint de le tolérer.

11 s'aperçut bientôt que les habitants de la maison étaient mieux disposés pour lui ; il se montra plus souvent, mais ne se laissa pas approcher.

Un soir, je le surpris endormi sur un escalier, je fus à lui; il s'éveilla et s'enfuit en courant. Je l'appelai; il courut plus vite.

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Lci lendemain, je l'appelai encore; il s'arrêta un instant. Le surlendemain, il attendit plus longtemps ; il s'aventura même jusqu'à faire deux ou trois pas en avant, mais sans se laisser atteindre.

Le quatrième jour, il était le premier au rendez-vous.

Le cinquième, il vint de lui-même vers moi, avec défiance pourtant et ne se laissant pas encore toucher ; mais ses yeux, ses petites mines, ses gambades annonçaient combien il en avait envie.

Enfin, lé sixième, il n'y résista pas : il flaira ma main, puis s'en laissa caresser. Je n'oublierai jamais la joie, la reconnaissance, l'affection qu'à cette caresse, probablement la première, ce pauvre animal me témoigna. Privé de sa mère presqu'en naissant, n'ayant jamais été que maltraité, il sentait tout le prix de l'amitié d'un être. Ici ce n'était pas un simple appétit matériel qui le dirigeait, il ne demandait pas à manger; ce n'était pas non plus une compagne qu'il cherchait, il n'était pas d'âge à songer à l'amour : c'était donc un pur sentiment de reconnaissance, c'était le besoin d'être aimé, besoin qui existe chez toutes les créatures.

Maintenant, Minet a grandi, c'est un bel animal ; il est de moyenne taille, mais robuste et très-bien fait. Il se distingue également par sa robe : c'est celle du chat dans sa parure des bois ; elle est grise, rayée de noir, et son ventre est blanc et fauve. Là surtout sa fourrure est riche, aussi semble-t-il se faire un plaisir de la mettre au jour en se roulant sur le dos.

Il est d'une adresse et d'une agilité incroyables. Il faut le voir s'élancer au sommet d'un arbre quand il espère y atteindre quelque volatile : là, on le croirait un oiseau luimême. Puis, son expédition faite, le museau en haut et l'œil en arrière, il sait calculer sa retraite et prendre minutieusement ses précautions pour descendre à reculons le long d'un tronc lisse ou trop gros pour qu'il puisse l'embrasser.

Ce que j'aime surtout, c'est le sentiment qu'il éprouve et ce combat qui se livre entre sa prudence et son amitié quand, m'apercevant du sommet de Parbre, il veut me rejoindre. C'est par le chemin le plus court qu'il prétend passer; mais trop épais, le feuillage arrête parfois son élan : force est alor^ de gagner un autre arbre ou le mur voisin. Dès qu'il est hors des petites branches, quand il a atteint le point solide, d'un seul saut il est à terre.

Malgré sa beauté, mon pauvre Minet n'a guère que moi pour ami dans la maison : s'il a été un moment toléré des domestiques, aujourd'hui il n'en est plus de même, et depuis qu'il a grandi, il est devenu leur bête noire. Il faut bien l'avouer, Minet est un intrépide voleur: c'est le Cartouche de son espèce. Il enlève les côtelettes sur le gril et la viande dans le pot. H a arraché hier un poisson des mains de la cuisinière, non pour le manger, car il n'avait pas faim; mais il l'a vu bondir, il le voulait, il l'a eu.

Oui ! Minet est une vaillante bête : chez lui, il ne craint personne; il met en fuite le plus gros chien qui le prend sans doute pour un chameau, tant il sait bien faire le gros dos.

Un jour, il s'est élancé sur un loup, un vrai loup que son maître avait fait entrer dans ma cour pour le montrer. Il manqua aveugler l'animal féroce : au premier pas qu'il fit sur le seuil, il lui sauta à la face. Dites maintenant que ce n'est pas l'Alexandre, le César des chats !

Minet est voleur, je l'ai dit. C'est encore un point de ressemblance qui existait entre lui et les conquérants; pourtant cette propension au brigandage, reste de sa nature sauvage, n'était pas ce qui irritait le plus mes gens contre lui , il avait un autre vice vrai ou supposé : il passait pour rapporteur, pour être un mouchard. Vilain défaut ! Les domestiques le tenaient pour si fm, si dissimulé, qu'ils n'auraient jamais osé dire tout haut devant

lui ce qu'ils voulaient tenir secret, convaincus qu'il en aurait fait son profit ou qu'il me l'aurait révélé.

La cuisinière surtout qui, comme Minet, était une superbe et vaillante créature, était son ennemie personnelle. C'était par un motif qui ne concernait qu'elle, semblable eu ceci à la mère qui, ayant perdu un enfant chéri, prend en horreur tous les autres. Elle aussi avait eu un chat, non un chat de luxe, non un chat monsieur comme elle disait, mais un preneur de souris, un chat de la bonne espèce selon les ménagères. Elle l'avait choisi elle-même dans une famille renommée par ses vertus souricières, elle l'avait élevé dans la cuisine et à l'ombre du fourneau, et d'après sa couleur, elle l'avait nommé Petit-Gris,

Petit-Gris avait une intelligence précoce, et, vingt-quatre heures après son baptême, il entendait parfaitement son nom. J'en eus la preuve \ il dormait sur une chaise près du foyer, fatigué sans doute de beaucoup de sauts et soubresauts qu'il avait faits dans la matinée. Son sommeil était profond. La cuisinière lui cria : Petit-Gris! 11 leva immédiatement la tête, répondit par un léger miaulement, puis se rendormit profondément. Quelques minutes après, elle répéta : Petit-Gris! H leva de nouveau sa petite mine, miaula d'un ton qui semblait dire : G^est moi, et se remit à sommeiller. Ce manège fut renouvelé jusqu'à six fois avec le même succès.

Petit-Gris reçut donc une éducation très-distinguée : c'était, en chat, un bachelier-ès-lettres, et, en caractère, un modèle de sociabilité. Bien différent de Minet, il était aussi délicat que l'autre l'était peu. Pourvu d'un cœur naturellement honnête, deux ou trois avertissements avaient suffi pour lui faire comprendre la différence du tien et du mien: on aurait donc pu hardiment lui confier tout, même un poulet rôti.

Sa moralisation n'avait été difficile que sur un seul

point. Il avait une faiblesse : il affectionnait le trou au charbon, non pour en manger, mais pour le contraire, et cette habitude avait pour la cuisinière plus d'un inconvénient. Dans cette circonstance, fidèle au proverbe : Qui aime &ten, chàiie 6ten, quand la faute avait été commise, elle le prenait par la peau du dos et lui mettait le nez sur le corps du délit ; puis, lui allongeant deux ou trois tapes, elle le jetait à la porte. — Mais, disait-elle, c'est peitie perdue, il revient un instant après en gambadant comme s'il n'avait rien fait de mal.

Elle finit cependant par le rendre net^ selon l'expression reçue, et dès-lors Petit-Gris devint un animal parfait, ayant toutes les vertus sociales, respectant le charbon comme sa fourrure même, n'approchant pas des cendres, n'attaquant ni les petits poulets, ni le beurre, ni la crème, et pourtant ne tolérant pas une souris dans son arrondissement, c'est-à-dire dans la cuisine et ses dépendances. D'ailleurs, gai, caressant, obéissant, c'était un sujet précieux en tout point, et l'on n'avait plus rien à lui demander ni à lui défendre, quand un jour il devint triste, puis il refusa de manger, même du mou, cette manne des chats. Enfin, malgré le lait qu'on lui prodiguait et l'ordonnance d'un médecin qui le traita, il dépérit à vue d'œil,etun soir il expira, à peine âgé de huit mois, dans les bras de sa bienfaitrice.

Elle le pleura à chaudes larmes, et encore aujourd'hui elle ne peut entendre prononcer le nom de Petit-Gris sans pousser un soupir. Mais dès ce moment, elle prit en dégoût toute l'espèce, et son amour pour un chat mort lui donna une immense aversion pour tous les chats vivants : de là sa haine contre Minet.

Je finirai un autre jour l'histoire de mes bêtes et de leur succession au trône de ma maison, oii elles régnent peu constitutionnellement, c'est-à-dire en despotes.

DES ACCIDENTS SCIENTIFIQUES. Tous les professeurs en matière céleste doivent frémir en songeant que ce qu'on leur a enseigné et ce qu'ils enseignent encore, c'est-à-dire la science astronomique entière ou le résultat de toutes les études, de toutes les observations de tous les collées et bureaux de longitude depuis le commen* cernent du monde jusqu'à ce jour, enfin tous les systèmes reçus , peuvent être renversés en cinq minutes par la simple application à l'œil d'un télescope perfectionné.

Un jour, un homme s'avisa de dire qu'il y avait des astres et un système de monde dans telle partie du ciefoù l'on n'en avait jamais vu ; que ces globes devaient avoir telle et telle grandeur, faire leur révolution de telle manière dans un temps qu'il détermina.

A l'instant même, vingt brochures parurent pour démontrer que cet homme déraisonnait, que ce qu'il annonçait prouvait une ignorance complète des premières notions de la sphère céleste, et deux mois après, un des» rois de la science le démontrait par quarante mille chiffres parfaitement alignés sur vingt-six pages in-quarto.

Le travail du savant était si beau, que tous les souverains aimant les astres se crurent obligés de le nommer de leurs académies.

Quant à l'individu qui avait posé la question si lucidement résolue, il ne fut ni décoré ni élu académicien. Bien loin de là, il fut mis à l'index de toutes les écoles et cité comme un exemple du degré d'aberration où peuvent conduire l'ignorance et l'entêtement, car les quarante mille chiffres ne l'avaient pas converti.

Lorsque notre homme, ainsi anathématisé, vit sa réputation d'ignorant solidement établie, il pria les savants de vouloir bien se réunir seulement pendant une heure, promettant de répondre victorieusement aux vingt- six pages in-quarto.

Ils haussèrent les épaules et ne se réunirent pas.

Il renouvela sa proposition avec un mémoire à Tappui. Ou ne voulut même pas le lire.

Alors que fit-il?— Il attendit le jour où ils devaient se trouver dans un observatoire célèbre à Toccasion du passage d'une comète dont on disait merveille, mais qui malheureusement oublia d)B passer.

Quand il parut dans le noble cénacle, ce ne fut qu'un cri dUndignation : un âne , un véritable âne échappé d'un pré serait entré dans le sanctuaire qu'on n'aurait pas entendu un veto plus formidable ni montré plus d'horreur. On signifia au quidam de sortir, et quelquesuns, pour l'exemple, voulaient qu'on le précipitât du haut de l'observatoire. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire : véritable Atlas par Jes épaules comme par le cœur, il aurait porté la tour avec tous les astronomes en croupe. Il ne sortit donc pas ; il résista aux clameurs, aux injures, aux menaces, et quand il put obtenir un moment de silence, grâce à la fatigue de ses ennemis, il leur dit que s'ils avaient encore un quart d'heure à perdre, il leur ferait voir non pas la comète, parce qu'il n'y en avait pas, mais autre chose de plus curieux et qui leur ferait indubitablement plaisir. Alors, tirant de dessous son paletot un petit télescope qu'il avait inventé et fabriqué lui-même, il 1^ mit presque de force à l'œil du savant le plus rapproché.

C'était précisément l'homme aux quarante mille chiffres qui manqua tomber à la renverse en voyant devant lui tous les astres dont il avait si clairement démontré nonseulement la non-existence, mais l'impossibilité.

Revenu de sa stupeur, il fit, dans son désespoir, un mouvement pour briser la lunette. L'inventeur, qui avait prévu le coup, lui retint le bras, reprit l'instrument et le passa à un autre, et tous jusqu'au dernier virent ce que le premier avait vu.

Ces derniers n'étaient que des astronomes à la suite, des débutants, des lorgneurs à la lune, dès-lors tenant bien moins que leurs confrères aux anciens systèmes. Quelques-uns même, ceux qui n'avaient rien écrit, ne se fâchèrent pas du tout, et en voyant la grimace des vieux, ils se prirent à rire dans leur barbe.

Il n'en fut pas de même de ceux-ci : ils s'étaient trop hautement prononcés pour se dédire, et ils comprirent qu'ils allaient être traités d'ânes à leur tour. La position était grave : devant l'évidence, il fallait baisser la tête.

Cependant, se ravisant, ils affectèrent de douter de ce qu'ils avaient vu ; ils voulurent le revoir et ils le revirent encore.

Alors ils prétendirent qu'il y avait là quelque supercherie, et qu'un ciel postiche était peint sur le verre de la lunette. Ils demandèrent la permission de la visiter. Le propriétaire ne s'y refusa pas ; il démonta devant eux l'instrument et le leur laissa examiner, palper, flairer tout à leur aise. Ils en comprirent plus que jamais l'incroyable puissance, car il était d'une extrême simplicité.

Lorsqu'il eut suffisamment joui de leur surprise, il leur dit que la netteté des verres opérait seule tout le miracle, mais que la difficulté était dans la fabrication de ces yej^res, leur taille et leur poli, et qu'il lui avait fallu des années d'étude et de travail pour arriver à une perfection aujourd'hui unique et où lui-même ne pourrait atteindre une seconde fois qu'après beaucoup de temps et de frais.

Là-dessus, les savants, sans convenir encore de la vérité de la découverte, ne tarirent pas sur la grâce et la beauté de la lentille, et décidèrent à l'unanimité qu'ils allaient la faire connaître par un rapport qui rendrait une justice éclatante au mérite de l'inventeur.

Alléché par ces douces paroles, celui-ci, qui était un peu niais comme tous les gens de génie, consentit à leur

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