‹ Les masques rougesChapitre 33 sur 44 · I.c capitaine poussa un tri · texte numérisé non relu

I.c capitaine poussa un tri

i* Joseph Saumrnin ! »

C'était, en effet, le smis-ol licier fugitif cl voleur, métnnmrpliosé ne marchand de tabac sous le nom de Kau.i manu , et qui maintenant rrmpliMiait les fonctions de geôlier.

« Toi! dit le capitaine.

— Moi ! ■ dit Kauffmann.

El il salua.

u Ah! misérable! s'écria le condamné à mort qui voulut s'élancer sur lui , c'e»t loi qui m'as perdu !

— C'est moi qui le sauverai. « répondit l'excellent KaufTiiiaiin. El il tira un pistolet de sa poche par mesure de prudence, ajoutant :

u Je n’aime pas les querelles, et si mon ancien sergent aux gardet-françaiscs n’iit pus raisonnable, je lui brûlerai la cervelle. » le capitaine écuiiiail de rage,

« Que me veux-tu? lit-il.

— Te parler.

— J’écoute...

— Figure-toi, reprit Katiffmniin d’un tou dégogé, figure-toi que je suis beau-frère avec le guichetier de la prison. C’est le propre frère de ma fciuuie.

— Ah!

— Il m’a invité à souper aujourd’hui, quand il a su que c'était mm qui tarais fait arrêter...

— F.ri bien ?

— Alors j’ai voulu causer un peu avec toi, cl j’ai pris sa placp pour l'apporter Ion souper.

- — Ah! tu veux causer avec moi?

— Oui.

— Et dans quel but?

— Je suis chargé d'une commission pour toi.

— ■ Pur qui?

— Par ton ancien domestique.

— l.o Marseillais?

— Justement.

— Après? dit froidement le capitaine.

— Tu crois être fusillé demain?

— Pâme ! ça n»Vn a tout l’air. . .

— Moi , je ne crcis pas. »

Ces mots, prononcés froidement, lireut battre le cœur do i.yilaine.

Kuuhmuuu ajouta :

« Quand je aérai parti . tu couperas Ion pain par le milieu , et lu y trouveras sans doute quelque chose qui t intéressera... •

Et Kauflmaim reprit sa lampe et s'eo alla.

Le prisonnier s’empara du pain, et le tourna et le retourna plusieurs fois dans sa main avant d’oser l'enfanter.

Enfin il remarqua qu’un morceau de la croûte avait été enlevé, pui- habilement rapporté. Le morceau . qu'il fit sauter de nouveau, recouvrait eue cavité. De lu cavité s'év happa un petit objet blanc qui tomba uns pieds du prisonnier.

Le capitaine laissa le pain sur la table et s’empara de l'objet blanc.

L’était un morceau de papier qui recouvrait un petit outil, qu'au toucher ie capitaine reconnut pour un ressort de montre.

- Hou! »c dit-il, je comprends... voila pour scier nn barreau. Mois il faudra du temps.... et ce n'est pas trop qa’y passer la nmt tout entière. n

L'obscurité dau» laquelle KaufTnianu . en se retirant, l'avait laissé, ne lui permettait point de voir si le papier qui enveloppait le ressort de montre était ou non couvert de caractères; mai» la chosè était probable.

lYol-êtrc ce papier lui indiquait-il le salut.

IVut-étre aussi lui disait-il de se hâter,

Cependant Kaofl'mann ue lui avuil-il pas dit qu'il ne serait pas

füsifié lo lendemain?

Certes, en ce moment le capitaine eût donné tout ce qu’il possédait nu mon ’e pour nn bout de chandelle ou 1rs étincelles d'un Briquet. Mais il n'avait ni briquet ni chandelle.

Il loi falluit attendre le jour, — c'est-à-dire quatre ou cinq heures

encore.

Mais Nicolas Petit-Jean n’étuit pas enfant de Pmi» pour rien. Il ne tergiversait jamais longtemps, et il ai ail bientôt pris une résolution

i< Scions toujours un barreau, dit-il. Quand ce sera fait, noua ne serons pas loin du point «lu jour. *

Il scira précieusement le billet dans la poche de sa reste, puis il poilu la table sous la uiourtrièrr. posa la citai» sur la table et s'y établit commodément. A relie hauteur, il pouvait passer un de se* bras autour des barreaux et manœuvrer de l’autre son ressort de montre.

Scier un barreau de fer de l'épaisseur du bras arec un ressort de montre! Voila cp que les prisonniers seuls comprendront.

Ce fut pointant ce que le capitaine entreprit bravrmcnl, patiemment.

Il travailla toute la nuit , ne s’arrêtant que pour essuyer 1rs goutte» de sueur qui perlaient à son front.

I uliii, nn i.iyun blanc courut à l'horizon, puis ce rayon grandit, et le jour vint.

I.e prisonnier regarda son ouvre. Le barreau était aux deux lies» •cié, mai* fl tenait encore.

Alors il s'empara du papier el Ip déplia avec avidité.

L'était un billet du Marseillais :

» On tiavatllc à le sauver. On y parviendra. Par quels moyens? ■ Jp ne sais encore. Mais puisqu'on dit que le cirl aide ceux qui » commencent par s'aidpr eux-ruômos , je le fuis passer un outil. » Scie toujours un barreau! Après, nous verrons. Je l'écrirai de- »* main. ■

Le prisonnier se remit à la besogne, niais un sentiment de prudence l'empêcha de la terminer.

U Si j’arrache le barreau et que ce ne soit pas Kauffmann qui m’apporte à manger, le geôlier qui viendra s'en apercevra, se dit-il. Je uc puis pas a présent saiU* r <Lu> I.- Ilhin, les aeiilineUe* des remparts feraient feu sur moi. Si c'est la mou seul moyen d'irvasiun, il faudra attendre la nuit procKiine. o

Ayant ainsi raironné, le ci», iiiiiue Min.'fla sur la poussière de fer répandue autour du Lan eau, remit la table à sa place ordinaire et sc jeta sur snn lr«.

II était hara- *• >Jc fatigue et ne larda point à s'endormir.

I! doruiit plus un cinq bi-tires, et ce s'éveilla qu’au bruit de sa

pu i n* qui s'ouvrait.

On lui apportait sou repas du mutin, mais Kauffmann n’en était |«un*t porteur.

L'était le geôlier ordinaire, uu Aiiemaud u le le curée, ue disant

un mot do français, et esclave de sa consigne. Ou lai avait ordonné d'étre dur avec le prisonnier, il se munirait brutal.

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