I.rs homme* de patrouille étaient restes eu d hors
l e geôlier seul demeurait sur le pas de lu purtc enlr ouverte.
« Hé ! l’ami . dit le chevalier, voyez <io..e «'il y a uue seutiueUe eu bout du corridor.
— Oui, monsieur, n répondit le geôlier, qui s’ était détourné l'es- | te* de dix si* ronde».
Man . pendant ces dix secondes , le chevalier avait ou le temps de fouleser sou chapeau et de laisser tomber sur le lit du priMiiinà’t'
* n petit paqiii't de la grorseur du poing- . ,
Le capitaine élut, lui aussi, prompt à saisir f occasion. Il aVa-rit
* r .-on lit et cacha le petit paquet.
■ Monsieur, In! dit le chevalier, permette* moi de me retirer avec iV-pérance qn'aprés avoir sursis A votre exécution, les princes vou- ' ont bien vous foire grâce de la vie. *
Ht 11 salua et s’rn plia. .
I.oiaque le prisonnier fut «ml, il prit le paquet et f examina. C'ét i un peloton de ficelle du Suie ti . s-serrec et Ircs-Solide, Lue po l-te boule était au milieu.
l,o capitaine déroula celle boule, tî' était un oooveau billet.
Mois l'écriture n' riait pins celle du Marseillais.
Citait une écriture menue, allongée, qoi t/ab«&*uil U main d’une le-1 me.
L# capîtainr lut :
» Qram! il fera nuit, attachez celte licclle à un de vos homaux > cl laissez pendre dans le Rhin.
*• Quand tous entendre» chanter le flan* i le* vrhtt sur h* R .'tin,
* Voua reliteicz la ücello. •
Le capitaine *l lendit le soir avec anxiété. Il ne comprenait pas trop bien ce qu’ou voulait faire.
La nuit venue, il obéit aux injonctions .du mystérieux billet, attacha le fil de soie A l'un dés barreaux cl le laissa pendre au dehors.
Puis . en attendant ta chanson hdvétiaDM, il se remît à scier son baiTe un .
Au bout d'une heure, il lui suffit d'une secousse pour l'arracher. Dès lors, l'ouverture était assez grande pour laisser passer le corps.
Pr Lsquc au même instant, il enicndil le bruit di deux avirons qui frappaient Tenu sou» b meurtrière. Puis il lui sembla que le tàl de foie s'agitait vivement. Puis enfin une *oix pleine ri sonore, une voix ubeutaude, entonna le fameux limiz des rarhr», et le bruit des aviron- ce perdit dans l'éloigm inent.
Alors le «apitaine relira la ficelle; mais elle était beaucoup plut lourde, et il revunuul qu’on uvait attaché quelque chose après Ce quelque chose, qui finit p;sr irriter jusqu'à U meurtrière, était un paquet de hardes, an milieu desquelles se trouvaient trois autres objets lout différents.
A foire de palper ee» objet*, e. .-il l’i.-itil ties-uuii «Lus la cellule, Mculas Petit- Jean reconnut une miche soufrée et un briquet.
On lui envoyait de la lumière... #
Il battit le Lriqiit'l rl alluma ta mèche.
A'ors il put voir, cl ?a surprise fut grande, des vétrineiits de femme, une robe cl une cuiife de paysanne du Haut-ltiiin, et une curie à tunids.
* V«»jlà qui cal bizarre! » pensa-t-il.
la1 paquet renfermait un dentier objet. C'était un rasoir.
« llwn ! se dû te capitaine, je commence ù comjren rc. I! t int couper tues moui-taclns et m'habiller en dcuioisrlii*. ?.i.:i* on auiuit bien <M joindre nu miroir à Joui 0*1». "
Enfin, un dernier billet accompagnait le lout.
Ce billet disait :
b Coupai vos moustaches, habillez-vous rl attendez minuit.
« Quand minuit sonnera, vous altachrrci la corde à luruds au « barreau que vous l'avez point scié, et vous desrr-ndrez. Prenez * garde de Incher li corde surtout! Au dernier ttorud y vous trouve- ■ rez une barque qui passera juste au-dessous. «
u Allons! murmura le capitaine, ce diable de Marseillais avait raison, on tout me sauver!.,. »
Et il se mit en devoir dr couper scs moustaches.
Mois , au moment d’ approcher f rasoir de sa lèvre supérieure, , il » arrêta.
u Si on me fait prendre de? habits dr? femme, se dit -il. eVsl I qu'il ne »u If il point de sortir d'ici, et que je passerai s .vis doute j devant des gens qui ont intérêt à no point me laisser partie. Il faut donc que jo prenne garde do ui’t «tailler U peau... et il est difticila ' de s** raser «an» miroir!..* »
Mais tout aussitôt un superbe sourire vint aux lèvres du capitaine, u Pour un Parisien, stiù-jc bétc ! » dit-il.
Le mobilier t*c la cellule so composait d'un lit, d'une table et d'une cbaute. Mais il y avait sur la table une cuvette d’eirin et do l'eau dans une cruche.
I u Voilà de quoi faire un miroir, s se dit lo capitaine.
El il versa l'eau de la cruche dans b cuvette et plaça auprès sa ipèchc allumée. #
l<a cm rite devint miroir; le capitaine put y voir ses tuouriuclics : • qui «Ha.i il tomber.
l,*op4:..tUon fut courte.
Les tuons tache» coupée* , le capitaine se regarda de nouveau, il était bloud et rose comme une femme.
Il s'habilla, roula scs cheveux qu'il portait long* . posrf par-dç*sn» la coiflc alsacienne , cl soufti.i lu mèche soufrée , qui , *i elle était aperçue du dehors, pouvait le perdre.
Pour lu captif qui alleu! su délivrance, le* heures présent lentement.
Le capitaine attendit, le cœur palpitant, la sueur su rront.
Put», u u premier coup de minuit, il *c hissa je. qu’à la meurtrière et attacha solidement sa corde à ntruds.
! a nuit était sombre.
On coleu lait mugir le Rhin à une grande profondeur, mais un ne le voyait pas.
Le capitaine n'u*»il à califum chon surfa meurtrière , et nn moment il hésita
Les ténèbres I rm tduppaietit et I jl'huo était :iu-de*vous.
Mai* , eu ce uiouicot au**i, le Hut i- des cttdies so fit colcuiirc do
nouveau, en aiuunt du fleuve, accompagne du bruit régulier de deux avirons.
Alors le capilaiue n'Iiésila plus; il saisit la corde è nœuds, s‘y cramponna ci se laissa couler dans l'espace...
Le danger le pins terrible est celui qu’on ne peut mesurer. La penr de l'inconnu est la plus violente des peurs.
Le capitaine Nicolas Pelit-Jcao , tout brave qu'il était , se sentit froid au cœur, en même temps que ses cheveux se hérissaient, lorsqu'il eut lâché le barreau de la meurtrière auquel il s'était on moment cramponné.
La nuit était noire, le Rhin grondait ...
Le capitaine ne tenait plus à la vie et à la terre que par ce bout de corde autour duquel il arrondissait scs mains crispées.
Quand il eut descendu dix nœuds , il s’arrêta et pencha la télé...
U ne vit rien, hormis les tëuébres; il n'enl<-iidit rien, hormis U grande voix du Rhin qui heurtait 1rs vieilles assises de la tour.
La chanson du batelier suisse s'était éteinte; le ram des vaches ne montait plus des profondeurs de l'abime comme un encouragement et une consolation.
Un moment, la terreur du fugitif fut si grande, qu'il songea à remonter et à rentrer dons son cachot.
Heureusement . il se souvint...
IJ se souvint qu'il était condamné à mort, et que s’il rentrait, il ne sortirait plus que pour aller au supplice.
• Allons donc! se dit-il , relrouvaul un peu de son calme bobi-
i tuel, est-ce que je vais avoir peur, maintenant? Mourir pour mot» rir. autant mourir tout de suite I »
El il se remit è descendre.
Au trentième nœud , il s'arrêta encore.
• Voilé qui est singulier, murmura-l-il , les Parisiens oot peur de* ténèbres. •
El comme il demeurait de nouveau suspendu dans l'espace, bd* sitanl , le cœur ému , les cheveux hérissé* , une voix monta ver* lai.
C’était une voix de femme.
Une voix qui lui criait :
« Courage ! «
Et cette voix lui rendit le cœur et le* forces ; et quand il eut do*> cendu trente nœuds encore, il se pencha de nouveau...
Et, celle fois, il aperçut distinctement une barque au-dessous de lui , et , dans celle barque , une femme et un homme.
L’homme se dressa et prit le bout de la corde pour l'assujettir et donner pins d’assurance an capitaine.
Alors celui-ci se laissa glisser, et l'homme le reçut dans se* bras.
« Allons! Joseph! vile! n dit la femme.
L'homme lâcha la corde, et la barque s'éloigna.
Alors, seulement, le capitaine essaya de percer de son regard l'obscurité de la nuit et de voir à qui il avait à foire.
Mais la femme ouvrit de nouveau la bouche :
«Chut! dit-elle , vous n'étes point sauté encore, capitaine. *
— Madame de Rochemaure !
— Oui... taises- vous... ■
La barque retourna au large.
Arniande cteodit la main et mootra la tour qui te détachait tm vigueur sur la ciel noir t
• Ak ! msnM.gaeiir, ion» »eu«i d’oubUrr lo«l*. k»
• Tenet, dit-elle , il y ■ des sentinelles en huit et en bu... au moindre bruit insolite, elles eussent eu réveil...
— Ah! madame, balbutia le capitaine, vous n’êles point une
femme...
— Mais, si monsieur. ..
— Vous éles on ange du bon Dieu , contiuua-t-il d'une voix émue, M je ne sais pourquoi vous aves pu vous intéresser à moi...
— Nous causerons de cela plus tard , répondit Annande. Maintenant, occupons-nous de vous... »
Elle entraîna le capitaine à 1* arrière de la barque, vt le lit asseoir «après d’elle.
Celui qu'elle avait appelé Joseph , et qui était un vieux sertiteur ■flot suivi ses maîtres dans l’exil, frappait l’eau avec précaution. On eût dit une barque fantôme , glissant sur un fleuve de brunie.
■ Ecoutex-moi bien , dit alors Anuandc. En amont et en aval de ^oblentx , le Rhin est gardé par une ligne de barques ; ces barques ne laissent passer personne , excepté ceux qui sont munis d’une permission du gouverneur de Coblenlx.
» U y a un mois , je me suis liée avec nne dame allemande qui habite un château sur la rive droite du Rhin , à trois lieues d'ici.
■ Je jouis d* une grande liberté à Coblenlx et à la petite cour des princes. Mes malheurs, ma captivité, ont fait de moi une sorte «Tbéroioe.
■ On m'a vue souvent descendre le Rhin daos une barque, pour «fier cbex madame Kunlx, — c’est le nom de la dame allemande, — h toute heure de nuit et de jour, n’ayant d’autre compagnon que p>oa domestique transformé en batelier.
• J'ai donc une permission du gouverneur pour moi , ma femme
«rtilaUosi d« <uire r«ee be«u»|uc. < — Ikgr 10S.
de chambre et mon domestique... Comprenex-vous maintenant pourquoi je vons ai enroyc des vêlements de femme?
— Oui, madame.
— Avez-vous bien coupé vos moustaches?
— De mon mieux.
— Il est nuit, et on n’y voit pas très-clair avec de* lanternes... espérons ! «
La barque , entraînée par le courant filait très-vite.
Armande poursuivit :
u 11 y a à Coblenlx des gens qui, comme moi, s'intéressent a voua. Ces gens, que je ne connais pas, mais avec qui j'ai correspondu , depuis hier, d'une façon mystérieuse, vous attendent à un quart de lieue , en amont du château de madame Kunlx. Là , voua serex complètement hors de danger. «
Les murs de Coblenlx s'effaraient; la grosse tour où le capitaine Nicolas Petit-Jean avait été prisonnier venait de disparaître.
Joseph alluma le fanal placé à la proue.
• Maintenant, dit Armande, il faut payer d'audace. »
Elle regarda le capitaine , sur le jeune visage duquel tombait on rayon du fanal.
■ Vraiment , fit-elle en souriant, sous votre coiffe alsacienne, vons avex tout à fait l'air d'une femme. *
Le capitaine était un peu pèle , et son visage mélancolique n’était point dépourvu de douceur
« Pauvre jeune homme ! peusa Armande , il y a peut-être là-bas une femme qui l'attend. «.
La barque filait toujours.
Tout à coup, l'œil perçant du capitaine aperçut une ligne noira qui semblait barrer le Rhin comme un immense cordage.
Calait la fil» dp bateaux dont avait parlé madame de Roche» i: . ure.
Au bruit des avirons de Joseph, un homme moula sur le pool de i 'ni qui «e trouvait au milieu, et uu (anal l'éclaira.
Halte ! » cria-t-on du bateau.
Joseph laissa tomber in avirons.
* Obéi du canot, qui êtes-vous? héla l'houuue du bateau garde-
côte.
— France! répondit Joseph.
— Arrive! n répéta l'homme.
Joseph laissa dériver son embarcation sur le bateau, et l'homme j descendit.
- Monsieur le marin . fil Armande d'un Ion boudeur, voilà qui r? insupportable. Je rue rend» au bal die* madame Knolc, en cornje: -nie de un femme de chumbre que voi à... *
l.ii capitaine du bateau prit garde à peine au capildinc qui ;o cuel .at sou» son bonnet alsacien, — et il balbutia quelques umts dex- «r. es. en conieinplaot madame de Ruchemanre.
- G’est insupportable, continua Armande , de vous voir lu'arréainsi chaque fois... voici ma permission... *
Le capitaine y jeta les yeux et salua.
■ Et soyez as^ez aimable pour vous graver b voix de mon domest i:e dans la mémoire... »
Le capitaine contemplait toujours la rayonnante beauté d'Ar-
it.atuto.
• Quand j'arriverai , le bal sera fini I » murmura b jeune femme ■ il* ee dépit.
capitaine donna un or !rtr. Les bateaux s'écartèrent , cl la bar- * de madame de Ruchemaure traversa b ligne.
Linq minutes après , elle était loin déjà ; et le fanal du garde-côte s . îail éteint.
« A présent, monsieur, dit Armande . vous êtes sauvé...
— Ah' madame... » balbutia le capitaine.
El il fiértiil un genou devant elle et baba le hes de an robe, a Mmi-u ur. reprit Armuude d'une voix grave , vous allez revoir \.»!rc pays après avoir iinracideuscmcut échappe à b mort.
— Grâce a vous, madame...
— Kh bien , voulez-vous me faire une promesse?
— - Ah! parlez! dit-il avec l'enthousiasme de la jeunesse.
— Si jamais, à Paria, vous pouvez sauver dr l'échafaud quel- « .duo des miens . le ferez-vous?
— Madame , répondit le capitaine ému, von» avez sauvé ma télé , i -in elle vous appartiendra toujours, et je lu domurai avec joie en <• ange de celle qui vous sera chère... »
Armande lui prit la tuain :
< Vous avez du cu»nr, dit elle, merci!*
Joseph dirigeait la barque u-rs la rive gauche, dont on s perce - \ t 1rs collines et les grands arbres.
« Voilà le poiut oà je dois vous laisser, * dit madame de Rochet’niire.
Le capitaine regarda. La riva était déserte encore.
Armande ajouta :
i Vos luyitérnnix amis m'ont désigné ce point-là... C'eut la qu’ils «Vivent vous prendre. Atlendcx-lrs! »
la barque toucha le bord.
* Adieu, monsieur, dit encore A ru amie, et u'ouhlicz pas votre | ruilfiM... *
V nouvruu , il voulut lmiscr sa robe; ruais cite lui lendit b
»: : in :
- Adieu I * répéta -t-clle.
L'enfant du peuple appuya ses lèvres frémissante» sur celle inaio fu'-tocraliqiso , et il sentit son cœur éclater...
4 Ah! murmura-t-il tout bas en sautant à (erre, je croîs Lien que j'aurais mieux fuit de me bisser fusiller... g — Au large! if commanda Armande.
Joseph tib it , et madame de Ruchemaure S’éloigna, adressant,
/ -on mouchoir qu’elle agitait, uu drniirr salut au capitaine. Celuii femeura longtemps immobile , l'ail fixé sur b barque et le mou-
i air...
Le ne fut que lorsque l*un et l'autre te furent effacé» dans l’ohsi il« qu'il passa sa maiu sur son front ruisselant :
• Ah! dit-il, d ii. i -ttililc qm- j‘.«i Lit un rêve!...
- l u rêve d'niiiour! • dit une voix derrière lui.
Il se r lournu eu tiras-nibul et rccouuuli c Maracillaia.
« 'lui.' dit-il.
— Parbleu I répondit Olivier Brun , qui avait rrpris son costume de matelot, vas-tu pas croire que je uc m’occupai» pas de toi?
— C'est juste... tu m'as écrit...
— Et je t'ai envoyé tm ressort de montre...
— C'est vrai... niais c'est madame Rodu-maore qui m'a sauvé.
— Ceci est incontestable. Aussi lu lui dois une fauivuse recounaissance, murmura hypocritement le Marsciibi».
— Je mourrai pour elle, s'il le faut. ■
Le Marseillais haussa les épaules.
■ Tu peux faire mieux.
— Quoi donc?
— - Madame de Rochr-maorc et son mari sont condamnés à murt, et, s’ils renlrairn' en France, on les guillotinerait.
— Oui ; mais ils n’y rentreront pas...
— Cela dépend de loi.
- — Coinutriil ?
— J me fais fort de t’obtenir une uudiencc solennelle de l'Assemblée nationale. On te recevra comme un ambassadeur.. .
— lion !
— On le félicitera d’avoir échappé à tous les Jauger», et de rapporter à b Convention des documents précieux 6ur l'armée des princes.
— Mais, interronqiit le capitaine, ces documents , je ne les ai pas.
— Je les ai , moi.
— Et qui le les a procuré»?
— Moi-méuie. Crois -tu que je sms un homme de police pour rien?
— C'est juste.
— Donc, tu apportes ce document a l' Assemblée.
— - Bon !
— On te félicite.,.
— Après?
— Et on te fait colonel.
■— Crû» -lu?
— Parbleu! .Mais voilà le moment ou jamais de prouver la reconnaissance à madame de Ruchemaure.
1 — Ah!
— Tu demandes b parole, tu t'adresses à T Assemblée, et tu dis : a Citoyens représentants , si je suis ici, si j'ai l'honneur de contempler ce sénat auguste, c'crt parce qu'une femme héroïque,
1 digue île vivre sou» la liberté . a protégé mes jour» et tu'a arraché aux tyrans. * Alors tn racontes Ion sauvetage, et tu ajoute» : « La citoyenne llochriiiAitrc n'est point une aristocrate, c'est une Romaine. et je viens vous supplier de m'accorder, en échange de co grade que vous m'offrez, b grâce et le rappel du ciloyeu et de la citoyenne de Rochemaorc. »
I — Et tu crois qu'on me raccordera?
■ — Avec enthousiasme. Il y aura sur l'heure un dé-rrat qui pro- : clamera que le ciloyeu et b ciioyeunc llocluiniaurc uni bien mérité de b patrie.
— Mais... rcntrcronl-iU?
I — Ah! ceci, dit le Marseillais avec bouhoruie, dépend entièrement d eux. Mais j’ai uu vague espoir de les revoir à Paris... Sur ce, en roule!
— - Où ai'uns-iiou»?
— A Pari», donc.
— Et comment y allons-nous?
— - J'ai u-iaché deux chevaux dans ce fourré... Viens, il frai avoir fait dix lieues avant le jour. *
Et h* Marseillais entrnfua b' capitaine.
Un quart d’henre après, ils galopaient côte à côte.
Alor> , le Marseillais se dit :
« Ce pauvie capitaine, il a été nu bien joli instrument depuis troj jour.-,... et il ne devine pas le premier mot de b comédie qu'il a m hii n jouée! Si, celte lois, mon patron, le citoyen Robespierre» n e»! pis coulent, H y mettra de la mauvaise volonté. »