XXXI
L’ouvrier qui venail de monter sur la machine était charpentier (h* sua état et natif de Clamée; en Xivernais, où il s'était couvert de gloire environ six mois auparavant.
\ nid comment :
lxs départements ne roulaient pas être r i arrière de la capitale; et i liaque ville un peu respectable pSr sou ebilfre de population possédait une petite guillotine qui faisait de son mieux et fonrtmnnail le pins souvent possible.
La guülol-nc de <1 am- cy était pleine de bonne iniouté; elle avait mordu à toute la noblesse des environ- . et la population de ladite «•lie se rendait uu champ de foire, où elle était dressée, avec ou | empressement digne d'éloges.
Or, un jour, on guillotinait le marquis dp ' ’garet-sur-Xièvre, ancien capitaine de dragons. Soif que U pluie > fuit jouer le bois, soit que les ramures lusscut mal graissées, le couteau s’arrêta en chemin.
!> bourreau pâlit, le condamné cria, la foule hurla.
Mais l'ouvrit r cliarprnlier était là.
Cuissard, c'était son nom, courut chercher scs outils, moulu les digrés de la u uebine et la raii»tohi en un clin d’wil.
Maintenant . camarade, dit-il, lu peux y «lier gaiement. «■
Mais le bourreau dp répondit pas. Il avait «prouvé un saisissement tel qu'il tomba à la renverse et fut frappé (Time a. laque d'apoplexie.
Ce que voyant. Cuissard, le charpentier, poussa le m.irquis de Xogarel sur la planche, lit jouer b lunette et tira lu ficelle.... La tête tomba.
I.n municipalité de Clnmpcy fut ravie de la conduite de Cuissard. De le complimenta; il ohliol une mention civique.
Le maire «lia jusqu'à lui dire :
* Mon garçon , si pareille chose t'était arrivée à Paris, on aurait
parié «le loi a U Convention. »
Crs mois grisèrent Cuissard. Il éprouva le bcaoin de tenter la fortune. Il vint à Paris, et dès lors il passa toutes ses journées sur b place de b Révolution, armé de ses outils, cl bercé du doux Côpuir de raccommoder la machine un jonr ou l'autre.
Sou espoir venait de se réaliser.
Tandis que l-< condamnée, liée sur sa chaise, regardait avec égarement, Aristide Cuissard, — il s'appelait Aristide I — recherchait b Cause de fac.idi nt.
« Tiens! dit-il tout à cou,* s'adressant au bourreau, on vous a joué uu tour, palruu, voyca plutôt... »
Et il lui montrait un gros clou enfouie «Uns la rainure où s'emboîtait le couteau.
biuuioo comprit qu'ou a' était approché de l'échafaud pcuda.il b
nuit précë.lentc, et que sans dou’e quelqu'un intéressé à sauver un condamné avait essayé de ce moyen suprême.
• Peux-tu faire «saler ce clou? deutuuda-il au charpentier.
— Je vais le conprr. »
Le charpentier prit un cisrau à froid et un maillet , et b tête du clou sauta.