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Frappé par les heureux résultats de ce drainage pharyngien, M. le Professeur Jacques a proposé de favoriser systématiquement la migration de ces collections vers la région rétro-pharyngienne. Après résection de la pointe mastoïdienne et ligature de l’artère occipitale, il ruginerait la face latérale du condyle de l’occipital pour ouvrir un passage au pus sur le bord interne du droit latéral.
Les suites d’une collection péripharyngienne ne sont pas toujours celles dont on a pu profiter dans les cas précédents, Il est arrivé parfois, au contraire, que des abcès récidivants, d'origine mastoïdienne, avec phlegmon latéro-pharyngien incisé dans le pharyax, n’ont guéri qu'après une trépanation assez étendue de la mastoïde et un bon drainage par une brèche cervicale suffisante. Il en a été ainsi pour la malade de Broca et Lubet- Barbon dont nous reproduisons l’observation :
Obs. IX. —(Broca et Lubet-Barbon. Les suppuralions de l’apophyse mastoïde et leur traitement).
Cret. Emilienne, 3 ans 1/2, est présentée le 24 Avril 1893, à la consultation de l'hôpital Trousseau. Cette enfant a eu en Mars 1892 la coqueluche, puis en Avril une rougeole « rentrée », suivie presque immédiatement d’une fièvre typhoide (?). Depuis, elle ne s'est jamais complètement rétablie, a eu la gourme, des maux d’yeux, des croûtes dans le nez. Six mois après environ, elle a été prise, sans cause connue, d’otorrhée, puis bientôt d'un gonflement rétro-auriculaire, qu'un médecin a incisé deux fois, et depuis deux mois, il persiste une fistule.
L'enfant, dont les antécédents hérédilaires sont bons, est malingre, mal portante, a de la fièvre de temps à autre, Fis-
Ne
tule rétro-auriculaire à droite. Nous l'adressons au Docteur Lubet-Barbon pour examen de son oreille.
Elle se présente à la clinique le 25 Avril, respirant mal, ayant mal à la gorge et M. Lubet-Barbon trouve en arrière de Pamygdale droite un gonflement rénitent, dont l’incision au bistouri donne issue à un flot de pus. A l'examen otoscopique : membrane détruite, caisse pleine de granulations.
Soulagée par l'incision pharyngicnne, l’enfant est amenée le 1er Mai à l'hôpital Trousseau où elle est admise pour être opérée de sa fistule. L'abcès s’est reproduit.
Le 2 Mai, trépanalion de l'apophyse et de la caisse, ablation des osselets malades; puis, séance tenante, incision le long du bord postérieur du sterno-mastoïdien el drainage large de l’abcès latéro-pharyngien.
Après cette intervention, pansement comme de coutume.
L'enfant a quitté l'hôpital le 4 Juin, presque entièrement guérie el elle a été guérie après quelques pansements.
Elle est revue au milieu de Décembre pour un adénophlegmon sous-maxillaire (carie dentaire), qui est incisé. Guérison le 15 Janvier. A cette date, l'enfant, tout en restant sujette aux angines et aux coryzas, se porte fort bien, mieux qu'elle ne l'a fait à aucune époque de l'année qui a précédé l'opération.
Revue au mois de Septembre 1894 en excellent état local et général.
Mastoïde postérieure.
Si une perforation siège à la partie postérieure soit de la rainure digastrique, soit du triangle apical, le pus a toute tendance à suivre le trajet musculaire du splénius et du petit complexus, fusant vers les inser-
tions vertébrales de ces muscles ou restant cantonné entre le sterno-cléido mastoïdien et le trapèze.
Une collection née de la partie postérieure du triangle digastrique, bridée en haut par le petit complexus et le splénius, en avant par le digastrique, ira sous le trapèze ou s’enfoncera vers la région sous-occipitale. Nous avons déjà dit le rôle que peuvent jouer aussi l'artère occipitale et ses branches dans la migration des abcès digastriques.
Si la perforation se produit à la face externe, en arrière de la crête vertico-mastoïdienne, deux alternatives sont à envisager, suivant la localisation postérosupérieure, au-dessus des attaches du sterno-cléïdomastoïdien, ou postéro-inférieure, au-dessous des insertions musculaires. Dans le premier cas, la suppuration a tendance à se propager en avant; dans le second, elle évoluera vers la région postérieure d’une façon un peu variable, suivant ses rapports à l’origine avec les insertions des trois muscles sterno-cléido-mastoïdien, splénius et petit complexus.
L'ensemble des mastoïdites postérieures paraît surtout dû à l’infection des cellules postérieures, cellules périsinusales, que d’après M. le Professeur Moure, on peut répartir, selon leur position par rapport à l’autre, en :
Postérieures, en rapport surtout avec le sinus latéral.
Postéro-supérieures, en relation en haut avec la fosse cérébrale moyenne, en dedans avec le sinus latéral, les méninges et le cervelet.