‹ Les Mastoïdites ProfondesChapitre 15 sur 24 · AY · texte numérisé non relu

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M. le Docteur Fiocre a bien voulu attirer notre attention sur trois cas de ce genre. Il en a rapporté les observations que nous reproduisons :

Obs. XIII. — (Fiocre. Revue hebdomadaire de Laryngologie, d'Otologie et de Rhinologie, 15 Juillét 1919).

M. M., 62 ans, est pris au début de Janvier 1918 d'une violente douleur dans l'oreille droite, qui va en s’accentuant jusqu’au moment où l'oreille commence à couler, ce. qui amène une rémission des douleurs.

L'écoulement, constitué par un liquide clair et peu abondant, se produit vers la fin de Janvier et dure jusque vers le 25 Février. À partir de ce moment, le malade eut à supporter de petites crises douloureuses, sans suintement de l'oreille et laissant entre elles des périodes d’accalmie plus ou moins longues, durant plusieurs jours. Puis, insensiblement, les douleurs augmentèrent, apparaissant de préférence la nuit, et s’'accompagnant de fortes transpirations.

Dans le courant de Mai, les souffrances deviennent vraiment intolérables, les crises, plus fréquentes, sont accompagnées d'élévation de température, le maximum atteint lors d'une de ces crises étant de 39°9. Jamais il n’y eut de frissons, ni de vomissements.

C'est alors que le malade nous fut adressé. L'examen nous montre l'existence d’un empâtement rétro-mastoïdien avec douleur très vive à la pression en ce point. Par contre, la pression au niveau de l’antre et de la pointe n’est presque pas douloureuse. Le malade maintient sa tête raide, légèrement penchée en avant, dans une attitude de contracture ; il ne peut ni la relever, ni la tourner d’un côté ou de l’autre sans déplacement des épaules. Si on essaye d'imprimer des mouvements de rotation de la tête on réveille une douleur très vive an point d'élection déjà indiqué par la pression.

A l'examen de l'oreille, nous voyons un tympan de colora-

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Lion légèrement rosée sans bombement, ni perforation: l'audion est conservée, bien qu'affaiblie. D'ailleurs, l'audition est également diminuée de l’autre côté, à peu près dans les mêmes proportions, le tympan est épaissi et le malade nous avoue que son audition a baissé des deux côtés depuis environ six à sept ans, époque à laquelle il avait déjà consulté un spécialiste.

L'état général parait assez précaire; le malade présente un faciés pâle, infecté, il a perdu l'appétit et a énormément maigri; 11 accuse une perte d’une dizaine de kilos.

‘ Une intervention est décidée. Nous pratiquons l'antrotomie : pas de pus dans l’antre, mais lésions d'ostéite très étendues nous conduisant à réséquer presque toute la pointe de la mastoïde et à mettre, en arrière, le sinus à nu. Le sinus est sain. Cureltage de la cavité opératoire; découverte de cellules malades dans l’espace intersinuso facial, ce qui nous oblige à creuser un véritable puits, immédiatement en arrière du massif du facial, à mi-chemin de la pointe et de la base de la mastoïde. Le stylet, en explorant le fond, pénètre sans difficulté dans une cavité osseuse à paroi lisse, résis- Lante, en même temps qu'on voit du pus s'échapper par le pertuis ainsi créé. La pression du cou, au niveau de la nuque, fait sourdre également du pus par cet orifice. Après nettoyage et assèchement du fond de la cavité, nous cherchons avec une fine curette, à agrandir l’orifice, mais, ce faisant, un flot de sang noir envahit tout d’un coup la cavité ; nous venions d'ouvrir le sinus. Tamponnement de là plaie avec une mèche iodoformée

Les trois premiers jours qui suivent l'opération, le malade ressent un grand soulagement; il peut mouvoir sa tête assez librement et ne souffre plus. Pas de Lempérature. Dans la nuit du troisième au quatrième jour, légère crise douloureuse du côté opéré. Nous levons le pansement. Dans le fond de la cavité opératoire, apparition de pus; on sèche au porte-coton, mais la pression de la nuque remplit de nouveau le fond de l’enton-

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