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noir. Un drain assez fin est placé dans ce fond, maintenu par quelques compresses de gaze et on fait, toutes les deux heures, l'irrigation de la plaie avec du liquide de Dakin. Au quatrième pansement, le fond de la cavité opératoire apparaît absolument propre; la pression, même forte, au niveau de la nuque, ne ramène pas trace de pus. Le malade va aussi bien que possible, plus de douleurs, l'appétit revient.
L'irrigation est continuée encore pendant quelques jours, puis les pansements sont faits avec des mèches imbibées de liquide de Dakin. La cicatrisation s’effectua d’une façon absolament normale et, au bout de cinq semaines, notre malade put reprendre ses occupations.
En Janvier 1919nous reçûmes de lui d'excellentes nouvelles,
Chez ce malade, le pus empruntait sans doutela voie du trou déchiré postérieur, pour fuser dans la région sous-occipitale, d’où la pression exercée au niveau de la nuque le faisait refluer dans le fond de la cavité opératoire.
Cette observation est typique par lallure lente et insidieuse du début, par la localisation primitive de la tuméfaction et de la douleur à la région rétro-mastoïdienne, par l’intensité des irradiations douloureuses et du torticolis, par l’atteinte de l’état général. Il faut remarquer en outre la rapidité relative de la guérison, la simplicité des suites, après une bonne exérèse des lésions osseuses.
Le pus collecté sous la base du crâne au voisinage du condyle de l’occipital et du trou déchiré postérieur est au carrefour condylo-déchiré postérieur, que traversent les IX°, X°, X[°, XII paires craniennes, groupées autour de la veine jugulaire et de la carotide interne.
Le développement d’une collection en ce point sera susceptible de se manifester, dans la zone de ces différents nerfs, par des symptômes tout à fait spéciaux pouvant aller de lirritation à la paralysie complète, reprodwusant, plus ou moins dissotié, le syndrome décrit par Vernet sous le nom de syndrome du trou déchiré postérieur; la manifestation de ces signes, jointe à une atteinte de l’hypoglosse, rare à la suite d’une mastoïdite, constitue le syndrome condylo-déchiré postérieur, signalé par Fiocre à propos des deux cas suivants. Chez le premier malade, on observa une hémiparésie linguale par lésion du grand hypoglosse, chez le second, une paralysie du constricteur supérieur du pharynx, associée à une hémi-parésie velo-palatine, par lésion du glosso-pharyngien et de la branche interne du spinal.
Obs. XIV. — (Fiocre, Zbid.\.
M. J..., 22 ans, réformé, vient dans les premiers jours de 1918 me consulter, se plaignant d'assez vives douleurs, à forme névralgique, survenant de préférence la nuit, et localisées dans le côté gauche de la tête, en arrière, dans la région de la nuque,
Le malade nous dit avoir eu, trois semaines auparavant une attaque de grippe, suivie d'un écoulement de l'oreille gauche, pendant deux ou trois jours seulement. À l'examen nous trouvons à gauche un tympan rosé, un peu épaissi, mais sans bombement. L'’audition de ce côté est légèrement affaiblie. Pas de douleur à la pression de l’antre et de la pointe, mais pression douloureuse en arrière de la mastoïde. La rotation de la tête réveille également la douleur au même point. Absence de gonflement de la région mastoïdienne et des par-
hes avoisinantes. Quelques applications chaudes et humides paraissent soulager le malade, que nous perdons de vue pendant quelques jours.
Le 12 Novembre, nous sommes appelé auprès de lui par M. le D° Trémolières. La veille au soir, le malade était rentré chez lui souffrant atrocement de la tête; la température était montée à 39 degrés.
Le lendemain, dans la journée, violent frisson, températüre vespérale 40°2. Du côté de la mastoïde existait un léger gonflement s'étendant en arrière. Une intervention d'urgence est décidée. Antrotomie. Présence de granulations dans l’antre. Lésions d’ostéite étendues vers la pointe et, en arrière, du côté du sinus, que nous mettons à nu. La paroi sinusale nous paraît saine; cependant, en raison des phénomènes généraux observés, nous faisons une ponction du sinus, qui donne issue à du sang. ;
Curettage de la cavité et mise en place d'une mèche iodoformée. Les jours qui suivent, chute de la température, disparition des douleurs. ï
Le pansement est levé le cinquième jour; on place un tube pour irrigation de la plaie avec le liquide de Dakin. Vers le huitième jour, la température remonte tout d’un coup à 39° avec état gastrique. Une purgation, suivie d’une véritable débâcle intestinale, ramène le calme. Toutefois la température demeure, d'une façon constante, un peu au-dessus de 37°, sans dépasser 37°5. La plaie, par contre, a bel aspect et bourgeonne normalement.
Cepenaant, dans les premiers jours de Décembre, le malade commence à ressentir, à intervalles assez éloignés, quelques douleurs de têle du côté opéré. La pression en arrière de la mastoïde est de nouveau douloureuse. Les jours suivants, en même temps que l’état subfébrile persistant, nous voyons apparaître un véritable torticolis et, phénomène nouveau, une dévialion très nette de la langue vers le côté malade, comme on l'observe dans la paralysie de l'hypoglosse,
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M. le Docteur Roussy, appelé en consultation, ne trouve aucun signe révélant l'existence d'une collection intracranienne, mais croit plutôt, ainsi que nous le pensions nousmême, à la formation d'une fusée purulente profonde, siégeant près du condyle occipital.
Le malade fut conduit à Paris, auprès de M. ie Docteur Luc, qui voulut bien nous communiquer les renseignements suivants :
« Je vis le malade pour la première fois, le 414 Décembre; il avait encore de la fièvre et présentait en outre une vive sensibilité à la pression, en arrière de la masloïde, plus la déviation de la langue vers le côté malade, déjà observée par vous.
« Je crus dans ces conditions devoir rouvrir le foyer mastoïdien et je trouvai des lésions d'ostéite très étendues. Je fis une résection aussi complète que possible, poursuivant la dénudation du sinus déjà commencée et ponctionnant de nouveau ce vaisseau, qui‘donna de nouveau un jet de sang.
« La fièvre persista les jours suivants, el j'en eus l'explication en levant le pansement trois jours plus lard, Je constalai en effet, que la pression du cou faisait sourdre du pus d’un petit pertuis situé sur le plancher du foyer osseux. Celle découverte élablissait l'existence d’une fusée purulente profonde au voisinage du condyle occipital, et dès lors la déviation de la langue se trouvail expliquée.
« Mon ami Pauchel que je priai aussitôt de venir voir le malade, ouvrit la collection le même jour. Dès le lendemain, la fièvre tombait et, depuis, notre opéré est aussi bien que possible, mais la langue est encore déviée »,
Toutefois, des nouvelles récentes, reçues de notre malade, nous ont appris que la parésie linguale avait presque complèlement disparu.
Il est probable que, chez ce malade, les lésions osseuses avaient atteint l'apophyse jugulaire de l'occis pital et avaient trouvé en ce point une issue, tout près
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du trou condylien antérieur; le nerf grand hypoglosse se trouvait comprimé à ce niveau ou au cours de son
trajet dans le canal condylien.
Obs. XV. — (Fiocre. Ibid
Soldat A. E. Vient à la consullation de Chaptal, le jar Janvier 1919, Aurait eu une otile moyenne aiguë gauche, en captivité. A l'examen de l'oreille gauche, tympan un peu rouge, suppuralion moyenne.
Hospilalisé le 13, avec le diagnostic d'olite nioyenne et poussée mastoïdienne. Puis les phénomènes s'amendent, l'oreille ne coule plus, et le malade sort de l'hôpital à la date du 2 Février 1919.
Il revient à la consultation le 19, se plaignant de douleurs dans le cou, du côté gauche, depuis deux ou trois jours. L'examen nous montre une grosse tuflnéfaction, lisse, rénitente, élendue à la face profonde du muscle sterno-cléidomastoïdien. Il existe un véritable torticolis, les mouvements de la tête sont excessivement douloureux. La pression révèle le maximum de douleur un peu en arrière du bord de l’apophyse mastoïde.
Le malade accuse en outre une gène de la déglutition des aliments solides; il existe une paralysié de la moitié gauche du voile du palais, associée à une paralysie du constrieteur supérieur du pharynx (signe très nel du mouvement de rideau vers la droite de la paroï pharyngée). Rien du côté du larynx.
Opéré le 20 Février par M. le Docteur Lubet-Barbon, sous anesthésie à la cocaïne. Incision au niveau de la tumeur du cou, à quatre travers de doigt au-dessous de la mastoïde et remontant, de bas en haut, en suivant le muscle, jusqu'un peu au-dessus de la ligne temporale.
Incision en T à la hauteur du conduit et se dirigeant à environ trois centimètres en arrière. Décortication à la rugine