‹ Les Mastoïdites ProfondesChapitre 6 sur 24 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

C’est dans la structure de la mastoïde, qu’on peut surtout chercher les causes prédisposantes des suppurations qui nous occupent. La marche de leur développement sera grandement: influencée par la disposition anatomique des régions adjacentes et par les rapports des différentes parties de la mastoïde avec les organes qui l’entourent. x

On sait que, d’une façon générale, le développement des cavités mastoïdiennes va en croissant avec l’âge, et c'est pourquoi les mastoïdites profondes sont plus fréquentes dans lPâge adulte que dans l'enfance. « Les mastoïdites, comme les otites, qui en sont le premier städe, sont d’ailleurs assez rares chez le vieillard, exception faite pour les diabétiques » (Lubet-Barbon). L'évolution des cellules mastoïdiennes vers le type pneumatique est du reste fort variable suivant les individus. Chez le même sujet, elle diffère parfois beaucoup d’un côté à l’autre. On connaît néanmoins la fréquence de la trainée cellulaire antro-apexienne et des lésions qui conduisent jusqu'à la pointe. C’est sans

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doute une des principales raisons pour lesquelles certains auteurs (Claoué), condamnant délibérément le « carré d'attaque », donnent comme but à réaliser dans la trépanation de la mastoïde, létablissement d’une vaste tranchée, dont l'ouverture, à peu près triangulaire, s'étend de la ligne temporale à la pointe de l’apophyse, la limite antérieure passant par le bord postérieur du conduit osseux et par l’épine de Henle, la limite postérieure par la crête vertico-mastoïdienne. C'est pourquoi aussi Lubet-Barbon et Weissmann résèquent toujours systématiquement la pointe de la mastoïde. Dans certains cas, ces cellules de lapex sont particulièrement développées. Ge sont parfois les plus volumineuses de toute lapophyse. L’infection de ces cellules en position déclive, tout à fait défectueuse pour le drainage, favorise le développement des lésions en ce point. Celles-ci évolueront souvent en déterminant une perforation de la face interne de l’'apophyse, généralement mince et moins résistante que la face externe. Ces mêmes conditions se retrouvent pour d’autres groupes cellulaires plus où moins éloignés de l’antre : les cellules de la région jugo-digastrique, les cellules postérieures. On peut rencontrer même parmi ces dernières, des cellules dites aberrantes, complètement isolées. |

La tuméfaction des tissus, due à l’inflammation, contribue encore à obstruer les voies d'écoulement naturelles des sécrétions; les fongosités, les polypes pourront de même faire obstacle à l'issue du pus. La caisse en outre pourra être drainée d’une façon tout à

fait défectueuse par une perforation insuffisante et mal placée.

Les phénomènes inflammatoires passant à la résolution dans la région antro-péri-antrale peuvent se localiser en un point plus ou moins éloigné de lantre. Il se forme alors un foyer qui peut évoluer pour son propre compte, passer à la suppuraton. L'ostéite gagnant de proche en proche peut aussi atteindre les diverses régions de la mastoïde.

Comme causes déterminantes, on connaît le rôle important des otorrhées chroniques réchauffées. On. a incriminé spéciaiement la grippe. D’après M. le Professeur Jacques, elle donnerait à la suite d’otites moyennes, même légères, une grande proportion de complications mastoïdiennes, qui ont souvent affecté une .allure insolite, produisant notamment des abcès profonds de la région occipitale. On a invoqué également la scarlatine et la rougeole. A la suite de la diphtérie, le cas suivant montre une évolution, qui paraît avoir été parliculièrement rapide chez un enfant. On connaît pourtant la rareté des cas analogues à cet âge, « tandis que la mastoïdite antrale est fréquente » (Lubet-Barbon).

Obs. I. — Henri Gran, Le pronostic des réactions sériques dans la sérothérapie anti-diphtérique. Thèse de Paris. 1919, (Résumée). ni

Angine. Erythèmes sériques successifs, olite droite avec mastloïdite ayant fusé dans la région cervicale el dans le médiastin Mort.

T, Emilienne, 3 ans. Entrée le 26 Janvier 1914, À. H, :

nuls, A. P. : coqueluche il ÿ a six semaines, malade depuis trois jours. Se plaint du cou et de la gorge. A l'entrée, fausses membranes peu épaisses, nettement localisées sur les deux amygdales. Légère adénopathie angulo-maxillairé, toux et voix claires. Rien aux poumons, température 37°8; pouls 120, 30 centimètres cubes de séram à l'entrée.

Examen baclériologique : bacilles courts. Au 2° jour, la gorge est nettoyée; il se produit par la suite diverses éruptions sériques accompagnées d'incidents variés.

Le 27° jour : L'éruption sérique est ätlénuée, mais otorrhée droite abondante et fétide.

28° jour : La température baisse. Une douleur nette apparaît au niveau de la mastoïde droite.

29° jour : Température 378. Tuméfaction douloureuse audessous de la mastoïde; en arrière du bord postérieur du sterno-mastoïdien.

30° jour : Même élal; température 38. L'écoulement de l'oreille droite persiste.

31e jour : Brusquement, l'enfant pâlit; son pouls s'accélère ét il meurt en quelques heures.

Autopsie : Colléction suppurée sous-mastoïdienne communiquant avec les cellules mastoïdiennes pleines de pus par une fistule située près de la pointe de l'os. Celte collection suppurée s’est rompue vers le bas dans la gaîne des vaisseaux du cou et a fusé jusqué dans la partie supérieure du médiastin où on trouve des traînées purulentes.

Dans la grande majorité des cas où l'examen bactériologique du pus à été pratiqué on«a trouvé le streptocoque, à

Rien de bien caractéristique en soie à ce sujet et peut-être pourrait-on dire que cette évolution semble plus fréquente dans les cas où un état de moindre résistance a été déterminé soit par une infection aiguë géné

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