FORMES
On peut ainsi distinguer :
Une forme apicale, correspondant à des lésions de la pointe évoluant généralement vers le triangle apical et donnant secondairement des abcès de la région cervicale au voisinage du sterno-cléido-mastoïdien.
Une forme jugo-digastrique de Mouret, susceptible d'évoluer secondairement vers la région cervicale, comme dans la forme précédente, pouvant aussi fuser plus profondément en avant et en dedans vers le pharynx; dans cette forme, les complications intra-Cra= niennes sont beaucoup plus à redouter que dans la forme apicale.
Une forme postérieure correspondant à des lésions de la partie du bloc mastoïdien située en arrière de la crète vertico-mastoïdienne, pouvant évoluer vers la région cervicale ou plus profondément vers la région sous-occipitale. Ici, également, les complications endocraniennes sont souvent à craindre.
A la suite d’une suppuration tympanique, souvent peu marquée, correspondant à une infection de la trompe et de la partie basse de la caisse, l’affection
raie
présente généralement une période de début avec symptômes très peu accentués. Il semble que cette phase puisse correspondre à ce que M. le Profésseur Sebileau appelle la mastoïdite enfermée.
La région mastoïdienne est le siège d’un certain œdème d’une légère tuméfaction. Il faut rechercher avec grand soin ces modifications et on ne trouve alors qu’une légère différence en comparant les côtés opposés.
De même, la douleur à la pression est assez incons tante et son intensité n’est pas toujours en rapport avec l'importance, ni même avec l'existence des lésions osseuses.
Pourtant la localisation de la tuméfaction et de la douleur initiales, même minimes, peuvent être des signes d’une grande importance. Une sorte de douleur exquise qu’on retrouve régulièrement au niveau de l’antre, de la trainée cellulaire antro-apicale, au niveau de lapex ou sur le bord postérieur de la mastoïde, notamment au niveau de l’incisure mastoïdienne, possède une grande valeur et pourra même permettre de présumer au moins le siège des lésions.
Le malade présente alors fréquemment un torticolis au moins léger. Il est capable de mettre la tête dans la rectitude, mais, dans sa position de repos, il revient toujours à la même attitude, tournant légèrement la face du côté malade.
L'examen du conduit révèlera, le plus souvent, l'existence d’un écoulement. On connaît toute la valeur de la durée de cette suppuration, de l’abondance de la pression, de la fluidité du pus.
TO
La douleur spontanée est très variable. Ce sont parfois des douleurs à forme névralgique de localisations diverses ou bien une céphalée hémicranienne violente, tenace et persistante; fréquemment, elle n’est même ‘pas révélée par le malade.
Sans qu'il y ait d’insomnie complète, le sommeil est mauvais, entrecoupé de réveils qui s’accompagnent d'une véritable souffrance ou seulement d’une sensation de gêne ou de malaise.
La persistance de la fièvre, même avec une température peu élevée, aux environs de 37°5-38°, sera d’une grande importance et aura plus de signification qu’une brusque élévation de température suivie d'une chute aussi rapide, indice d’une réaction qui n’aboutit pas toujours à la mastoïdite.
Ces malades présentent un mauvais état gastro-intestinal, parfois si marqué qu’on a pu penser à une affection typhoïdique. En tout cas, ce sont des inappétents, des malades à l'appétit capricieux, qui désirent des mets variés et sont incapables de manger.
C’est à cette phase de mastoïdite enfermée qu'il faudrait établir le diagnostic au moins de l’existence des lésions osseuses. L'indication opératoire serait posée et l’intervention devrait permettre, le cas échéant, de préciser la variété et le siège des lésions s’il avait été impossible de le faire plus tôt. ?
Mais ces signes sont variables, souvent légers, « dissimulés quelquefois en outre par le malade apathique, lassé par une àffection traïînante, se rendant plus ou moins nettement compte qu’il marche vers une
intervention, dont il cherche consciemment ou non à écarter, à reculer toujours l'échéance ». (M. le Professeur Sebileau : Leçon clinique, 28 Janvier 1920 : les formes cliniques des mastoïdites aiquës).
Si on laisse évoluer la maladie, les cellules mastoïdiennes infectées suppurent pour leur propre compte, la corticale osseuse finit par être atteinte, elle va être perforée et un abcès se développera dans les régions voisines. On a alors ce que M. le Professeur Sebileau désigne sous le terme général de « mastoïdites sorties », réservant dans un même ordre d'idées le nom de « mastoïdites sinistrées » à toutes celles qui s’accompagnent d'accidents particulièrement graves et celui de « mastoïdites ouvertes » à celles dans lesquelles le pus s’est frayé un chemin à l'extérieur.
Le pus, hors de l'os, les signes s’accentuent suivant le point de départ de l’infection, suivant la marche de la collection, on aura différentes variétés de mastoïdites profondes, plus ou moins caractérisées.
Mastoïdite apicale.
Dans une prernière classe, on peut ranger les mastoï« dites de l’apex, de beaucoup les plus fréquentes, celles qu'a étudiées Bezold.
La perforation peut se produire, assez rarement, semble-t-1l, au niveau des insertions musculaires de la face externe ou de la‘ pointe. On peut observer de la myosite, puis un abcès intra-musculaire du sterno-
TR
cléido-mastoïdien. On aura alors une collection limitée, sans grande tendance à l’extension. Le feuillet interne de la gaîne est d’ailleurs assez peu résistant et même ces abcès, nés au niveau des insertions du muscle, peuvent fuser à sa face profonde. L'observation suivante, déjà ancienne, paraît tout à fait typique d’un cas d’abcès intra-musculaire.
. Obs. II. — (Broca et Lubet-Barbon : Les suppurations de l'apophyse mastoïde et leur traitement. Paris 1895, p. 44).
Abcès mastoïdien dans la gaîne du sterno-cléido-mastoidien. Trépanation. Guérison.
Jeune fille de 16 ans, qui, à la suite de la grippe eut un écoulement de l'oreille droite traité par des lavages. Au bout d'un mois, gonflement rétro-auriculaire, Vers le quarantième jour, on constate que le pavillon est porté en avant, qu'il siège, en arrière de lui, une tumeur peu volumineuse, mais
‘qu'on dit avoir diminué depuis deux ou trois jours, en même temps que les douleurs se sont calmées. Aujourd’hui, la véritable tumeur siège au-dessous de la pointe de l’apophyse, formant une masse allongée le long du sterno-mastoïdien. On ne trouve pas de fluctuation, mais une certaine rénitence dans toute cette région, La peau a conservé sa coloration normale, la tête est immobilisée par une sorte de torticolis. Tympan perforé. à
Opération le 14 Juin 1893. Grande incision descendant plus bas que la pointe et allant rejoindre le sillon rétro-auriculaire, tissus épais, légèrement infiltrés. Dans la gaine du muscle tout à fait en haut, pelite collection purulente, moins copieuse que ne l'aurait fait soupçonner le volume de la tumeur; on tombe en haut sur une perforation de la corticale, d'un demi-centimètre carré au moins, qui conduit dans les cellules pléines de pus, de granulations et de quelques débris osseux. Curettage, tamponnement de la cavité avec