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AISANCES DE MARCHE

Occupation. Il y a fort peu de temps encore, Toccupation était le mode réel d'acquisition des terres vaines par certains habitants, à Marche {^). Mais si ce titre peut paraître légitime à Téconomiste, il n*est certes pas légal, dans les conditions où il était invoqué. Aussi trouva-t-on moyen de consolider ex post, ces appropriations par des ventes régulières, tout au moins dans la forme.

Ces terrains, jadis communaux, sont situés sur un plateau calcaire, où le roc affleure partout; terrains de culture difficile et de lente mise en valeur. On laissait aux habitants le droit de déroder ces aisances — tel est le nom qu'il leurs donnent — et de conserver la perpétuelle jouissance du sol par eux livré à la culture. Les aisances entrent ainsi dans le patfimoine privé, où elles se transmettent par succession, vente, etc., suivant les modes du droit civil. On en paye les impôts ordinaires, la commune ne s'en préoccupant plus. Sur les terrains restés incultes, les habitants exercent le pâturage, tout le long de Tannée, et prennent les pierres qui leur servent aux constructions. Le bois est peu usité pour les bâtisses dans ces hautes régions.

Pour donner à la propriété des aisances une base plus solide, la commune a passé, avec les habitants qui étaient en possession de ces terrœ novœ, des contrats de vente à des prix infimes. Les acquéreurs consentaient à payer,

(1) Chef-lieu d'arrondissement du Luxembourg. Renseignements obtenus sur les lieux.

non qu'ils se crussent obligés d'acheter une chose dont ils Actes d'achat. se considéraient propriétaires, mais parce qu'ils jugeaient que le titre ainsi obtenu valait bien le prix qu'ils en donnaient.

Ces aliénations ont été autorisées par arrêté royal du 6 février 1861, et réalisées par actes authentiques en date des II avril 1861, 10 novembre 1862 et 14 mai 1864.

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