‹ Les matières fertilisantesChapitre 100 sur 116 · FABRICATION DES ENGRAIS · texte numérisé non relu

FABRICATION DES ENGRAIS

SECTION XIII

Fabrieaflem des engrais.

La fabrication des engrais commerciaux prend en France, chaque année, de plus grands développements. Chaque jour, en effet, on néglige de moins en moins d'utiliser dans les centres populeux les débris provenant du dépeçage des animaux et les résidus des usines dans lesquelles on traite des matières organiques animales.

J'ai indiqué page 417 comment on parvenait à pulvériser la chair mmculaire. Les détails dans lesquels je suis entré ont pour complément les procédés suivis par M. Pichelin, et qui ont été insérés page 642.

Page 425, j'ai fait connaître le procédé qu'il fallait suivre pour obtenir le sang pulvérulent. J'ajouterai qu'on peut remplacer le persulfate de fer liquide par l'acide sulfurique légèrement dilué. Sous l'action de cet acide', le sang se coagule promptement et abandonne son sérum. Les caillots abandonnés un mois ou deux après leur formation à l'action du soleil acquièrent beaucoup de dureté, solidité qui permet de les réduire facilement en poudre.

J'ai indiqué page 220 les moyens de réduire les os en poudre, et page 440 le procédé à suivre pour diviser les cornes, les sabots et les onglons.

En outre, j'ai rappelé page 433 comment on réduit en poudre les débris de poisson.

Enfin, page 342, j'ai décrit la conversion des matières fécales en poudrette.

On peut, sans fabriquer de la poudrette, utiliser les déjec-

tions humaines solides et liquides en les faisant absorber par de la terre, de la tourbe^ etc.

Les premières recherches faites dans le but d'absorber les eaux vannes des vidanges ou les urines, remonte au milieu du dix-huitième siècle. En 1762, Dambournay proposa d'employer la chaux vive, procédé accepté e» 1814 par Mme Vibert-Duboul, lorsque Bridet négligea d'utiliser les urines de la voirie de Montfaucon; en 1769, Tschifieli utilisa le plâtre; enfin, Engel en 1772 fit absorber les urines avec de la terre et des feuilles.

En 1820, Donat, adoptant le procédé proposé par Tschiffeli, livra à Tagriculture un engrais nouveau qu'il avait nommé urate. 100 kilog. d'urines humaines ou d'eaux vannes et 150 kilog. de plâtre produisaient 148 kilog. d'urate.

Cet engrais n'a pas été accepté par les agriculteurs parce qu'il manquait d'énergie fertilisante. Cet insuccès prouve une fois de plus la nécessité de chercher à produire des engrais contenant une très-forte proportion de matières organiques animales.

En 1831, M. Salmon prit un brevet pour exploiter le procédé qu'il avait découvert en 1826, et qui consistait à utiliser les matières fécales et toutes les substances putrides, au moyen de la terre carbonisée.

Cet industriel fabriquait le charbon désinfectant qui lui était nécessaire en calcinant dans des cylindres en fonte la vase provenant du dépôt des rivières ou des étangs. Le charbon ainsi préparé était ensuite soumis ensuite à une pulvérisation et à un blutage, puis mêlé par volume égal aux matières fécales.

Celles-ci, sous l'influence de l'action absorbante et désinfectante de ce charbon, ne développaient plus de mauvaise odeur.

Page 1