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EN6RA*IS TURREL

de chaux, 20 de nitrate de soude et de potasse et 7 d'ammoniaque. Il recommande de l'appliquer par hectare à la dose de 400 kilog. si les terres n'ont pas été fumées ou si elles ont été lavées par les pluies. Dans le cas contraire on n'en répand que 200 kilog.

La valeur vénale de ce guano est trop élevée.

On reprochera aussi à cet engrais, très-certainement, de ne pas contenir une plus forte proportion de matières organiques. La grande quantité de sels nitreux obligera a ajouter du tourteau ou à l'appliquer sur des terres riches en humus.

M. Turrel fabrique encore un tourteau guano qui contient sur 100 parties : matières organiques 77,5, sels alcalins 7, phosphate de chaux 7, azote 5,2. Cet engrais doit être appliqué à la dose de 1000 kilog. par hectare. Il est vendu 10 fr. les 100 kilog.

M. Turrel a tort de dire que ce tourteau est supérieur en tout au guano du Pérou.

646 ENGRAIS COMPOSAS.

SECTION IX

Engrais Rohart.

M. Rohart a eu l'heureuse pensée, il y a quelques années, d'utiliser comme engrais les résidus provenant de l'épuration des graisses. Ces détritus, après avoir été soumis à l'action d'une presse, étaient livrés à l'agriculture sous forme de pain, rappelant les tourteaux des graines oléagineuses. Ils contenaient alors sur 100 parties de 50 à 60 de matières organiques, de 4,S6 à 6,06 pour 100 d'azote et de 1,18 à 2,76 d'acide phpsphorique.

L'engrais que fabrique aujourd'hui M. Rohart contient toujours des détritus de la fonte des suifs, c'est-à-dire des corps gras, des petits fragments d'os, quelques poils, des cartilages, des tendons et des fragments de chair; mais ces matières y existent dans une plus faible proportion. On les a en partie remplacées par des os pulvérisés, des chiffons déchiquetés, du sang desséché et du fraisil. Ainsi, sur ces 200 icilog., on compte :

Matières animales , environ 151 kil.

Poudre d*os, -- 23 —

Chiffons effilés, — 6 —

Sang desséché, — 7 —

Fraisil, -- 13 —

Total 2ÔÔ"kil.

M. Barrai a constaté que l'engrais livré maintenant par M. Rohart contenait :

Matières organiques 49 ,80

— minérales 30 ,98

Kau 19,22

Tolal 100,00

ENGRAIS ROHART. 647

L'azote y existe dans la proportion de 3,65 et le phosphate tribasique de 8,70 pour 100. . -

Si remploi du fraisil est justifié par l'odeur très-nauséabonde développée par les détritus de la fonte des suifs, rien n'indique la nécessité de leur ^goûter environ 3 pour 100 de chiffons de laine effilés.

M. Rohart fait observer que son engrais, qu'il appelle aujourd'hui matières animales brutes ^ doit être appliqué à la dose minimum de 1000 kilog. par hectare, si l'on veut remplacer une fumure complète en fumier de ferme.

On doit bien le diviser avant son emploi. Il agit avec lenteur.

Cet engrais pèse environ 42 kilog. l'hectolitre.

Il est vendu, pris à l'usine, 5 fr. 50 les 100 kilog. Ce prix n'est pas élevé, mais il est en rapport avec les 33 pour 100 d'eau et de matières minérales que contient l'engrais. Les 20 pour 100 d'humidité élèvent considérablement les frais de transport et augmentent son prix de vente.

Je désire, dans l'intérêt de l'agriculture, que M. Rohart puisse continuer de livrer ses matières animales brutes au prix de 5 fr. 50 les 100 kilog.

SECTION X

Kootaie et «Migrais 4e PMi*Br«M.

En 1848, M. Demolon livrait à l'agriculture de TOuest, sous le nom de zoofime, un engrais particulier pour lequel il prit des brevets le 15 février 1848 et le 20 juillet 1850.

Cet engrais fut d'abord fabriqué avec 3 hectol. de chair musculaire sèche, 3 hectol. de noir de raffinerie et 4 hectol. de merl ou madrépores pulvérisés. Lorsque ces parties avaient été mélangées, on les arrosait avec une faible solution de sulfate de fer. Plus tard, on prépara cet engrais en mélangeant 100 kilog. de noir de raffinerie, 200 kilog. de madrépores et 100 kilog. de poisson cuit et sec ou 200 kilog. de tétés de sardines, ou 56 kilog. de chair musculaire. Quand le mélange avait eu lieu, on l'arrosait avec 1 hectol. de bouillon gélatineux provenant de la cuisson des poissons auxquels on avait sgouté de 10 à 20 pour 100 de sel marin.

Le zoofime était poudreux et noirâtre ; il exhalait une odeur infecte et contenait 2,67 pour 100 d'azote.

On l'appliquait à la dose de 5.à 6 hectol. par hectare.

Cet engrais produisait des effets très-satisfaisants, parce qu'il contenait tous les éléments qu'exigent les céréales et les légumineuses pour végéter avec vigueur.

Vengrais de Pen-Bron a une grande analogie avec le zoo* fime. On le vend 14 fr. les 100 kilog. Il contient 2,99 pour 100 d'azote et renferme, suivant MM. Barrai et Mangon, de 29,95 à 40,14 pour 100 d'eau. Cet excès d'humidité ne permet pas de le recommander comme un engrais économique.

GUANOS ARTinCIELS DIVERS. 649

SECTION XL CaaMos artlllelels divers.

Guano Millaud. — L'engrais vendu sous le nom de guano Millaud est azoté et phosphaté. D'après MM. Barrai et Chevallier, il contient sur 100 parties de 20 à 27 d'eau^ de 11,48 à 12 de phosphate de chaux, de 6,38 à 6,60 d'azote.

Il est vendu à Paris en sacs plombés de 32 fr. les 100 kilog.

Cet engrais contient évidemment trop d'eau. Son prix est aussi trop élevé.

GtJtano Mongin. — Le guano Mongin, suivant M. Malagutti, contient sur 100 parties : eau 20, phosphate de chaux 18,47, azote 4,80.

Il pèse 50 kilog. l'hectolitre et est vendu, pris à Nantes, I6fr. les 100 kilog.

Guano humifère.—Le guano humifère,que son inventeur, M. Gautier, se platt à regarder comme aussi puissant que le guano du Pérou, a pour base une tourbe carbonisée, animalisée et minéralisée. On le vend 24 fr. les 100 kilog. ; il contient 5 pour 100 d'azote et 10 pour 100 de phosphate. Il pèse 50 kilog. l'hectolitre. Cet engrais est loin d'être aussi actif que le guano du Pérou et aussi complet que le fumier de ferme.

M. Gautier aurait pu appeler l'engrais qu'il fabrique noir animalisé^ car sa composition rappelle assez exactement l'engrais fabriqué il y a trente ans par M. Salmon (voir p. 655).

Guano érAubervilliers, — Le guano d'Aubervilliers provient de l'abattoir municipal de Paris. Il est fabriqué avec des chairs, du sang, des issues d'animaux, des résidus de

pêcheries et des phosphates alcalins. Les chairs sont cuites dans une chaudière autoclave et ensuite divisées, séchées sur des claies dans une étuve et réduites en poudre.

Ce guano est vendu 30 fr. les 100 kilog. Il contient de 10 à 15 pour 100 de phosphate de chaux et 9 à 10 pour 100 d'azote. M. Rrafift garantit ces proportions. On applique cet engrais à la dose de 400 kilog. par hectare.

Cet engrais a toujours produit des effets remarquables sur les terres où il a été appliqué.

Guano phosphaté, — On livre à l'agriculture, en Angleterre, un engrais que Ton appelle guano du Pérou phosphaté. Ce guano contient en moyenne sur 100 parties 33 pour 100 de phosphate de chaux. On a constaté que ce guano avait une action plus marquée sur les céréales et les crucifères que le guano du Pérou.

Le guano superphosphaté livré à Marseille par M. Turrel est loin d'avoir la valeur fertilisante du guano phosphaté fabriqué en Angleterre.

Guano de la Minière. — Cet engrais est préparé par M, Béglin, à la Minière, près Versailles. Il contient du sang sec pulvérulent, du phosphate de chaux en poudre et des sels de potasse. Je signale cet engrais à l'attention des agriculteurs. Son prix est de 20 fr. les 100 kilog.

Guano Leroux. — U. Leroux fabrique à Nantes un guano artificiel qui contient 4, 10 et 12 pour 100 d'azote et 0 ou 20 ou 50 pour 100 de phosphate. Cet engrais est vendu 23 fr. 50 à 26 fr. 50 les 100 kilog. Il est fabriqué avec des os, des cornes, des chiffons et autres matières animales tor^ rèfiêes. Ce mode de fabrication ne mérite pas d'être recommandé.

SUBSTANCES DÉSINFECTANTES, 651

SECTION XII

SabtCftMees désIafeetuiCes;

On a proposé depuis un demi-siècle un très-grand nombre de substances pour désinfecter les matières qui entrent dans la composition des engrais.

Ainsi, on a vanté successivement les vertus désinfectantes des composés suivants :

Tourbe carbonisée, suie, plâtre, chaux en poudre, tan, goudron, sulfates de fer et de zinc, oxyde de fer hydraté, poussier de charbon, chlorure de chaux, etc., etc.

Je passe sous silence Veau antiméphitiqite , le réactif Moll, etc.

La tourbe carbonisée et la poussière de cliarbon désinfectent bien les matières fécales et les débris d'animaux , mais ils doivent être employés dans une forte proportion. Il résulte de là qu'ils ne conviennent pas à un fabricant, parce qu'ils augmentent sans utilité le volume des engrais.

Les agriculteurs anglais ont su mettre à profit depuis longtemps le pouvoir absorbant du charbon de tourbe. De temps en temps, ils font jete'r dans les latrines des manufactures de la tourbe carbonisée en poudre. L'absorption des liquides et la désinfection des solides ont lieu immédiatemant. Alors, les déjections ne fermentent plus, et elles ne développent pas d'odeur nauséabonde ou infecte lorsqu'on les extrait des fosses.

Le chlorure de chaux a des inconvénients : d'abord, en se décomposant il produit du chlore dont l'odeur est suffocante ; en second lieu, il décompose en pure perte les gaz ammoniacaux.

Le iulfaudefer ne vaut pas le sulfate de zinc, parce que, contenant un excès d'acide, il donne lieu à un dégagement d'acide sulihydrique et d'acide carbonique» deux gaz délétères qui proviennent de la décomposition du sulfliydrate du carbonate d'ammoniaque.

Le sulfate de zinc n'a pas d'inconvénient. Lorsqu'il est en contact avec des déjections, il se décompose et son acide sul- Airique se combine avec Tammoniaque pour former du sulfate d'ammoniaque, sel inodore et non volatil.

Le plàtrej jeté dans les vidanges, donne lieu à une vive effervescence et à un dégagement de gaz fétides et irritants. Si on le mêle au coaltar en poudre, il forme un mélange très-désinfectant.

La poudre^come se compose de plâtre et de coaltar pulvérulent.

La poudre Cabanes est formée de 95 parties de terre et de 5 parties de coaltar.

On emploie ces deux poudres dans la proportion de 25 kilog. pour 100 litres de vidanges.

Vacide sulfurique permet de désinfecter le sang trèspromptement. Le sang sec que prépare M. Béglin, à la Minière, près Versailles, est désinfecté et solidifié à Taide de cet acide.

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