‹ Les matières fertilisantesChapitre 22 sur 116 · CHLORURE DE SODIUM · texte numérisé non relu

CHLORURE DE SODIUM

Le sel ne sera propre ni pour la terre ni pour le fumier! Les faits que Ton a observés depuis cette époque in*ont prouvé que j'avais eu raison de me prononcer ouvertement contre les espérances que les chambres législatives avaient conçues de la réduction de Timpôt.

Que serait-il advenu si Timpôt du sel avait été supprimé ? L'engouement qui existait alors aurait engagé tous les cultivateurs à couvrir de sel les terres qu'ils exploitaient. Cette application faite sans aucune donnée pratique aurait été suivie de grandes déceptions, parce que la plupart des terrains auraient été stérilisés comme les terres de Sichem, sur lesquelles Abimelech sema du sel!

Si le sel pouvait être appliqué à une dose très-forte, s*il était possible de dépasser 200 kilog. et d*en répandre jusqu'à 18 hectolitres par hectare, quantité appliquée en 1791, en Angleterre par Sickler, ma palette serait moins sombre en couleur, et je serais moins réservé à l'égard de l'emploi de cette substance. Mais je me dois à moi-même d'engager les agriculteurs à expérimenter avant d'appliquer une forte quantité de sel, et de rappeler qu'il existe une bien grande différence entre 125 et 175 kilog., doses qui paraissent jusqu'à ce jour les plus favorables, et 12 et 18 hectolitres. De nombreuses observations m'ont permis de constater qu'une dose trop forte avait souvent pour conséquence de diminuer et de suspendre même l'action vitale des plantes, et que les végétaux croissent très -difficilement quand le chlorure de sodium excède 1 à 2 pour 100 de la couche arable.

La solution de l'emploi du sel comme engrais réside donc dans la quantité à employer par hectare. Cette solution présente de très-grandes difficultés : non-seulement le climat, la fertilité de la terre, les végétaux cultivés, doivent jou^r

un rôle important dans l'explication de ce problème, mais la nature et la configuration du sol et sa position géographique, influencent d'une manière remarquable dans la solution de la question.

Il est probable, ainsi que l'observe W. Johnston, que c'est dans les positions abritées, à l'intérieur des terres et sur les hauteurs souvent lavées par les pluies, que l'action du sel marin doit se faire le mieux apprécier. Dans beaucoup de localités où les vents de mer prédominent, les gouttelettes d'eau salée, entraînées par les vents à de grandes distances, suffiront toujours pour fournir au sol chaque année une abondante provision de chlorure de sodium.

Cette courte relation me permet de conclure les principes suivants :

1" Le sel marin appliqué à petise dose n'exerce pas d'action nuisible sur les plantes.

2® Lorsque la proportion dans laquelle il existe dans un sol dépasse 2 pour 100, il agit défavorablement sur toutes les plantes autres que celles qui végètent habituellement sur les terrains salés.

3® Il ne sera utile de l'expérimenter que dans les sols qui n'en contiennent presque pas.

4« Les terres de la région maritime en renferment toujours suffisamment.

5« Cette substance sera plus utile aux plantes dans les sols et les climats humides que sur les terres situées dans les contrées sèches.

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