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Livre IX. — Fabrication des engrais artificiels

Loin de moi la pensée d'avoir écrit un ouvrage complet sur les engrais et étudié ces agents de la végétation au point de vue chtEÛque. Le seul but que je me suis proposé a été de faire connaître à l'agriculteur Vemploi pratique et raisonné des

matières fertilisantes en le tenant au courant des progrès faits par les sciences. L'accueil que les agriculteurs ont fait aux éditions précédentes me permet d'esj érer que cette réimpression recevra aussi leur approbation.

Je poursuis la publication de mon Cours d'agriculture pratique. Le volume qu'on imprime en ce moment a pour titre : la Pratique de l'agriculture^ livre spécial dans lequel j'ai dépeiiît le propriélaire-agriculteur et le fermier au milieu de mille obstacles divers.

Cet ouvrage précédera Tappariiion du volume intitulé : les Plantes alimentaires. } *ai dit dans l'avertissement du tome VIII, intitulé : les Aasulemenls et les systèmes de culture, qui a i>aru en 1861, que cet ouvrage serait accompagné d'un magnifique* atlas, gravé sur acier, représentant les céréales dEurope,

En 1858, après avoir publié Us Plantes fouiragères et les Plantes industrielles^ je me demandais .^i j'aurais le boiiheur de réussir dans l'entreprise difficile que j'ai osé aborder. Aujourd'hui, encouragé par les témoignages approbateurs qu'ont daigné me donner des hommes pleins de bienveillance, des esprits éclairés, je conserve l'espoir de mener à bonne lîn cette grande œuvre pour laquelle je n'ai cej^sé de travailler depuis vingt années.

Versailles, le 10' décembre 1861.

Tous les êtres qui peuplent la surface du globe ont été répartis en deux grandes classes : la première comprend les corps inertes , la seconde embrasse les corps vivants.

Les corps inertes ou corps brvts^ quoique privés des fonctions communes à tous les corps vivants, éprouvent néanmoins des modifications de forme et de volume; ils diffèrent entre eux par leur structure, par la force d'affinité respective qui unit leurs parties constituantes, parleur coloration et la cause à laquelle ils doivent leur origine, el ils peuvent être divisés, subdivisés à Tinfini sans changer de nature. Ces êtres bruts ne portent aucun trait d'organisation, ils ne peuvent se reproduire d'eux-mêmes, étant le produit de- combinaisons spontanées de la matière ; et, une fois formés, ils persistent et ne cessent d'exisler que lorsqu'une force extérieure différente de celle quijes a produits vient les détruire.

L'accroissement des corps vivants ou corps inorganiques a lieu d'une manière particulière. Sous l'action de deux forces sans cesse agissantes et productrices, Yattraction moléculaire et la chaleur, les atomes de matière se rapprochent, se réunissent, se combinent, se groupent et s'étendent autour d'autres parties corpusculaires homogènes déjà agglomérées, conso-

lidées ou agrégées, et augmentent ainsi çàv juxtaposition le volume, la masse, les -dimensions de chaque minéral.

L'origine des minéraux^ dont la durée n'a pas de limites déterminées, qui s'accroissent extérieurement et persistent, jusqu'à ce qu'une cause extérieure, accidentelle détruise la force de cohésion qui tient réunies leurs molécules constituantes, a donc pour cause : l^'la force attractive qui réunit les particules atomiques de la matière; 2*» les corpuscules insécables de la nature; 3» la chaleur qui tend continuellement à sépai^er, à désunir ce que cette force permanente et vivifiante a rapproché et uni lors de la propension sympathique des atomes, lors de la consolidation de ces corpuscules, soit que les molécules élémentaires composantes fussent similaires, soit qu'elles fussent hétérogènes.

L'intervalle qui existe entre les corps bruts et les tires ■organisés est immense. Les corps vivants ont un caractère d'individualité qui les sépare des autres corps quels qu'ils soient; ils éprouvent des modifications graduelles, mais constantes, des changements successifs, mais déterminés; ils sont composés de fibres, de lames minces disposées de manière à circonscrire des intervalles, des cavités; ils se nourrissent et se reproduisent d'eux-mêmes ; et il existe en eux un mouvement, un tourbillon plus ou moins compliqué, plus ou'moins rapide, auquel on a donné le nom de vie. Cette essence commune à tous les individus organisés, ce phénomène inexplicable et régi par des lois inconnues, ne cesse d'agir durant toute l'existence de l'être. Lorsque ce mouvement cesse de se manifester, quand cette force inhérente à l'organisme n'agit plus, la vie s'éteint, et 1^ résultat de cette cessation de mouvement, de cette intermission d'action et de fonction est la mort. Alors la structure du corps se modifie, le volume s'jiltère, la matière organique change de forme; les éléments qui la composaent se séparent, se désunissent, se décomposent, se dissolvent; et il arrive bientôt un moment où l'être organisé a perdu entièrement tous les caractères

INTROM'CTION. 7

d'individualité qui le df^lerminaient et le s(^paraient, quand il jouissait de la vie, delà matière morte.

Les corps organiques sont formés de parties solides et de parties liquides ; ^ les premières déterminent leur forme, leur volume, leur ensemble; les secondes pénètrent toute leur substance et s'interposent entre les molécules des solides. Les mouvements des fluides qui ont pour cause le principe vital et les contractions des solides, facilitent la pénétration à l'intérieur de la masse de molécules nutritives dont la destination est d'entretenir la vie, de concourir à Taccroissement des parties vivantes auxquelles la nature a assigné des limite ', de remplacer les molécules superflues à la vie et expulsées au dehors du corps par suite du renouvellement de particules inhérent h l'existence du monde organique. C'est cette nutrition par wtussusception, de laquelle dépend l'assimilation, la fixation des molécules vivantes, qui caractérise essentiellement les corps vivants considérés collectivement, et qui nous rappelle saps cesse que les êtres organisés sont doués de la f tcullé de se nourrii*.

La durée des corps organisés n'est pas indéterminée comme celle des minéraux; elle est limitée à la constitution des irdividus, elle est déterminée pour chaque espèce. La nature devait donc permettre aux corps vivants de se reproduirez pour que de nouveaux individus succèdent à ceu5( chez lesquels le mouvement vital s'est arrêté, pour que les espèces persistent sur la terre et qu'elles pui>sent être regardées comme étemelles. Cette reproduction, à laquelle on a donné le nom de génération, est la plus mystérieuse fonction de l'existence organique, mais elle est inhérente à tout ce qu| vit, et elle distingue aussi le règne végétal et le règne animal du monde inorganique.

Quoique tous les corps organisés présentent des analogie s de structure, d'organisation, de nutrition et de reproduction, quoiqu'ils aient tou« besoin pour exister de l'influence de l'air et d'une certaine température, il faut distinguer cepen-

8 TNrBODUCriON.

(lant, parmi ces êtres, les végétaux et les animaux, qoi s'éloignent les uns des autres par des caractères d'individualité très-distinctifs.

Les végétaux sont privés de la faculté de changer de place; ils sont réduits à recevoir les aliments que la terre à laquelle ils sont attachés peut leur fournir; ils ne peuvent produire de l'acide carbonique sous l'action delà lumière; ils ne possèdent pas la faculté de sentir et de respirer; ils n'ont pas la conscience de leur existence, le sentiment de leur force ou de leur faiblesse ; enfin, ils ne sont pas susceptibles de sentir le plaisir ou la douleur.

Vaninial jouil de toutes ces facultés. Il se déplace à volonté et spontanément; il choisit sa nourriture et la saisit; il respire et digère; il est jensible et irritable; il voit, il sent, il entend; il connaît sa force ou sa faiblesse; il éprouve des sensations; il apprécie le danger, manifeste, la joie qu'il éprouve, la douleur qu'il endure; enfin, il (raint, il attend, il espère!

De 15, cette ligne séparative qui existe entre les corps organisés : les corps inanimés, qui sont les végétaux ; les corps animés, que représentent les animaux.

Lorsque l'homme dirige son regard vers la surface de la terre, lorsqu'il contemple ces multitudes d'êtres qui y sont répandus avec profusion, quand il réfléchit aux traits de composition et d'organisation qui les caractérisent, les séparent ou les rapprochent les uns des autres, il se sent ému d'admiration, et il ne peut s'empêcher de s'incliner devant la puissance et le gt^nie de Dieu 1 Le spectacle qui se présente alors à sa vue est un tableau éternel dont la variation infinie lui représente la nature toujours active, sans cesse vivifiante, à jamais admirable dans sa simplicité ou son état complexe.

Les lois qui régissent les phénomènes de la nature, les changements qui se produisent chaque jour sur la terre et dans l'atmosphère, ont fait naître chez l'homme l'espérance

de connaître un jour la vie des ( orps or^anis('s dans tous ses détails. La lutte qui s'est établie entre la nature et les sciences date de plusieurs siècles 1 Mais chaque génération a gravé sur l'airain le résultat de son labeur, les découvertes qu*elle a faites et (fui Tenorgueillissent ; et tous ces travaux, images réelles de la vie des intelligences, toutes ces conceptions aussi grandes, aussi larges que Turiposanle grandeur de la création, ont agrandi le cercle des connaissances scientifiques. Ces belles conquêtes, ces grandes découvertes qui témoignent en faveur de la puissance de Tintelligence, ont poussé les esprits, dévoués par goût et par un attrait de nature, à sonder, à pénétrer plus loin les mystères-qui enveloppent encore certains faits qui se produisent sur la terre, et que la nature olfre chaque jour à notre regard, à notre pensée, à notre génie investigateur!

Pendant Tépoque à laquelle on regardait l'agriculture comme un métier se perpétuant de génération en génération par la tradition, on se préoccupa peu du perfectionnement qu'elle pouvait subir, et de ses rapports avec les sciences. Pour la plupart des hommes qui étudiaient les problèmes qui se rattachent aux causes des phénomènes naturels, pour ceux qui s'étaient voués à l'élude des corps inorganiques et de la matière vivante, la culture de la terre était un art qui ne demandait que des forces physiques et de l'habitude, et pour eux ce travail était indigne d'occuper un esprit méditatif et observateur. I^ temps a fait justice de cette erreur. La diffusion des lumières, le perfectionnement de l'intelligence, en imprimant un plus grand essor à la pensée, en modifiant cette longue vénération des générations pour les procédés pratiques agricoles, ont reculé les limites qui circonscrivaient le regard 4es savants, et l'impulsion qu'ont reçue les sciences physiques et naturelles a largement contribué à accroître les conquêtes de l'esprit humain. Cette nouvelle victoire était une conséquence des travaux des hommes qui voulaient connaître les phénomènes physiques de la vie, et elle fut le pre-

mier jalon qui indiqua la voie vers laquelle devaient tendre les éludes scientifiques; aussi éclaira-t-elle les idées de ceux qui croyaient connaître tous les mystères de la création, qui pensaient que tous les faits naturels avaient été moissonnés par les générations antérieures! Alors commença cette ère nouvelle pendant laquelle Tagriculturo, les aris et Tinduslrie devaient hâter leurs progrès 1

Il ne faut pas l'oublier, Tagriculture a produit dans sa marche progressive deux époques caractéristiques : celle de sa renaissance sous Henri IV, celle de son amélioration pratique sous Louis XV. Ces deux époques, qui dominent les choses du passé, doivent être regardées comme un signe avantcoureur de rimpulsion scientifique qui lui est imprimée depuis près d'un demi-siècle, et qui est évidemment Tune de ses phases les plus remarquables. Ce perfectionnement scientifique aura un jour les conséquences les plus heureuses.

C'est inutilement qu'on voudrait caractériser à grands traits ces trois grandes phases. La distinction qui les sépare est gravée dans les esprits. Il ne s'agit plus seulement de pratiquer Tagricullure, il faut expliquer les principes qui président à ses progrès actuels et à sa destinée future. Notre siècle a vivement compris cette lâche. Ainsi l'agriculieur progressif ne se borne plus à connaître silencieusement les opérations manuelles de nos pères, il ne se résigne plus à subir les conséquences des faits et des événements agricoles constatés par les générations précédentes. Considérant les sciences comme le fil d'or qui guide la pensée, il suit pas à pas leurs progès, il cherche à s'identifier avec les faits que les esprits méditatifs constatent chaque jour.

La direction que le cultivateur moderne impriti e à sa j>ensée le détache des laboureurs qui doutent encore des nouvelles destinées de l'agriculture ; elle lui permet de distinguer la fausse direction suivie par ceux qui sont encore embarrassés dans leurs préjugés, qui persistent à nier l'utilité de la théorie raisonnée ou qui se font les défenseurs des idées

préconçues qui entravent avec tant de force encore la marche progressive des idées nouvelles; enûn elle lui permet d'entrevoir une perspective morale et matérielle plus heureuse.

Au commencement de ce siècle, la géilo^'ie a fourni au cultivateur les renseignements nécessaires pour déterminer la nature des terrains et les matières minérales qu'il peut employer à la fertilisation de ses champs; la botanique lui a indiqué l'organisation, les caractères et les diverses phases d'existence des végétaux; mais ces conna-ssances n'ont pas suffi à l'activité incessante de ses facultés inteilecluelles, elles étaient incomplètes. Il a reconnu qu'il devait demander à la chimie l'explication des métamorphoses que subissent les corps minéraux et organiques, la sirocture des végétaux qu'il cultive et la composition intime des substances qu'il emploie pour accroître leur développement.

La chimie agricole est une science moderne ; mais elle est appelée à avoir un jour l'action la plus directe sur la prospérité de l'agriculture. Déjà, elle a permis aux praticiens de vaincre quelques-unes des difficultés que présente la carrière agricole, si féconde en succès et en revers.

L'agriculture actuelle sait de quelle manière les Grecs et les Romains fécondaient les champs qu'ils cultivaient. Les ouvrages de Magnon , Dionysius , Cassius d'Utique , Gaton , Varron, Columelle, Virgile, Pline et Palladius lui ont révélé une foule de faits (jui ont été confirmés depuis par l'expérience et l'observation. Ces traités, le Livrr de l'agricuUurc, d'Abu-Zacharia-Jahia-Aben-Mahomed-Ben- Ahmed-Eben-el - Awam, qui vivait au douzième siècle à Séville, et le Traite d'économie rurale^ publié à la tin du quatorzième siècle par Pétri de Crescentiis, de Bologne, furent les seuls ouvrages que possédèrent les cultivateurs jusqu'à la fin du quinzit^me siècle.-

Le developpeme.it que reçut l'intelligence pendant le siècle suivant engagea Olivier de Serres à rédiger son Théâtre d'agricxdlure et mesnage des champs, et Bernard de Palissy, le

créateur de la {:('!olo|^ie, à publier ses Eludes sur remploi de la marne. Ces livres eurent pour ceinplément la Maison rustique de Ch. Etienne et J. Liébault, ouvrage qui, grâce à son titre, eut, comme la Maison champêtre de Robert Fouet, publiée en ] 607, un grand succès non mérité.

C'était au siècle qui vient de s'écouler qu'était réservée la tâche de démontrer aux agriculteurs combien les études sur la préparation et l'emploi des erigrais laissait à désirer. Duhamel, Parmentier etRozier ont prouvé que le temps était arrivé où Tétude des engrais devait être plus scientifique. C'est cette constatation qui a poussé Davy à étudier l'action de l'ammoniaque sur les végétaux, et conduit Rose à conclure, bien à tort, des expériences de Priestley, d'Ingenhousz, de Sennebier et de Saussure, que l'acide carbonique est le seul aliment des plantes.

Il y a vingt ans on divisait encore les engrais en deux classes :

1° Les stimulants;

2** Les engrais proprement dits.

Les premiers, que Ton désignait' souvent sous le nom d'am( 11 déments, de modifiants ou d'excitants, comprenaient des substances appartenant au règne inorganique. Les engrais élaient fournis seulement par le règne organique.

On croyait alors que les stimulants agissaient uniquement sur les débris végétaux et animaux. Ainsi, on chaulait, on marnait les terres, non pour fournir aux plantes du calcaire, mais pour rendre plus prompte, plus complète la décomposition des matières végétales et animales.

La science a prouvé depuis cette époque que toutes les matières qui apportent à une terre un des éléments qui composent les végétaux, appartient à la classe des engrais. Les matières fertilisantes sont donc les véritables aliments des plantes ligneuses ou herbacées.

Ces aliments sont tantôt simples y tantôt complexes, suivant

LNTRODUCTION. 13

qu'ils fournissent aux végétaux : 1" de Tazote el de la soude ; de la chaux et de Tacide sùlfurigue; 2* de Tazote, du phosphore, du fer et de la chaux ; de ranimoniaque, de la soude, de la potasse, du soufre et de la chaux.

C'était à M. Payen qu'il appartenait de démontrer que les opinions émises par Pabroni, Kirvan, Maurice, P. Ré, Thouin, Thaër, etc., sur Faction des engrais, étaient plus ingénieuses que scientifiques. Les études publiées, il y a quarante ans, par ce savant chimiste confirmèrent les théories scientifiques de Davy et Ghaptal sur les sels ammoniacaux, sur Tazole, sur le phosphate de chaux, etc.; de Hermstaedt sur l'action des engrais les plus azotés; et elles prouvèrent l'utilité générale des matières azotées dans la reproduction des végétaux et surtout de leurs graines. La théorie émise par M. Payen, confirmée par les belles recherches de Gay-Lussac et les remarquables travaux de M. Berthier sur le rôle du phosphore dans la végétation, jeta de vives lumières sur l'action fertilisante des matières minérales et organiques, et elle conduisit M. Dumas a étudier l'action de l'eau, de l'air, du carbone, de l'hydrogène, de l'oxygène, de l'azote, etc., sur le développement des plantes. Les faits observés par ce savant illustre furent coordonnés avec tant de clarté, tant d'harmonie dans sa Statique chimique des êtres organisés y qu'ils révolutionnèrent les esprits qui considéraient encore comme vraies les théories adoptées par Rozier, Bosc, etc.

M. Liebig, auquel on doit les premières recherches sur l'action de l'acide carbonique sur la solubilité du phosphate de chaux, a rejelé loin de lui les conclusions que MM. Payen, Dumas et Boussingault ont tirées de leurs travaux. Il attribue l'influence des engrais à Tunique action de l'ammoniaque alliée à des sels minéraux. Cette opinion Ta engagé à répéter ce que Haies avait dit en 1727, que les cendres peuvent être substituées aux excréments dés animaux, parce que, bien choisies, elles pern)(itteut de rendre à la terre tous les principes constituants qui lui ont été enlevés par les plantes; c'est

elle aussi qui Ta conduit à proposer l'emploi d'engrais dont la composition esl basée sur l'analyse des végétaux cultivés. L'expérience a prouvé que M. Liebig n'avait pas formulé la véritable théorie de la nutrition des plantes.

Quoi qu'il en soit, les admirables travaux de M. Chevreul sur les corps gras, les intéressantes observations de M. Malagutti sur le noir animal, les études de PuVSs sur l'emploi des engrais minéraux , les analyses faites par MM. Dumas, Payen et Boussingault, d^ toutes les substances qu'on peut faire servir à la fertilisation des terres, les utiles recherches de M. Barrai et de M. J. Pierre sur l'ammoniaque contenue dans les eaux pluvia'es, les remarquables et célèbres expériences de M. Boussingault sur le rôle du calcaire, dès sels alcalins et de l'azote dans la nutrition des végétaux, les belles études de M. Élie de Beaumont et de M. Deherain sur le phosphate de chaux ouvrent un nouvel horizon aux méditations des esprits agricoles.

Ces études et les conséquences qu'on en a déduites ont conduit M. Clievreul à dire qu'il n'y avait pas d'engrais absolu, mais bien des engrais relatifs ou complémentaires de la richesse de la couche arable. La loi de l'emploi des matières fertilisantes fornmlée par ce savant illustre est admise aujourd'hui par les hommes les plus versés dans l'étude des sciences, et elle a fait naître une sorte de révolution dans l'emploi et la fabrication des engrais, changement qu'il faut considérer comme le prélude du perfectionnement progressif et prochain auquel l'agriculture doit parvenir dans l'intérêt de l'humanité et la gloire de la France I

CLASSIFICATION DES ENGKAIS

basée sur leurs propriétés £t les piunclpaux éléments qu'ils fournissent aux végétaux.

i" Bbc"^I* •■tm^nlaeavx émmt la diécaHi|poiiUUM Mit rai^Me.

Sels ammoniacaux. KxcrémeoU humains.

Guano du Pérou. Eaux vannes.

Chair. Excréments de moutons.

Sang. ciolombine.

Urine putréfiée. Poudrette.

Engrais flamand. Fumier décomposé.

2" Kaf^als aaalés dani la tféeaaiiHMiItlaB e«l a— e« praiptg.

ChifTous de laine réduiis en poudre. Guano Derrien.

Râpures de cornes. Urines fraîches.

Poils et crin«. Rognures de peau.

Colle foite. Fumier à demi composé.

Superphosphate de uhuux. Tourteaux.

Poudre d*os. Drèche.

3" Sacral* aaatés ilaal la dlécaai^Bltlan enl'leaic.

Fumier long et très-pailleux. Os concassés.

Chiffons de laine. Cornes divisées.

4' BacralB eaaieaaat die i'aeldie allrl^ae.

Ni Ira te de potasse. Nitrate de soude.

Plâtras.

A* Kasrai» rielieii ra phmmphakâ^ el ca acidia i^liasiM^arl^aa.

Os concassés. Guano d'Afrique.

Poudre d'os. Tourteaux.

Noir aaimal. Golombine.

Phosphate de chaux natif. Poudre de poisson.

Guano du Pérou. x Guano des îles Backer.

Superphosphate de chaux. Fiente de volaille.

16 CLASSIFICATION DtS E^GRA1S.

•" Eiici*Aia rtchr» ra iiotanne.

Sulfate de potasse Nitrate de potasse.

Cendres perlées.

Cendres de bois.

— de tourbe.

Urine.

7» Kn^ralM

Fiches en voiitie.

Sulfate de soude.

Nitrate de soude.

Cendres de varech.

Rebuts des ftibriques de soude

8" Ka^ralB rlchea rn aeide earboBl^ue.

Terreau.

Fumiers d'écurie, étable, etc.

Goémons.

Végétaux enfouis à l'état vert.

Tourbe.

Sciure de bois.

Paille. .

Feuilles d'arbres.

•" KM#ralti

riche» en chaux.

Os.

Chaux.

Marne.

Craie.

Falun.

Coquillages.

Tangue.

Plâtre.

Plâtras.

Merl.

EBSralB rIrheM en acide BuiruriiiHe.

Plaire.

Sulfate de fer.

Cendres pyriteuses.

Sulfate de soude.

LES

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