PLANTES NUISIBLES
SECTION III
■Islbles mmiL terres arables.
Les plantes que Ton arrache pendant les sarclages que Ton donne aux plantes, racines, aux plantes commerciales, etc., celles que produisent les jachères, fournissent aussi, quand elles ont été enfouies à Tétat vert, des éléments favorables à la végétation. II est vrai que l'accroissement de fécondité qu'elles font naître n'est pas considérable. Mais si Ton réfléchit qu'en les enfouissant on prévient leur multiplication, on débarrasse le sol de végétaux qui ne pouvaient que diminuer sa fécondité dans le cas où ils seraient parvenus à toute leur croissance, on comprendra aisément combien il est avantageux, sous tous les rapports, de permettre aux semences des plantes indigènes et nuisibles de germer. Lorsque les labours , les hersages, sont exécutés en temps opportun, ils servent h la fois à ameublir et à aérer le sol, à enterrer les mauvaises herbes, et à accroître ainsi la fécondité de la terre.
Lorsque les herbes enlevées au sol par les sarclages sont près de mûrir leurs semences, on doit éviter de les laisser sur les terres qui les ont produites, ou de les porter pour les enfouir sur des terres jachérées. Ces plantes doivent être déposées dans des endroits spéciaux pour y être brûlées. En agissant ainsi, on prévient leur propagation. On ne peut les laisser sur place ou les transporter sur les champs labourés, dans le but de les enfouir comme engrais vert que lorsque leurs fleurs ne sont pas complètement épanouies.
SECTION IV
Les gazons des pâturages qui se forment naturellement dans les contrées où la culture pastorale mixte est encore en usage, ceux que Ton défriche quand les prairies naturelles sont anciennes ou qu'elles ne sont plus productives, concourent à l'amélioration du sol, et il est hors de doute qu'ils doivent être classés au nombre des engrais végétaux. Ainsi, quand on examine avec attention une tranche de gazon nouvellement détachée, on reconnaît toujours que la terre qui y est adhérente est plus foncée en couleur, plus brune que le reste de la couche végétale. Cette coloration plus sombre est due à une plus forte proportion de parties organiques formées par les débris des plantes et de leurs racines, par ceux des insectes ou des animaux. M. de Gasparin feconnatt que la terre qui a été longtemps en prairie conserve, même après avoir perdu son azote, une grande supériorité sur les terres de même nature qui n'ont pas été soumises au même traitement, à cause de la quantité de carbone qu'elle relient, et qui, outre qu'il colore le sol, l'ameublit, le rend plus léger, plus poreux, .plus hygroscopique. Cette observation est judicieuse. La pratique a toujours prouvé que le lin, le colza, etc., plantes très-épuisantes, réussissent toujours trèsbien sur des prairies défrichées, et que, dans la plupart des circonstances, elles pouvaient y être cultivées sans engrais.
Ainsi, on peut admettre que les gazons des pâturages appartenant à la culture pastorale mixte, accroissent la fécondité des terres.