‹ Les matières fertilisantesChapitre 50 sur 116 · CISTES, ETC · texte numérisé non relu

CISTES, ETC

SBCTION IL cistes» Hyrtes» et«.

Dans plusieurs localités de la région du Midi, on emploie quelquefois les cistes, les myrtes, la lavande, le thym, etc., comme engrais verts.

Les cistes sont communs dans les garrigues que Ton rencontre çà et là sur les terres schisteuses qui s'étendent depuis Toulon jusqu'à Nice. On coupe leurs extrémités quand elles sont près de fleurir, et on les répand sur les chemins ou dans les rues des villages, ou on les fait fermenter dans des trous remplis d'eau. On les emploie aussi en Toscane.

Les myrtes sont plus répandus ; on les coupe aussi quand ils sont en pleine végétation. On ne les fait pas fermenter avant de les employer.

La lavande, le thym, etc., sont abondants dans presque tous les coteaux calcaires de la Provence et du Languedoc. On les récolte lorsqu'ils sont en fleur ; leurs parties vertes se décomposent facilement et constituent un excellent engrais.

La plupart de ces végétaux servënt*à fertiliser les oliviers ; on les emploie de préférence sur les terres un peu argileuses.

Coluinelle recommande de fumer les terres arables avec des ramilles de cyprès.

DEUXIÈME CLASSE

YÈG&TÀUX SBCS.

SECTION I

Toarleaax.

Défiaition. — Historique. —Variétés. — Composition. — Conservation.— Terrains auxquels ils conviennent. — Pulvérisation. — Mode d'emploi. — Époque à laquelle on doit les employer. — Action nuisible qu'ils exercent sur les grains. — Quantité à appliquer. — Mode d^aclion. — Durée de leurs effets. — Plantes pour lesquelles on les emploie. — Valeur commerciale. — Bibliographie.

Déanition.— On donne le nom de tourteaux^ trouilles, pain (Thuile, aux résiJus solides que les semences ou les fruits laissent après Textraction de l'huile qu'ils renferment. La forme sous laquelle se présentent ces résidus varie suivant le procédé de moulage, c'est-à-dire de pressurage que Ton a employé.

Historique. — L'emploi des tourteaux comme engrais remonte à plus d'un siècle; mais depuis dix ans environ leur application a pris dans 4es départements du Midi une extension très-remarquable. Cet accroissement résulte de l'énorme quantité de graines de sésame et d'arachide que l'on importe annuellement de l'Inde et du Sénégal.

La quantité importée en 1855 a permis aux usines de Marseille, Rouen, Nantes, Bordeaux, etc. , de livrer à Tagriculture près de 30000000 de kilog. de tourteaux. Cette production supplée victorieusement aux 20 000000 de kilog. de tourteaux de lin que nous exportons bien à tort annuelle-

ment en Angleterre et en Belgique» puisque nos importations annuelles ne dépassent pas 2.000000 de kilog.

Les départements méridionaux qui emploient le plus de tourteaux sont : le Vaucluse» le Var, les Bouches-du-Rhône, le Gard et l'Hérault.

Variétés. — A. Tourteaux de colza et de navette. — Ce résidu ((ig. 9) est mince et assez friable; sa couleur est chiné noir, rouge et jaune. Son odeur rappelle un peu celle de Thuile de colza. Ce tourteau est très-employé dans le nord de l'Europe.

En Ecosse et en Irlande, on emploie beaucoup de tourteaux de colza et de navette ou de rabette.

B. Tourteau de lin. — Ce tourteau (Gg. 10) a une épaisseur double (O^oe) de celle du tourteau de colza; sa couleur est rougeâtre ; il est beaucoup plus dur que le précédent.

G. Tourteau d*oHUette ou de pavot. — Ce résidu est presque aussi mince et aussi friable que le tourteau de colza ; sa couleur est gris noirâtre, et son odeur rappelle celle de Fhuile d*œillette.

D. Tourteau de cameline ou camomille. — Ce tourteau est rouge jaunâtre lorsqu'il est frais; il est assez friable et développe une odeur d'ail assez prononcée.

Plusieurs agriculteurs s'accordent à dire qu'il jouit de la propriété de détiuire les insectes, principalement les vers blancs.

£. Tourteau de madia. — Ce tourteau est assez sec ; sa couleur est gris foncé. II est assez rare.

F. Tourteau d" arachide. -^le résidu d'arachides non décortiquées est jaune rougeâtre et un peu dur; celui qui provient de fruits décortiqués est blanc jaunâtre et très-&rineux. Ce dernier tourteau se réduit très-facilement en poudre.

G. Tourteau de sésame. — Ce tourteau est assez dur et pe-* sant; son odeur rappelle celle de la farine. Sa couleur varie

ENGRAIS VEGETAUX.

suivant Ja provenance des graines : le tourteau de sésame de rinde est noirâtre; celui de Bombay est roux; enfin, celui du Sénégal est blanc jaunâtre. Ces tourteaux sont souvent remarquables par leur grandeur. Ainsi, ils ont quelquefois une forme carrée, et leur largeur varie entre 36 et 38 centimètres.

Ces résidus sont très-employés dans les provinces du Midi.

H. Tourteau de coprah. — Le coprah n'est autre chose que

Fig. 9. Tourteau de colza.

Fig. 10. Tourteau de Ho.

des noix ou plutôt des amandes de coco concassées et simplement séchées sur le sable aux rayons du soleil. Le tourteau qu'il fournit est jaunâtre, farineux et très-friable. Le coprah, fruit d'un palmier de la grosseur d'une orange avec une chair très-blanche, vient des côtes d'Afrique.

I. Tourteau de coco. — Le commerce de Marseille ésigne sous le nom de coco les embryons qui se trouvent dans les fruits du palmier qui fournit l'huile de palme.

Le tourteau que fournissent œs germes n'a pas de liant et ne peut se conserver en pain ; c*est le pire de tous les tourteaux.

J. Tourteau de chènevis. — Ce tourteau est épais, grossier et friable; son odeur rappelle très-bien celle de la graine du chanvre; il est chiné blanc et noir.

K. Tourteau de faînes. — Ce tourteau est le plus grossier de tous et se brise; avec facilité; sa couleur est rouge brun» et il contient des parties très-apparentes du péricarpe des semences du hêtre. Il est peu estimé.

L. Tourteau de noix, — Ce résidu est en pain très-épais et dur; sa couleur est brune, et il plaît par son odeur. On l'emploie avec avantage dans la vallée du Rhône, principalement dans les départements de l'Isère et de Vaucluse.

M. Tourteau de coton. — Ce tourteau est assez friable; il est noirâtre et renferme quelques débris de coton. Il provient des graines que l'Amérique envoie en Europe. On l'emploie principalement en Provence.

Les tourteaux vendus à Londres forment deux catégories :

1° Les tourteaux composés de graines écorcées ou mondées; 2<' les tourteaux dans lesquels les écorces entrent pour une part considérable. Les premiers sont supérieurs aux seconds.

Composition.— Les tourteaux n'ont pas la même composition. Voici des analyses faites par MM. Girardin et Soubeiran :

Arachide. Caroeline. ChaoTre. Colza.

Huile 12,0 12,0 6,3 14,1

Matières organiques. . . 71,1 6.5 , 1 69 ,4 67 ,2

Sels minéraux 5,0 8,2 10,5 6,5

Eau ; 12,0 14,5 13,8 12,2

Faine. Lin. OBilIeite. Séaame.

Huile 4,0 12,0 14,2 13,0

Matières organiques. . . 75,8 70,0 62,3 66,5

Sels minéraux 6,2 7,0 12,5 9,5

Eau 14,0 11,0 11,0 11,0

Voici comment se classent ces divers tourteaux par rapport aux parties actives qu'ils renferment :

Phoêphate d« chaux.

Chanvre 7,10 p. 100

Colza 6,50 —

ŒUlette 6,30 —

Lin 4,90 -

Cameline 4 ,20 —

Sésame 3,20 ~

Faîne 2,10 —

Arachide 1,20 —

Sels solablea.

Lin 10,0 p. 100

Faîne 7 ,0 —

Sésame ; 6,0 —

Chanvre 5,5 —

Arachide 5,5 —

Œillette 5,0 —

Colza 2,0 —

Cameline : 1,8 —

ABOte.

ŒiUette 7,00 p. 100

Chanvre 6,20 —

Arachide 6,07 —

Lin 6 ,00 —

Sésame 5,57 —

Cameline 5,55 —

Colza 5,55 —

Faîne 4 ,50 —

Le tourteau de noix contient à l'état nornial 6 pour 100 d'eau et 5,24 d'azote; celui de coton renferme 11 pour 100 d'eau et 4,02 d'azote. Le tourteau de coprah a été analysé par M. le Corbeiller; il contient 12 pour 100 d'eau et 3,06 d'azote.

ConBerration. — Les tourteaux de colza, de lin, etc., doivent être conservés dans des locaux secs. Renfermés dans des magasins humides , ils se couvrent de moisissures et perdent parfois tonte leur action fertilisante. Quand on doit les conserver longtemps, il faut les monter en piles les uns sur les autres et à claire-voie, en évitant qu'ils touchent aux

TOURTE AtJX. 311

murs. Si Taire du bâtiment n*était pas recouverte d*un plancher, il faudrait préalablement placer sur la terre ou le carrelage y soit des planches, soit une forte couche dé paille ou de sciure de bois. Mais ces précautions ne sont pas les seules qu'il faut prendre ; on doit, quand le temps est beau et sec, donner de l'air, c'est-à-dire ouvrir les ouvertures, afin que rhumidité en suspension dans l'air puisse être dissipée et qu'elle ne soit point absorbée par les tourteaux. I La conservation des tourteaux qui ont été pulvérisés doit aussi fixer l'attention du cultivateur. Quand ces engrais, après avoir été réduits en poudre , sont accumulés sous un certain volume, même dans des bâtiments très-secs, ils fermentent, s'échauffent, prennent une teinte brune ou noirâtre, et perdent beaucoup de leurs propriétés fertilisantes. Cette fermentation n'arrive , quand les tourteaux sont secs, qu'au bout d'un mois , mais elle survient beaucoup plus tôt s'ils sont humides. Lorsqu'on doit conserver des tourteaux pulvérisés pendant un certain temps, il faut avoir le soin, pour éviter tout échauffement, de les remuer à la pelle de temps à autre.

Les tourteaux frais s'échauffent toujours un peu en magasin. On ne doit les empiler dans les locaux où ils doivent être conservés, que quinze jours, un mois après qu'ils ont été retirés des presses, c'est-à-dire lorsqu'ils ont ressué.

Terrains a«xq«els Ils coBvIeiiBeBt. — Les tOUrteaux sont appliqués de préférence, dans les climats humides, sur les terres légères et sablonneuses et celles argilo-siliceuses. Dans le Midi, on les emploie sur tous les terrains.

Les sols auxquels ils cx)nviennent spécialement sont ceux qui renferment du carbonate de chaux. M. de Gasparin a été frappé de l'immense développement que la nature calcaire du^ol donne à l'activité de ces engrais.

312 ENGBAIS VÉGÉTAUX.

J. Hannam pense que les tourteaux conviennent mieux aux terres fortes, aux sols argileux, qu'aux terrains d'une nature légère et calcaire. Il croit que les gaz acide carbonique et ammoniaque, que dégagent les tourteaux lorsqu'ils se décomposent, sont mieux fixés par les sols compactes qui be sont pas très-perméables aux agents atmosphériques que par les terres meubles. Cette hypothèse, qui n'est pas entièrement contraire aux faits pratiques, a conduit cet agriculteur à reconnaître que les tourteaux n'agissent pas aussi vigoureusement dans une année sèche que par un temps humide. Adoptant ce principe, qu'aucun engrais ne peut agir avec efficacité sans le concours de l'humidité atmosphérique, il admet que l'huile des tourteaux qui supplée à l'humidité que ces engrais n'ont pu absorber, exige, pour se modifier, un supplément d'oxygène et d'iiydrogène. Â l'appui de cette opinion, il rappelle que l'acide carbonique volatilisé pendant la décomposition des parties fibreuses , que l'ammoniaque qui se dégage lors du changement des parties albumineuses, et que le carbonate d'ammoniaque qui se forme par la combinaison de ces deux gaz, sont tous solubles, et que les plantes n'absorbent ces gaz que quand ils sont dans un état de solution, c'est-à-dire lorsque le sol contient de l'humidité. De ces faits il conclut que, durant les saisons pluvieuses, beaucoup d'ammoniaque et d'acide carbonique des tourteaux qui, par un temps sec, s'élèvent dans l'atmosphère, sont absorbés par les racines des plantes , ce qui leur permet de prendre alors un développement remarquable.

Par un tentps de sécheresse , au contraire , le sol manquant d'humidité, les plantes languissent et ne peuvent seulement s'approprier qu'une très-faible portion de ces gaz nutritifs, qui, n'étant plus en solution ou en combinaison.

se dégagent de la couche arable dans l'atmosphère avec beaucoup de rapidité.

PiiiTérisatUB. — Les tourteaux ne peuvent être appliqués que lorsqu'ils ont subi quelques préparations^ Dans la plupart des cas, on les réduit en poudre assez fine, et c*est sous cet état qu'ils sont employés. Pour les pulvériser, on se sert d*une auge en pierre ou en bois et d*un pilon. Cette opération est asse2 longue et coûteuse. Il est préférable, lorsque cela est possible, de les réduire en poudre au moyen de la meule verticale d'un tour à piler les fruits à cidre, ou mieux d'un concassmr, appareil qui se compose de deux rouleaux dentés mobiles, tournant réciproquement dans une direction contraire, et que l'on met en mouvement à l'aide de manivelles ou d*un manège.

Poids de i*heetoiiire. — Le tourteau de colza réduit en poudre, de grosseur ordinaire, pèse en moyenne 70 kilog.

Mode d*enpioi. — Les tourteaux employés à l'état sec et sans mélange se répandent, en France, à la main et à la volée. On les enterre peu profondément, soit avec la herse, soit au moyen d'un léger labour. En Angleterre, on les répand souvent au moyen de semoirs spéciaux en même temps que les semences.

Dans le nord de la France, on les emploie souvent mélangés avec du purin. A cet effet, on les jette, sans les rompre, dans une fosse ou une large cuve remplie de purin, et on a soin de remuer le tout plusieurs fois par jour, afin qu'ils se fondent et hâtent ainsi la fermentation du liquide dans lequel ils ont été jetés. Au bout de cinq ou six jours au plus, on transporte cet engrais demi-liquide dans de grandes caisses placées sur un chariot, et on le répand sur les champs, où il doit être appliqué, sous forme de pluie, à l'aide d'une sorte d'écuelle pourvue d'un long manche. Cet

engrais liquide développe une odeur très-fétide. ( Voir liv. V, Engrais uquides.)

On ajoute quelquefois de la chaux à la poussière de tourteaux. M. Boussingault blâme avec raison une telle addition; il regarde l'intervention de la chaux caustique comme un mauvais auxiliaire des engrais qui , comme les résidus de graines huileuses, passent promptement à Tétat de sels ammoniacaux. Il conseille comme préférable, lorsqu'on ne veut pas rappliquer dans son état naturel , de la délayer dans l'eau.

Ëpoqne & laquelle on doit les empieyer. — La pOUdre de

tourteaux , soit qu'elle soit répandue sur des terres préparées pour être ensemencées, soit qu'elle soit appliquée sur des plantes en végétation, doit être employée par un temps qui présage de la pluie. S'il survient un temps sec, s'il ne vient pas à pleuvoir dans les premières semaines qui suivent son emploi , ses effets se font diflGcilement sentir sur les plantes pour lesquelles elle a été utilisée, et ne se manifestent que sur les récoltes suivantes. Schwerz fait remarquer que c'est sans doute à cause de cette circonstance que beaucoup de cultivateurs ont méconnu les avantages de cet engrais. En Provence, la non réussite de la poudre sèche de tourteaux, dans un grand nombre de circonstances, a fait souvent adopter la pratique de l'humecter avant de l'employer.

Action nnleible qn*lle exereeni sur les yralnes. — Duhamel avait recommandé de répandre la poudre de tourteaux dix à douze jours avant de semer la semence. Sans cette précaution, disait- il, les grains qui s'envelopperaient de cette poudre avant qu'elle eût éprouvé l'action du soleil ne germeraient pas. M. Vilmorin a constaté des faits semblables. Toutes les fois que les graines furent mises en contact avec la poussière de tourteaux de colza, elles ne purent germer

TOtJRTBAOX. 315

convenablement. Les semences de pois et de vesces avaient bien, en général, leur germe sorti, mais il était noirci , retrait, et les graines semblaient brûlées comme si elles eussent passé par le feu. Quelle est la cause de ces grandes anomalies dans TefTet des tourteaux? Comment expliquer les résultats si négatifs que M. Vilmorin a toujours constatés quand les graines ont été mises en contact avec du tourteau en poudre? M. deGasparin pense que les parties huileuses encore adhérentes au tourteau se sont communiquées aux graines, et qu'elles ont privé le germe du contact de l'air et de l'humidité, agents si essentiels à la germination. Ce savant agriculteur appuie cette hypothèse sur le fait suivant : un propriétaire de Provence, trouvant à son blé une couleur sale, le fit remuer avec une pelle légèrement enduite d'huile. Le grain prit une belle couleur; mais, vendu pour semence, il ne sortit qu'un petit nombre de plantes , et le vendeur fut condamné à restituer le prix des graines et des dommagesintérêts envers l'acheteur.

Ces faits, entièrement conformes aux résultats constatés dans les expériences faites dans le but de reconnaître les effets de l'huile sur les plantes en végétation, prouvent combien il est utile d'enterrer les tourteaux quelques jours avant les semailles, ou de les abandonner sur la terre pendant un jour ou deux à l'action de la pluie, afin d'altérer, de modifier les parties huileuses encore adhérentes à ces engrais.

Dumont de Courset n'appliquait les tourteaux qu'après avoir mêlé leur poudre avec cinquante fois son volume d'eau. Ce mélange, après avoir fermenté, produisait des effets trèsremarquables. Coke, après les avoir fait réduire en poudre, les enterrait à la charrue six semaines environ avant les semailles desturneps, afin qu'ils eussent le temps de se modi-

fier dans le sol. Les cultivateurs du Yorkshire (Angleterre) ont donc raison de dire que les tourteaux n'agissent sur les plantes que lorsqu'ils ont été pour ainsi dire privés d'huile.

Hannam a aussi reconnu qu'il est utile, quand on emploie le tourteau dans une forte proportion pour la culture des navets, de ne pas répandre cet engrais en même temps que la semence, parce que le germe de cette graine est souvent détruit par les effets de cet engrais.

Qaaaiité & appliquer. — La quantité de tourteaux à appliquer par hectare varie suivant l'espèce employée. Les tourteaux riches en azote et en acide phosphorique doivent toujours être répandus dans une proportion plus faible que ceux qui en renferment peu.

En général, la quantité est d'autant plus forte que les plantes qui suivent l'application de cet engrais sont plus épuisantes et que le sol est moins fertile. Dans les terres riches et lorsqu'on cultive des plantes peu exigeantes, la dose à employer peut être plus fdible.

En Angleterre comme en. France les tourteaux sont appliqués dans la proportion de 600 à 1500kilog. par hectare.

En pratique, 1000 kilog. de tourteaux de colza sont regardés comme étant l'équivalent d'une fumure, légère et annuelle. Cette quantité renferme autant d'azote que 12 000 kilog. de fumier de ferme et permet au sol de donner environ 25 hectolitres de froment par hectare.

Mode d'aeiion. — Quelques personnes ont pensé que les tourteaux agissaient sur les plantes par la petite quantité d'huile qu'ils renferment; mais il n'est plus permis d'adopter une Mie opinion. Toutes les expériences faites sur l'emploi de l'huile ont prouvé que ce corps n'est pas absorbé à l'état naturel par les racines des végétaux. C'est par le phosphate de chaux et surtout par l'azote que contient le péricarpe des

graines que les tourteaux agissent sur les végétaux. Cette action est énergique et rapide, et il devait en être ainsi, à cause de la proportion de matières solubles que renferment ces engrais. Madden dit avoir constaté que les tourteaux contiennent 24,7 pour 100 de parties solubes dans l'eau froide. Il est aisé dès lors de reconnaître que les effets sensibles de ces engrais sur .les sols pauvres doivent être principalement attribués à Tabsence pour ainsi dire de parties organiques au sein de la couche arable , principe que les tourteaux leur fournissent dans une large proportion. Mais les tourteaux ne jouissent pas seulement de la propriété de fournir du carbone et deTazote aux sols et aux plantes, ils ont un pouvoir absorbant considérable, et soutirent jusqu'à dix fois leur volume d'humidité à l'atmosphère. Ce fait explique pourquoi ces engrais sont employés avec succès dans les provinces du Midi, quand ils sont appliqués en automne ou de trèsbonne heure au printemps.

Toutes choses égales d'ailleurs, les tourteaux ne renferment pas assez de matières fertilisantes pour qu'on puisse es employer pendant plusieurs années de suite sur le même champ. Aussi est-il nécessaire, lorsqu'on veut maintenir la fertilité des terrains sur lesquels on les répand, d'appliquer de temps à autre d'autres engrais, des fumiers, par exemple; substances qui permettent de restituer à la couche arable les parties salines et azotées enlevées au sol par les récoltes que ces engrais ont fait naître.

Les terres de Vaucluse qu'on fume exclusivement avec du tourteau diminuent graduellement en fécondité parce que cet engrais est incomplet.

Barée de levr action. — Ces engrais, appliqués à des époques favorables, se décomposent rapidement et leurs effets sont peu apparents au delà de la première année.

Plaates poar lesquelles on les emploie. — Les tourteaux ne conviennent guère qu'aux plantes annuelles et bisannuelles. Dans la Flandre, on les emploie'pour la culture du froment, du colza, du lin et du pavot. En Angleterre, ces engrais contribuent essentiellement h assurer la réussite des turneps, quand on les emploie concurremment avec de la poudre d'os, substance qui fournit à ces racines le phosphate de chaux dont elles ont tant besoin et que les tourteaux ne peuvent leur fournir que dans une petite proportion. Dans le Bolonais, on les emploie principalement pour la culture du chanvre. Les pommes de terre sont des plantes trop exigeantes pour qu'où puisse songer à assurer leur végétation au moyen de cet engrais ; ainsi Hannam rapporte que dans la culture de cette plante il faut en répandre au moins 28 hectolitres par hectare, quantité qui représente, en Angleterre, une dépense de 225 fr. si Ton veut obtenir une récolte passable !

¥aie«r eommereUie. — Le prix des tourteaux est plus ou moins élevé selon leurs propriétés fertilisantes et suivant aussi leur valeur alimentaire. Voici les prix moyens auxquels ils sont vendus :

Coton ... 16 à 18 fr. les 100 kil.

Lin 15 à 20 —

Sésame 12 à 15 —

ŒiUette 12 à 14 —

Colza 12 à 14 —

Cameline 12 à 14 —

Madia 10 à 12 —

Chènevis 10 à 12 —

Arachide 9 à 12 —

Madia 9 à 1 1 —

Coprah 7à 8 —

Faîne 6à 7 —

La poudre dite blutage de sésame vaut de 2 à 4 fr.

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