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TANNÉE

SECTION III

Tannée.

Anglais, — Tanners bark.

La tannée peut être employée comme engrais régétal, mais elle se décompose très-lentement et contient, à sa sortie des tanneries, beaucoup de tanin qui la rend nuisible aux végétaux.

' Voici sa composition :

Matières organiques 48,91

. Matières minérales 6 ,48

Eau • 44,61

100,00 Azote 0,60

Quand on l'applique sur des terres calcaires, on peut la transporter directement sur les champs en jachère et la mélt r au sol par un ou plusieurs labours.

On accélère sa décomposition, on détruit les principes astringents qu'elle renferme et on augmente ses propriétés fertilisantes en la laissant en tas pendant une année ou en la mêlant à de la chaux vive, de la terre, et en Tarrosant avec des urines ou du purin. Ainsi préparée, elle peut être appliquée avec avantage, soit sur les terres arables, soit sur les prairies naturelles et artificielles, sur lesquelles elle produit, en général, de très-bons effets.

La tannée employée à Tétat normal, c'est-à-dire avant que le tanin n'ait été neutralisé par le temps ou des alcalis, et que ses fibres ligneuses n'aient subi un commencement d'altération, ne dispense pas de l'emploi des fumures ordinaires.

SECTION IV

Ghanmes.

La partie des céréales qui reste attachée au sol après la moisson des céréales et que Ton nomme chaume^ éteules, a été classée par erreur au nombre des engrais végétaux. Si ces parties étaient enfouies aussitôt après la récolte, on pourrait admettre qu'elles dussent accroître la fertilité de la terre ; mais dans la plupart des contrées on ne les enterre que plusieurs mois, quelquefois une année après la moisson, c'està-dire lorsqu'ils sont secs; aussi constate -t-on très-spuvent qu'ils persistent alors dans la couche arable pendant plusieurs années, et qu'ils ne sont véritablement utiles que dans les terres argileuses, compactes, parce qu'ils les divisent. Mais si le chaume des céréales a une action modi Gante favorable dans les sols tenaces, on ne doit pas oublier qu'il augmente d'une manière ficheuse les propriétés physiques des sols légers ou sablonneux.

Lorsqu'un chaume est abondant et qu'il est impossible de l'enfouir aussitôt après la moisson, aûn qu'il se décompose, fertilise le sol et n'y persiste pas pendant plusieurs années, on doit l'arracher au moyen d'un extirpateur ou d'un scarificateur, le rassembler avec une herse et l'enlever pour l'employer comme litière.

Quant aux chaumes des légumineuses qui ont été cultivées comme plantes fourragères vertes, et qui ne repoussent pas, pour ainsi dire, après avoir été fauchées, on doit se hâter de les enfouir. Non-seulement on perd des parties fertilisantes quand on les laisse se sécher, mais on permet souvent ù ces

CHAOMES. 325

éteules de végéter de nouveau et d'épuiser la terre. Ainsi j'ai souvent constaté que le chaume du trèfle incarnat avait des effets défavorables sur la fertilité quand il n'était pas enfoui aussitôt après l'enlèvement de la récolte. J'ai la certitude qu'il y a toujours profit à enterrer les chaumes des légumineuses quand ils sont encore frais ou verts, parce que ces parties contiennent, comme les tiges, une certaine proportion de parties albumineuses, et qu elles concourent à augmenter la fécondité de la terre.

356 ENGRAIS rfiatTAUX.

SECTION V

Déchets divers.

Les balles des céréales, les enveloppes calicinales du lin, du sarrasin, etQ., etc., ne doivent point être conduites sur les terres arables ou mêlées aux fumiers, parce qu'elles contiennent une trop grande quantité de semences de plantes nuisibles. Si ces déchets, comme ceux des granges, étaient répandus sur des terres arables , ils les souilleraient pendant plusieurs années. On doit les conduire sur les prairies naturelles. Appliqués en été ou en automne, ils se fixent sur le gazon, constituent une excellente couverture, se décomposent assez promptement, et les graines des mauvaises herbes qui s*y trouvent ne peuvent nuire en aucune manière à la production herbacée de la prairie.

Dans quelques localités, on jette ces débris, ainsi que les chènevottes du chanvre et du lin, dans les fosses, où on les arrose avec des urines ou du purin. Lorsque toutes les parties ont été bien Imbibées du liquide employé et qu'elles com-^ mencent à se décomposer, on les retire de la fosse pour les conduire sur des terres en prairies. En adoptant ce moyen, on est sûr de faire perdre aux graines des herbes nuisibles leurs facultés germinatives.

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