‹ Les matières fertilisantesChapitre 59 sur 116 · I. Pierre. — Gliimie agricole, 1851 , in-12 , p · texte numérisé non relu

I. Pierre. — Gliimie agricole, 1851 , in-12 , p

SECTION II

GuaiiQ ou Haaiio.

Déflnition. —Historique. —Variétés : guano du Pérou, du Chili, de la Bolivie, d'Afrique, d'Arabie, sarde. — Comparaison de ces engrais entre eux. — Poids de l'hectolitre. — Altération. — Conservation. —Préparation qu'il exige. — Falsification. — Quantité à appliquer. — Mode d'emploi. — Guano employé après avoir été dissous dans l'eau. — Mode d'action. — Durée de son action. —Plantes pour lesquelles on l'emploie. — Cet engrais ne diminue pas la fertilité des terres. — Commerce et importation. — Valeur commerciale. —Bibliographie.

Définition. — Au commencement de ce siècle, Tillustre baron de Humboldt remettaif à Pourcroy et à Vauquelin, pour qu'ils en flssent l'analyse, une poudre jaune fauve, k^ odeur très-forte, putride et provoquant l'éternument, recueillie par lui sur les côtes du Pérou. Cette substance, inconnue alors en Europe, était du guano, ou hucmo selon les Péruviens, engrais produit par des oiseaux marins et qui possède une puissante énergie fertilisante.

Historique. — L'usage de cet engrais par les peuples du littoral de l'océan Pacifique remonte aux temps les plus anciens. A l'époque de la conquête du Pérou, les Espagnols constatèrent que les terres sur lesquelles les Péruviens l'employaient, et qui s'étendaient entre Areqùipa et Tarapaca, produisaient des plantes remarquables par leur vigueur végétative et leur grande productivité.

Les Péruviens attachaient un grand prix au guano; au temps des Incas, la peine de mort était prononcée contre ceux qui, à l'époque de la ponte et de Tincubation des oiseaux qui le produisent, débarquaient sur les îles et cherchaient à effrayer ou à tuer les oiseaux de mer dans ces parages.

Garcilaso de la Vega, qui écrivait à Lima, en 1523, ses Comentarios reaies, est le premier historien qui ait parlé du guano. Suivant cet auteur, cette précieuse substance fertilisante fut exploitée pour la première fois vers la fin du treizième siècle, sous le règne de Jahuar Huacac, septième empereur du Pérou.

Variétés. — A. GuANO DU PÉROU. — !• Gisements. — Le guano se trouve en abondance aux îles Chincha près Pisco ; il existe aussi sur les côtes et les Ilots plus méridionaux, à UOy Iza et d Arica. Ses couches, que Ton exploite comme les mines de fer ocracé, ont de 1 7 à 60 mètres d'épaisseur. Ces Ilots sont fréquentés par une multitude d'oiseaux, surtout par des pingoins, pélicans, hérons, cormorans, flamants, etc. M. Frézier, dans la relation de son Voyage aux côtes du Pérou, publiée en 1726, rapporte que le nombre de ces oiseaux est si considérable que Tair en est obscurci ; on les voit dans la baie d'Arica, réunis par masses tous les matins et tous les soirs, pour enlever le poisson.

Ces oiseaux forment, sous la croûte du guano qui est sableuse et saline, de véritables galeries régulières et différents centres communiquant les uns aux autres par d'autres galeries percées dans toutes les directions. Ces cités souterraines sont si nombreuses qu'il est presque impossible de mettre le pied sur la surface non encore fréquentée de Tile, sans enfoncer jusqu'au genou dans quelques-uns de ces asiles emplumés.

La formation des bancs et masses de guano à Chincha parait être fort ancienne. M. de Huraboldt, après avoir constaté que les excréments des oiseaux, sur les côtes de l'Amérique du Sud, n'ont pu former, depuis trois siècles, que des couches de quelques millimètres d'épaisseur, s'est demandé si le guano ne serait pas un coprolithe ou un produit du boule-

versement du globe, coiilme le sont les charbons de terre ou les bols fossiles. On sait aujourd'hui que le guano n'est qu'une accumulation de déjections d'oiseaux. C'est parce que le climat du Pérou est sec, et qu'il y pleut rarement, qu'il a pu s'accumuler sur les roches des îles de Ghincha près de Pisco, et sur celles de Palillos, situées près de Pacquica, sur la côte de la Bolivie.

Les principales îles de Chincha sont au nombre de trois : 1» l'Ile du Sud; 2° l'île du Centre; 3M'île du Nord. L'ingénieur H.^Faraguet a cubé, en 1853, la quantité de guano existante sur ces tles.

Voici les résultats qu'il a trouvés :

Superficie. Cube.

ne du Sud 291 015 varas 9 785 831 varas 6 41 1 861 995 kil.

Ile du Centre... 672903 — 4316879 — 2784376955-

UeduNor' 6146532 - 6146532 - 3964513140-

Soit en totel 13 1 60 752 090 ki l.

Le guano augmente d'un cinquième de son volume lorsqu'on le remue. De là, il résulte qu'à la tin de 1853, on pouvait encore extraire des trois tles 15 792 900 000 kilog. .

Si les expéditions annuelles faites par le Pérou ne dépassent pas 500 000 000 de kilog. les dépôts situés sur les trois lies ne seront entièrement épuisés qu'en 1890.

On a point encore commencé l'exploitation du guano de l'île du Sud. Ce guano repose presque toujours sur un lit de sable provenant de la décomposition des roches endogéniques qui constituent le sol incliné des lies.

L'île du Nord présente une pente vers l'ouest, et sa plus grande hauteur au-dessus de la mer, est de 21 varas (environ 17 mètres) * ; l'île du Centre est inclinée vers le sud-ouest, et

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