‹ Les matières fertilisantesChapitre 60 sur 116 · I . La vara a 81 cenliniètres de longueur · texte numérisé non relu

I . La vara a 81 cenliniètres de longueur

son élévation maximum est de 66 varas; enfin, Ttle du Sud présente deux versants : l'un court vers l'ouest, et l'autre dans la direction du sud; sa plus grande élévation est de 37 varas.

La partie supérieure de la masse du guano est rouge obscur et très-lriable. Cette couleur est due à Faction de l'air et de Thumidité' et à la suroxydalion du fer que contient cet engrais. La zone inférieure est jaune très-clair se rapprochant du blanc; elle se mêle à lazone moyenne, qui est formée par le guano de première qualité , lorsqu'on exploite cet engrais par tranchée verticale. Elle ne conserve sa coloration que lorsque le guano a été mouillé pendant le transport.

On aperçoit souvent au milieu de la couche centrale de petits rognons de carbonate et de chlorhydrate d'ammoniaque, et des agglomérations très-dures de guano que l'on attribue à des infiltrations d'eaux pluviales. Ces liquides en traversant la masse ont dissous et entraîné jusqu'aux couches imperméables des parties solubles, qui se sont solidifiées sous la pression exercée par les couches supérieures. Enfin, on a constaté que la diversité des nuances que présente le guano tient à la différence des espèces d'oiseaux qui le produisent. Ainsi le l*' septembre 1853, on ne put découvrir aucun oiseau de l'espèce dite sterna-incas ou zarcUlos; le 12, il en parut quelques-uns ; le 15, le nombre était si considérable que les îles en étaient couvertes. C'est vers cette époque que commença l'émigration des espèces que l'on avait observées pendant le mois d'août.

En général, les couches inférieures sont plus compactes que les couches supérieures. Ainsi en 1853, le guano situé à 40 varas (environ 33 mètres) au-dessous de la surface de la masse qui couvre l'île du Sud, avait une telle dureté qu'il

résistait au choc du marteau, et émoussait une sonde, comme si celle-ci avait perforé une roche protogine. Aussi fut-on obligé, pour accélérer le travail du sondage, de ramollir le guano avec de Teau.

On commence toujours l'exploitation par la partie la plus élevée, afln de profiter de l'inclinaison du sol. Les ouvriers disposent toute la hauteur de la masse en gradins assez larges pour que deux d'entre eux puissent travailler ensemble. L'extraction se fait le malin, le soir ou la nuit, lorsque l'air est calme, au moyen de houes, de pioches, de barres de fer ou à l'aide de la mine, selon la dureté de la couche que l'on exploite. Quant au transport du guano que l'on a pioché, on l'exécute jusque sur le bord des rochers au moyen de sacs de 50 kilog., de voitureis auxquelles on attelle un mulet, ou à l'aide de chariots placés sur un chemin de fer.

Chaque ouvrier extrait par jour environ 3500 kilog. de guano.

La plupart des ouvriers sont des Chinois, des déserteurs, ou des forçats. Ils reçoivent par jour 1 fr. 25 c. Le salaire des ouvriers libres est de 1 fr. 50 c. Les ouvriers libres qui extraient le plus de guano reçoivent une gratification de 1 fr. 50 c. ; celle qu'on accorde aux forçats est de 1 fr. 15 c. Ce sont ces derniers qui en extraient le plus.

On exploite aussi cet engrais avec une machine à vapeur. Chaque chariot est alors chargé en neuf ou dix minutes. Cette machine et vingt ouvriers chargent par jour cent voitures.

Le chargement des navires constitue une opération pénible, à cause de l'immense nuage de poussière qui enveloppe presque toujours les ouvriers. Aussi ceux-ci sont-ils obligés d'avoir des cache-bouche faits avec un morceau de drap et de rétoupe. Le guano arrive à travers un tube en toile dans de petits bateaux pu directement dans les navires. Les ou-

vriers chargeurs gagnent 3 fr. par jour. Ils reçoivent en outre des vivres et de Teau douce qu'apportent les navires.

L'entrepreneur du chargement ne peut pas ouvrir de nouvelles coupes sans Tautorisation desconsignataires; il reçoit du gouvernement du Pérou 8 fr. 50 c. par chaque tonneau. Cliaque navire doit être chargé en 24 heures.

2*» Composition, — Le guano du Pérou a une couleur jaune fauve ou café au lait; il est surtout caractéristique par la forte odeur putride, ammoniacale qu'il exhale, odeur que Vauquelin comparait à celle du castoreum, qui a peu de l'odeur de la valériane et qui provoque l'étemument.

Voici quels ont été les résultats de deux analyses faites par MM. Nerbit et Th. Way :

Matière organique 57 ,30 50 ,60

Phosphates terreux 23 ,05 28 ,20

Sable 0 ,75 1 ,50

Sels alcalins 9 ,60 6 ,60

Eau 9,30 13,10

M. Th. Way a fait, en 1848, trente-deux analyses de guano importé du Pérou par divers navires. Il a obtenu les résultats suivants :

Moyenne. Maximum. Minimum.

Matières organiques. .. . 52,61 58,82 37,78

Phosphates terreux. ... 24 ,12 34 ,45 19,46

Selsalcalins 8,78 13,48 "" 0,61

Ammoniaque 17.41 18,94 15,94

Sable 1,54 2,95 1,17

La quantité d'ammoniaque et d'acide urique est presque toujours constante lorsque le guano est pur. Ainsi on a trouvé :

Acide urique. Ammoniaque.

Caillât 15,70 ' 12,90

Girardin et Bidard # 18,40. 13,00

Boisteaux et Monde 15 ,24 14 ,25

Ces chiffres concordent avec les résultats obtenus par MM. Bartels, Klaproth et Vœlkel.

Cet engrais contient la quantité d'azote suivante :

Boussingault et Payen 13 ,95 p. 100

CaQUl 15,87 —

GirardiD et Bidani 16,86 ~

Th.Way 14,33 —

Moyenne 15 ,25 p. lOO

3® Propriétés physiques. — Le guano du Pérou absorbe avec force l'humidité de Tair. Cette propriété est importante et doit avoir une action favorable sur la végétation, dans les contrées où le sol et Tair sont très-secs et la chaleur trèsforte. M. Masounette, de Saint-Pierre-d'Irube près Bayonne, raconte qu'ayant visité, par une journée très-chaude du mois de mai, une prairie naturelle sèche, sur quelques parties de laquelle on avait répandu du guano, il introduisit ses mains dans l'herbe, qui végétait avec vigueur sur la partie qui avait reçu la plus forte partie de guano, et les retira aussi mouillées que s'il les avait plongées dans l'eau. L'herbe des parties qui n'avaient pas reçu de guano était inclinée.

Ce guano parfaitement desséché peut absorber 50 pour 100 d'humidité. La quantité qu'il renferme varie ordinairement entre 6 et 11 pour 100.

B. Guano du Chili. —Le guano du Chili est moins fertilisant que celui du Pérou. Cette infériorité tient uniquement au climat. Au Pérou, où l'on ne connaît pas la pluie, mais seulement un brouillard qui se résout en bruine entre dix heures et midi, depuis le mois de juillet jusqu'au mois de novembre ( saison hivernale ) , l'air est sec et chaud ; au Chili, au contraire, les rosées sont fréquentes en été et en automne, et la saison pluvieuse y commence avant l'automne, c'est-à-dire au mois d'avril, et dure jusqu'au mois d'août. Cette humidité est on ne peut plus défavorable au guano ;

celui-ci, scus Taction des pluies, qui sont parfois fréquentes dans les lies, qui sont la plupart très-boisées, s'accumule sur les rivages avec difficulté; s'il parvient à y former alors des dépôts assez importants, il ne présente plus qu'une masse presque inerte et ayant perdu une notable partie de l'ammoniaque qu'il contenait après avoir été produit.

Voici deux analyses de guano du Chili, la première a été faite par M. Nesbit, la seconde par M. Colqhoun :

Matière organique 18 ,50 17 .90

Phosphates terreux 31 ,00 ' 48 ,10

Sels alcalins 1 ,3h 10,40

Sable 22,70 1,40

Eau 20,46 22,20

Les sels de chaux remplacent en partie, dans le guano du Chili, les combinaisons ammoniacales qui existent dans une si grande proportion dans le guano du Pérou.

Ce guano renferme des corps durs de couleur jaunâtre et de forme anguleuse, qui ne sont autres que du chlorure de sodium aggloméré dans la proportion de 10 pour 100 environ. Ces sortes de rognons doivent être broyés et mêlés à la partie poudreuse*

Le guano du Chili contient en moyenne 4,50 pour 100 d'azote et 5,47 d'ammoniaque.

C. Guano de la Bolivie. — Le guano que l'on recueille sur les tles qui appartiennent à la Bolivie diffère complètement du guano du Pérou. Voici, d'après M. Nesbit, les éléments qu'on y observe :

Matière organique 13,16

Phosphates terreux 60 ,23

Sels alcalins 7 ,45

Sable 3,16

Eau 16,00

n contient 2,11 pour 100 seulement d'azote et 2,56 d*ain* moniaque.

D. Guano d'Afrique. — Le guano d'Afrique existe sur la côte occidentale, dans les dépendances de la colonie du cap de Bonne-Espérance. On le trouve principalement dans les ties d'Ichaboë, dans celles qui avoisinent Angra-Pecquena et les baies de Saldanha et d'Elisabeth ; il y forme des dépdts qui ont jusqu'à 10 mètres d'épaisseur. Il en existe également dans plusieurs petites lies des côtes du Labrador et de Patagonie.

Le guano d'Ichaboé est supérieur à celui de Malaca et d'Angra-Pecquena,' mais il est inférieur à celui du Pérou. Il est en poudre d'un brun chocolat, parsemé de nombreux points blancs ou débris d'os de poissons, de coquilles d'œufs, et de plumes brunes et blanches. Il contient, en outre, des débris de végétaux à demi décomposés et encore verts, et beaucoup plus de parties cristallines que le guano du Pérou.

Diverses analyses de guano d'Afrique ont donné à* M. Th. Way les résultats suivants :

Ichaboô. Paugonie. Saldanb».

j Moyenne.... 30,3 44,6 55,4

Phosphate de chaux. | Maximum ... 37 ,0 65 ,5 60,9

'Mmimum... 36,0 29,3 49,0

J Moyenne.... 7,3 ^2,54 1,68

Ammoniaque \ Maximum ... 9,5 *4 ,68 2 ,49

'Minimum 4,5 1,60 0,94

Voici maintenant des analyses complètes faites par le même chimiste :

Ichaboé. Patagonie. Saldanha.

Matière organique 34,30 19,00 14,90

Sable 1,30 5,00 1,60

Phosphates terreux 30 ,30 44 ,60 56 ,40

Selsalcalins 6,70 6,30 4,90

Eau 27,40 25,10 22,20

Ce guano ne contient pas d'acide urique. L'absence de cet acide tient-elle aux pluies, aux rosées, aux brouillards qui

sont quelquefois très-abondants sur la c6te ouest de TAfrique? Tout porte à croire que c'est à l'abondance de Teau atmosphérique qu'il faut attribuer la petite quantité d'urate qu'on observe dans ce guano. M. Ure en a trouvé seulement 3 pour 100. MM. Boisteaux et Moride pensent qu'il faut admettre que cet engrais provient d'animaux différents de ceux qui habitent les côtes de l'Amérique; ils s'appuient sur ce que les oiseaux qui fournissent l'acide urique doivent être soumis à une nutrition presque complètement animale. Il est probable que les déjections des phoques y entrent dans une forte proportion.

MM. Boussingault et Payen ont reconnu que le guano d'Afrique contenait à l'état normal 9,70 pour 100 d'azote.

E. Guano des îles Baker et Jarvis. — En 1856, on a découvert sur les îles situées au milieu de l'océan Pacifique, à peu de distance de l'équateur , un guano qui a beaucoup de rapport avec le guano d'Afrique. Cet engrais couvre les lies Baker et Jarvis ; il est jaune chamois , en poudre très-fine, mais sans aucune odeur d'ammoniaque. II contient quelques débris de racines.

Il a été importé en France par M. W. H. Webb, de New-York.

L'agence est à Paris, rue du Paubourg-Saint-Honoré, 54. Elle est dirigée par M. Arnous de Rivière et livre ce guano sur analyse.

Voici d'après M. Liebig la composition des guanos des tles Baker et Jarvis :

Guano Baker. Guano Jarris.

Phosphate de chaux 78 ,675 33 ,400

— de magnésie 6|125 1,240

- defer 0,126 0,160

Sulfate de chaux 0,134 44,400

Acide sulfurique, potasse, soude ^

chlore, matière organique, eau. 14,940 20,800

M. Malaguti a constaté les résultats suivants :

Guano Baker. Guano Jarvis.

Phosphates divers formés en grande

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