BOUES DE VILLE
fraîches pèse en moyenne 1200 kilog. Après fermentation ce
poids ne dépasse pas 800 à 900 kilog.
Caltvres povr lesquelles o« i'enpleie. — G*est principalement la petite culture des environs des villes qui emploie ces engrais. Elle les utilise soit sur les sols légers, soit sur les terres argileuses, pour la culture des gros légumes, des pommes de terre, des carottes, des choux, des pois, des groseilliers, etc. On les applique aussi dans la culture de la vigne ; mars le vin que produisent les vignobles des environs de Paris, Nanterre, Rueil, etc., où on les emploie tous les trois ans à la dose de 75 à 90 mètres cubes, est toujours vert et acide. A' ssi les vignes d'Argenteuil, et surtout celles de Suresnes, sont loin aujourd'hui de produire ces vins qui, au treizième siècle, avaient permis à Henry d'Andély de les considérer comme dignes de figurer sur la table du roi Philippp.
Aetion fertiiisaBte. — Les boues de ville, après avoir, pendant six mois au moins, séjourné en tas, constituent un compost très -actif, un engrais très-chaud. Celte grande énergie s'explique si on se rappelle que ce mélange renferme des débris animaux et végétaux, des cornes, des chiffons, des plumes, des crins, des cheveux, des coquilles d'huîtres, etc. Toutefois, malgré cette activité, les gadoues manifestent encore des effets sensibles à la troisième et quelquefois à la quatrième année.
Valeur eoMmereiaie. — La gadoue fraîche se vend de 2 à 3 francs le mètre cube. Celle qui a fermenté est laissée au prix de 4 à 6 francs.
Plus les boues de ville contiennent de sable et d'argile et moins grande est leur valeur commerciale.
En Belgique le prix moyen varie entre 1 fr. 50 c. et 2fr. 50c. le mètre cube, si elles sont pures. Quand elles contiennent du
fumier ou des débris d'animaux on les vend 4 et même 6 francs le mètre cube.
L'agrandissement de Paris a été favorable à l'emploi des boues de rues. Ces engrais sont maintenant utilisés jusque dans les vignobles de Conflans et Herblay. Ces communes en ont acheté, en 1860^ 4000 mètres cubes de plus qu'en 1858 et 1859. Le chemin de fer du Nord a popularisé cet engrais en réduisant son transport à 1 franc la tonne de Paris jusqu'à Pontoise.
Tout porte à croire que l'usage de cet engrais chaud et très-actif se répandra de plus en plus désormais dans les environs de Paris.
BIBLIOGRAPHIE
. — Culture maraîchère du Midi, 1843 , in-S , p. 30. *#MrtHer.— Journal d'agric. pratique, grand in-8, 3* série, t. V, p. 484.