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LE CONFESSEUR

néral ses peintures , mais qui doit être ressemblant au fond. C'est là, du reste, il faut le reconnaître, le caractère de tous les portraits de Saint-Simon ; 11 exagère souvent en beau ou en laid certains traits; mais Tensemble de la physionomie est vrai. Les plus jgrands hommes ont leurs défauts et leurs côtés faibles; on rend hommage à la vérité en les montrant. La perfection n'est pas dans la nature de l'homme ; les gens qu'on nous présente comme des êtres parfaits , des héros depuis les pieds jusqu'à la tête, nie sont que des mannequins. On a beaucoup reproché à Saint-Simon, puisque nous parlons de ses portraits, les tons un peu crus avec lesquels il a peint Villars et Noailles. H ne les aimait pas, cela est vrai : le premier, pour la conduite assez peu franche qu'il tint dans les querelles entre les ducs et le parlement ; le second , à cause d'un tour assez vilain qu'il lui avait joué ; mais , pour ne parler que du premier , il faut bien avouer que le portrait de Saint-Simon gagne à être vu après une lecture attentive des Mémoire» de Villars ; il y parle constamment de lui , et rien .que de lui ; il a tout prévu , tout indiqué ; il emporte des villes malgré Vauban ; il gagne des batailles malgré les généraux ; si on éprouve un échec quelque part, c'est qu'on n'a pas voulu suivre ses conseils; là où il n'est pas tout va mal ; il lui sufût de se montrer pour ramener la confiance et la victoire. Le roi lui avait promis, nous dit-il, de montrer, aux premières occasions, combien il était content de lui, « C'é- « tait , désormais, à la guerre à faire naître ces occa- « sions. Le marquis de Villars alla les chercher en

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V Italie. Ce fut cependant avec quelque répugnance, « parce que les affaires y avaient été mai commen- « cées. Avant que d'arriver à Tarmée, il eut une « rencontre qui lui fit honneur. Le général Mercy, <i instruit de son voyage, l'attendait sur la route avec « un corps de cavalerie et d'infanterie beaucoup plus « fort que son escorte. Quand le marquis de Villars « aperçut Tennemi , il se mit à la tête des troupes c( qui l'accompagnaient sans savoir qui elles condui- « saient. Sitôt qu'il en fut reconnu, elles s'écrièrent: a Cest notre général que Dieu nous a envoyé. Et elles .(( chargèrent avec tant de furie, qu'en un instant les c( Allemands furent dispersés. Le maréchal de Villea roi vint le recevoir à la tête du camp, et lui fit a compliment sur la confiance que le soldat lui mon- (f trait. Villars répondit au compliment par ces vers tt de Racine dans Bajazet :

« Comptez qu'ils me verront encore avec plaisir, « Et qu*ils reconnaîtront la voix de leur vizir. »

Les passages où se trahit le naturel un peu fantiaron de Villars ne sont pas rares dans ses Mémoires. G*é^ tait pourtant un excellent soldat, on n'en peut douter; mais, comme chez tant d'autres, chez lui le caractère et l'esprit politique n'étaient point à la hauteur du courage et du talent militaire. Il fut ministre cependant, et voulut jouer un rôle sous la régence. Dans l'organisation des conseils, le régent le plaça à la tête de celui de la guerre. Il en sortit bientôt, mécontent de ce qu'on ne prisait pas assez haut ses ser-^ vices. Attaché secrètement au duc du Maine et au

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