LUI^ PAR HADÂHE LOUISE COLET
qui porta la main sur Orphée est, si je ne me trompe, mademoiselle Céleste Mogador. Elle sauta un beau jour sur Orphée et voulut Tégratigner. Après les Mé^ moires de Céleste Mogador^ nous en sommes mainte* nantà Luij par madame Louise Colet.
« Je ne définirai pas Pamour, nous dit la ba-« ronne Stéphanie de Rostan, la nouvelle Slle^ mais je l'ai senti par le cœur, par Tesprit et par le sens d'une façon très -> complète. » Voilà qui s'appelle parler net, et nous savons du moins à quoi nous en tenir; nous n'avons point affaire à une de ces mijau» ré^s qui vivent de Tair, comme cette insupportable Thérèse dùElle et Lui, A quarante ans (je crois qu'elle se rajeunit), File a encore la taille svelte, le cou d'un blane de marbre blanc , la tête belle et expressive , des cheveux abondants d'un blond doré , des mains charmantes, des bras d'un modèle parfait et d'une blancheur éblouissante. Jugez de ce qu'elle était à dix-^huit ans, et de sa façon de vivre avec un mari qui la contraignait À ne paraître dans le monde qu'aveo des robes montantes et des manches longues. VnLui quelconque ne devait pas tarder à se montrer. Un soir, ce mari farouche conduit sa femme à une soirée de l'Arsenal. C'était en 1836; notez bien cette date. Elle se souvient encore de sa toilette : « Je portais ce soir-là une robe de velours noir qui m'emprisonnait jusqu'au cou ; mes cheveux, frisés à l'anglaise, retombaient en longues boucles abondantes de chaque côté de mes épaules enfermées ; (pauvre victime !) des traînées de liserons blancs entouraient le chignon et flottaient par derrière. Cette coiffure aurait pu être
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gracieuse se dégageant sur le nu; mais amoncelée sur le velours du corsage, elle n'était qu'étrange, n Sou* venirs du cœur et du Journal de$ modes t que vous êtes touchants !
C'est dans cette soirée que Elle et Lui se rencontrèrent pour la première fois. Elle le vit « passer tourbillonnant dans une valse rapide, » oomme on disait en 1836. « Il portait un habit vert«bronie à boutons de métal. » J'aime ces détails; ils prouvent qu'on a la mémoire du cœur. Des années s'écoulèrent entre cette première entrevue et la seconde. Dans IHntervalle, Elle était) devenue veuve, et la perte d'un procès l'obligeait à traduire des romans étrangers pour vivre et pour faire vivre son enfant, car il y a un enfant dans ce roman , afin que la femme puisse de temps en temps se cacher derrière la mère. Gela rend d'ailleurs le bas-bleu plus intéressant, du moins il se l'imagine. « J'avais un magnifique enfant, un fils de sept ans, répandant le rire et le mouvement autour de moi, et j'avais dans le cœur un amour profond ^ aveugle comme l'espérance et fortifiant comme la foi. » Elle^ je vous en préviens, a conservé dans son style quelque chose de 1836 et môme de 1830; main* tenant que j'y suis fait, cette emphase romantique ne me parait pas sans charme; elle me rappelle ma jeunesse et les romans de M. Gustave Drouineau.
Je ne suis qu'à la page onzième de Lui, et je m'aperçois que l'on pourrait déjà l'intituler Eux; en effet, Albert, qui est le héros du roman, n'a pas été le premier Lui de Théroïne. Combien verrons -nous donc de Lui secondaires graviter autour du Lui pria-