‹ Les matinées littérairesChapitre 5 sur 56 · LA NOBLRSSE, LA MAGISTRATURE · texte numérisé non relu

LA NOBLRSSE, LA MAGISTRATURE

rettes que les grandes passions font dire, et qui sont plus propres pour un amant ou pour un mari que pour un père ? »

M. Talon se fait appeler monseigneur, et à Riom il se montre si en colère de ce qu'on n'a pas été assez ponctuel pour lui rendre quelques respects, qu'une jeune demoiselle s'enfuît de terreur, croyant qu'il allait faire pendre toute la ville.

Quant à M. Nau, dont nous avons parlé tout à l'heure, c'était lui, selon Fléchier, qui chantait avec le plus d'emphase les chansons bachiques , qui dan* sait la bourrée avec le plus d'impétuosité. Il menaçait tout le monde de la torture. On faisait peur de lai aux petits enfants. Il régla la police et eut l'industrie de manger beaucoup de perdrix à bon marché. Ceci n'est peut-être qu'une médisance de ï^léchier. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il intimidait tout le monde et ne parlait doucement qu'à son maître à danser.

Un juge des grands jours^ un magistrat du grand siècle dansant la bourrée 1 Ce n'est pas là une des moindres surprises du récit de Fléchier. Les Mémoires abondent en surprises de ce genre : nous n'avons jugé jusqu'ici le dix-septième siècle qu'à travers le prisme complaisant des historiens de cour. Plus on approfondira l'histoire de cette époque, plus on verra combien il faut en rabattre de sa prétendue supériorité.

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LA MORT DE BOSSUET (Journal de l'abbé Le Dieu,)

S'il est un récit qui promette de grandes et solennelles émotions, c'est sans contredit celui de la mort de Bossuet. Il semble que la France du dix-septième siècle dut tressaillir à la nouvelle de la perte de ce prêtre illustre. On s'attend à trouver dans le drame des derniers instants de Bossuet quelque chose de grand comme sa vie. Consultons à ce sujet un témoin oculaire , l'abbé Le Dieu , et laissons-lui autant que possible la parole. Les réflexions sont inutiles dans un pareil sujet:

Pendant les dernières années de sa vie, Bossuet semble avoir été placé sous l'influence d'une espèce d'idée ûxe : celle de laisser son évôché de Meaux à l'abbé Bossuet, son neveu. Aucune démarche ne lui coûte pour arriver à ce résultat, auquel il consacre les derniers restes d'une ardeur qui tombe et d'une voix qui s'éteint. Au mois de septembre 1703, Bossuet vient à Versailles pour continuer ses sollicitations. La maladie cruelle à laquelle il était en proie le tourmentait beaucoup, et il semblerait que la santé de l'évoque malade dût faire un devoir au roi de le retenir auprès de lui. La citation suivante de l'abbé Le Dieu va nous édifier sur ce point : « M. Dodart, trouvant M. l'abbé Fleury, lui a dit « que M. de Meaux devait s'en aller à Paris, et môme

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