‹ Les matins à FlorenceChapitre 19 sur 30 · C. Au centre, à gauche : Il prêche à ses propres disciples · texte numérisé non relu

C. Au centre, à gauche : Il prêche à ses propres disciples

D. Au centre, à droite : II prêche aux païens.

E. En bas, à gauche : Ses funérailles.

F. En bas, à droite : Sa puissance après sa mort.

De plus, des deux côtés de la fenêtre, sont représentés les quatre grands saints Franciscains : saint Louis de France, saint Louis de Toulouse, sainte Glaire, sainte Elisabeth de Hongrie.

Si vous considérez donc la série complète de ces fresques, vous pourrez y découvrir un ordre très suggestif : en premier lieu, la loi de la conscience de saint François ; ensuite, comment il l'adopte ; puis, la ratifica-

(a) Voir la Légende des trois Compagnons, chap. vi, pp. 128 et suiv. « Et, entrant dans la chambre de l'évêque, il se dépouilla de tous ses vêtements et, posant l'argent sur eux, devant l'évêque, le père et les autres qui étaient là, il sortit nu de la porte et dit : a Ecoutez et entendez bien que, jusqu'à présent, j'appelais Pietro di Bemardonc mon père; mais, comme je me propose de servir Dieu, je lui rends cet argent, pour lequel il était courroucé et tous les vêtements que j'ai eus à ses dépens. Et je veux dire désormais, non plus : — « Mou père, Pietro di Bernardone », mais : — « Notre Père qui êtes au Ciel... »

DEVANT LE SOUDAN g,

tion de cette loi par l'Église Chrétienne ; puis, comme il la prêche durant sa vie ; puis, comme il la prêche après sa mort; et, enfin, les fruits qu'elle produisit dans les disciples.

^ 52. Je n'ai pu examiner — ou, à proprement parler, je n'ai pu voir — que le premier, le deuxième et le quatrième article de ce code de sujets, saint Louis et sainte Elisabeth. Je ne vous demanderai que d'en regarder encore deux : saint François devant le Soudan, au milieu à droite, et saint Louis.

A l'aide d'une paire de jumelles ordinaires, vous pourrez voir assez nettement le Soudan ; et je pense qu'il sera bon de commencer par faire, à ce sujet, quelques remarques techniques.

Si la petite Vierge, sur les degrés du temple, vous rap- ; pelait une composition du Titien (à) , ce Soudan devrait, je pense, vous rappeler tout ce qu'il y a de plus grand dans l'œuvre du Titien. Ce rapprochement s'impose tellement à l'esprit que, pour ma part, si l'on m'avait dit qu'une fresque délicate, de la première époque du Titien, avait été retrouvée à Santa Groce, mes propres yeux m'auraient plus facilement fait ajouter foi à cette nouvelle qu'à l'idée qu'il s'agit bien d'une œuvre de Giotto. C'est une œuvre SI grande que, si les principes en avaient été compris, l'art Italien n'aurait plus rien eu à apprendre ; rien n'aurait pu être découvert, dans la suite, sauf les effets de lumière Hollandais.

On n'a pas obtenu ici d'effet de lumière; c'est une remarque très importante que je vous prie de faire, tout d'abord. La fresque représente saint François provoquant

(a) Voir Porte d'Or, § a5.

les Mages du Soudan — adorateurs du feu — à passer avec lui à travers le feu qui flambe, rouge, à ses pieds. Le brasier est si ardent que les deux Mages, de l'autre côté du trône, protègent leur figure. 11 n'apparaît pourtant que sous la forme d'une masse de flammes rouges et tordues, ne projetant aucune lumière. Il n'y a de tache rouge sur aucun nez, il n'y a d'ombre noire sous aucun menton ; ni dégradations de lumière à la Rembrandt, ni reflets de poignée d'épée ou d'armure.

53. Pensez- vous que ce soit ignorance de la part de Giotto, et pure naïveté? C'était, à ce moment, un homme d'âge mûr, ayant passé toute sa vie à peindre et ayant lutté, dans l'enseignement et dans les discussions d'école, pour peindre les choses telles qu'il les voyait. Supposezvous qu'il ne vit jamais un feu répandre de la lumière ? lui, l'ami de Dante, qui, de tous les poètes, est doué du sens le plus subtil pour décrire toute espèce d'effets de lumière ! — quoique le public ait cru qu'il ne possédait que le sens du feu. Les âmes du Purgatoire s'étonnent de ce que le corps de Dante porte une ombre {a) , et l'ami du poète, peut-être parce qu'il est peintre, devrait avoir ignoré que la substance mortelle projette une ombre et la flamme une lumière ? — Non. Le passage du Purgatoire où les ombres du matin, au lever du soleil, rendent les flammes plus rouges, égale en précision la

(a) « Lorsque ces premières âmes virent le jour intercepté à terre par le côté droit de mon corps, si bien que l'ombre se projetait de moi vers le rocher, elles s'arrêtèrent et se reculèrent un peu, et toutes les autres qui marchaient après elles, ne sachant pas pourquoi, en firent autant. » {Divine Comédie — Purgatoire — , chant III, vers 88-94. Traduction P. -A. Fiorentino) .

Voir également, au même point de vue : /'«r^a/ojVe, chant III, vers 16-19 — chant V, vers 4 et suivants — chant XV, vers i-aS — chant XVII, vers i-i3 et 40-43.

science de Newton (a) ; pensez-vous donc que Giotto, pendant toute sa vie, n'ait rien vu de semblable ?

Le fait est qu'il percevait si intensément la lumière qu'il n'a jamais songé un instant à la peindre. Il savait qu'il est aussi impossible de peindre le soleil que de l'arrêter, et il n'était pas assez truqueur pour chercher des moyens de sembler faire ce qu'il ne faisait pas. Je peux peindre une rose, oui, et je la peindrai ; je ne peux pas peindre un charbon ardent, et je ne m'efforcerai ni de le peindre, ni de sembler le peindre. II est aussi naturel et aussi logique de trouver, chez Giotto, cette manière de penser qu'il est impossible de découvrir la même sincérité et une vraie science chez les faux peintres du XVI* siècle.

54. L'artiste fera néanmoins consciencieusement tout ce qui lui sera possible, sans altérer l'honnêteté de son art, pour vous faire sentir ce feu, autant que cela lui est nécessaire. Il nous importe peu, pour le moment, que le feu soit lumineux ou non, mais Giotto voudrait vous faire comprendre qu'il est brûlant.

Remarquez les couleurs dont Giotto a fait usage dans toute la fresque. Tout d'abord, le fond bleu, nécessaire pour unir ce sujet aux trois autres, occupe la surface la plus restreinte possible. Saint François doit être en gris, car c'est son habit ; le serviteur d'un des mages est également en gris, mais d'un gris si chaud que, si vous^'le voyiez seul, vous le prendriez pour du brun. L'ombre derrière le trône, que Giotto sait pouvoir peindre, — et peint

tol?i'I ^' ^?^f ^f'-^.PP"' mon épaule droite et déjà ses rayons blanchissaient tout 1 azur de 1 Occident. Mon ombre faisait paraître la flamme plus rouge et a un fait si étrange, je vis des âmes s'étonner en marchant. » (Chant XXVI vers 4 et suiv.) v ' *.

•4 LES HATIXS ▲ FLORENCE

par conséquent — estgrise aussi. Le reste de la fresque (i) — soit au moins les six septièmes de sa surface — est couTert de cramoisi, d'or, d'orange, de pourpre ou de blanc, dans les nuances chaudes dont Giotto disposait, séparés seulement par de petits espaces d'un noir intense : les bandelettes du Soudan pendant sur ses épaules, ses jeux, sa barbe et les points nécessaires dans l'or de la tapisserie du fond. L'œuvre entière n'est qu'une flamme.

55. Un seul regard jeté sur les autres sujets vous montrera le caractère spécial de celui-ci. Mais vous remarquerez aussi que les quatre fresques supérieures, qui traitent de la vie et du zèle religieux de saint François, sont toutes peintes dans des tons relativement chauds, tandis que les deux fresques inférieures, représentant sa mort et son apparition après sa mort, ont été comme intentionnellement maintenues dans des tons tristes et froids.

Naturellement, pensez-vous, puisqu'elles sont remplies de moines. — Ce n'est pas cela. Y avait-il quelque nécessité, pour Giotto, de mettre dans les mains du prêtre, aux pieds du cadavre, cette bannière noire inclinée, dont la forme rappelle celle d'un tombeau ? N'aurait-il pas eu la latitude, s'il l'avait voulu, de faire la vision céleste plus brillante, dans l'une et l'autre fresque ? Saint François n'aurait-il pas pu apparaître en rêve au pape, entouré d'une gloire céleste ; ou les nuages, au milieu desquels le pauvre moine voit l'âme du saint monter au ciel, n'auraient-ils pas pu être plus resplendissants ? (a)

Remarquez, toutefois, combien ils resplendissent en

(i) Le plancher a été repeint, mais, quoiijMe sa comlemr grise actuelle soit lourde et froide, il ne peut altérer la splendeur du reste.

(a) La iMvnTC en est donnée par l'examen do 20° snjet d'Assise, parallèle à celoi-ci et ezécaté probablement ringt ans aspararant. An groupe sombre des

réalité, dans la surface réduite du fond bleu qui leur est accordée. Il est impossible de trouver ailleurs un plus délicieux fragment de couleur Giottesque quoiqu'ici l'on ait à déplorer son exiguïté et son isolement ; car le visage même de saint François est repeint, ainsi que tout le ciel bleu, mais les nuages et les quatre anges sont à peine rétouchés, et les nuances irisées des premiers, ainsi que les ailes exquises et gracieuses des seconds ont été vraiment conservées, avec une piété tendre et délicate, parle restaurateur du ciel. Personne autre que Giotto ou Turner n'aurait pu les peindre.

56. Giotto, en effet, se rapproche infiniment de Turner lorsqu'il emploie les mêmes couleurs chaudes et opalescentes, de même qu'il se rapproche de Gainsborough par la vivacité de ses moyens d'expression. Tous les autres peintres religieux d'Italie ne rendent que péniblement l'expression ; lui seul peut l'indiquer d'un coup de pinceau. Tous les autres grands coloristes d'Italie ne voient que la beauté de la couleur, tandis que Giotto voit aussi la lumière qu'elle répand. Aucun autre, sauf le Tintoret, ne comprend entièrement le pouvoir' symbolique qu'elle possède, tandis que chez ceux-ci — Giotto et le Tintoret — il y a toujours, non seulement une harmonie de couleur, mais un secret de couleur.

Ce n'est pas uniquement pour rendre sa peinture plus éclatante que Giotto couvre ce mur de pourpre et d'écarlate, mais aussi pour vous rappeler que saint François prêche devant un roi adorateur du feu. Et, en haut, dans la dispute, à Assise, le père irrité est vêtu d'un rouge

frères agenouillés autour du mort, au premier plan, répond, au ciel, le groupe radieux des anges. Les officiants — en Têtements clairs, au centre de la fresque — forment transition.

changeant comme la colère, et le protecteur de saint François abrite celui-ci sous son manteau bleu, symbole de paix Céleste. Il est vrai que certaines couleurs conventionnelles étaient traditionnellement employées par tous les peintres, mais seuls Giotto et le Tintoret créent un symbolisme original pour chacun de leurs tableaux. C'est ainsi que, dans le tableau du Tintoret représentant la chute de la manne, la figure de Dieu le Père est entièrement vêtue de blanc, contrairement à toutes les conventions reçues ; dans le tableau représentant Moïse frappant le rocher de sa baguette, cette figure est entourée d'un arc-en-ciel. J'ai parlé ailleurs du symbolisme des couleurs de Giotto à Assise (i).

Il ne faut donc pas croire que le contraste des couleurs existant entre les fresques supérieures et les fresques inférieures de notre chapelle soit fortuit. Alors que saint François a toujours vécu dans la joie et le triomphe, il est mort dans la douleur, dans la lassitude et dans une profonde humilité. Son histoire traditionnelle est l'inverse de celle d'Élie : vivant, il apparaît sur un char de feu ; mourant, il subit une mort plus pénible que de nature.

57. Il y a plus qu'une différence de couleur entre les fresques supérieures et inférieures, il y a une différence de manière que je ne puis pas bien expliquer ; et, avant tout, une différence de métier qui me semble montrer que les deux fresques inférieures ont été peintes longtemps avant les autres, et unifiées et harmonisées avec elles, après coup, Il n'y a aucun intérêt, pour la plupart des lecteurs, à approfondir cette question, maison peut

(i) Voir Fors Clavigera, septembre 1874 {vol. IV) (a).

(a) Série de lettres mensuelles adressées aux ouvriers 1871-1884 (chez Allen, i56, Charing Cross Road, Londres).

pourtant faire cette rapide remarque que les visages des fresques inférieures ont des contours bruns et noirs, tandis que ceux des fresques supérieures sont tous peints dans la manière vénitienne la plus parfaite (a) .

Il est très intéressant de faire une autre remarque, concernant l'arrangement des draperies . Giotto ne réussit jamais, jusqu'à la fin de ses jours, à représenter une figure couchée avec aisance [b). C'est une de ses caractéristiques les plus singulières. C'est précisément le sujet qu'il peut étudier d'après nature, sans le moindre obstacle, qu'il ne parvient pas à peindre, tandis qu'il saisit, avec une précision infaillible, des subtilités de forme et de geste entièrement dépendantes de l'instant fugitif où elles se manifestent, et des attitudes qu'aucun modèle ne pourrait conserver un instant. Non seulement la tête du pape endormi, représenté dans la fresque inférieure de droite, repose peu confortablement sur l'oreiller, mais encore ses vêtements sont drapés maladroitement ; l'instinct que Giotto possède pour la draperie le trahit tout à fait quand il doit en jeter une sur une figure couchée. D'autre part, regardez les plis que les vêtements du Soudan forment sur ses genoux ; ils ne pourraient être plus exacts ni plus beaux. Je ne puis comprendre que les dates d'exécution de ces deux fresques ne diffèrent même que de vingt ans, tant le métier de la fresque supérieure est plus développé.

(a) Cette différence ne proviendrait-elle pas de ce fait que les fresques inférieures ont plus souffert des restaurations — le restaurateur accentuant les contours primitifs qu'il retrouve ?

(b) Cette remarque ne s'impose pas dans le petit cloître de Santa Maria Novella (Sainte-Anne) . A l'Arena de Padoue il y a une Nativité dans laquelle l'attitude de la Vierge couchée est pleine d'aisance. Encore une fois, n'est-ce pas au restaurateur qu'il faut attribuer ce défaut ?

Si nous examinons cette dernière œuvre de plus près, nous verrons qu'il n'y a pas que le jet des draperies qui soit vrai en elle.

58. Celles-ci sont si simplement parfaites, dans la figure du Soudan, qu'elles n'attirent pas notre attention ; nous ne voyons que cette figure, et non les vêtements qui la couvrent. Mais ce sont les vêtements que nous voyons d'abord dans les figures des Mages déconfits, — personnages très drapés, avec des traînes de quatre mètres de long portées par des serviteurs.

Le Mage qui se trouve le plus près du Soudan a fait son devoir aussi courageusement qu'il a pu ; il aurait volontiers été au feu, mais il n'a pas pu; il est obligé de se cacher le visage, mais il n'a pas battu en retraite. Giotto lui attribue une draperie ample, aux larges plis, — autant de dignité que possible — ; c'est, en tous cas, un homme fidèle à son devoir professionnel.

Le deuxième Mage n'a pas un tel courage. Replié sur luimême, il n'a plus rien à dire pour sa défense ou pour celle de sa foi. Giotto suspend ses vêtements sur lui comme sur un portemanteau, à la manière de Ghirlandajo, en rétrécissant comiquement les plis. C'est littéralement un Mage « aplati », fermé comme un éventail [a). Il détourne la tête avec découragement. Quant au dernier Mage, il disparaît par la porte et l'on n'aperçoit que son dos.

Une œuvre moderne nous montrerait, en opposition avec ces Mages, un saint François se dressant aussi haut que possible sur ses sandales, méprisant, dénonciateur, montrant d'un geste pompeux la porte aux Mages. — « Non, pas ainsi », dit Giotto ; et il représente le saint sous l'aspect

(a) Literally he is a « shut-up » Magus, closcd like a fan.

d'.n I,o„me asse. banal, d'une physionomie e. d'nn abord

servteu. des n,ages ne .on.ren. ..cuTZot.Z d^ poseront, comme de eontume. les trataes de bu

m».lreselsout,endro„t dignement leur retraite

59- Ooeupons-nous enfin du Soudan lui-même ri„. «uvre moderne vous le montrerait certaine,: „";,!,;

taant les Mages, avec irritation ; et ceux-ci s'en iraient le dos courb aussi bas que possible. Giotto ne „ on" , ml un n. l'autre aspect. En parfait gentilhomme et en ro .1 jette sur ses Mages un regard calme et décîdt "T '

d : tetin* r "^r"" " '"^ -"» p--™8^"

le ™.::; C'est ""h'' ''"" "'"' ^'='"^°'»' '' - -' ri„r j évidemment surtout au Soudan aue

œuvie d un missionnaire Chrétien

pourriefC'?" ^'"'''•^"■="' '^ P^^»' "omme vous

(..Olto, qu .Isera donné aux adorateurs débuches -qu'ils

(a) Salle de meeting, à Londrp non-conformistes. ' °" ^^ réunissaient fréquemment les

{/>) Faubourgs suburbains de Londres.

go LES MATINS A FLORENCE

soient en Perse ou à Pentonville — de rester plongés dans leur fétichisme, pour leur plus grande satisfaction; mais les adorateurs de Dieu^ qui ont obéi aux lois du ciel, visibles pour eux, ceux-là pourront voir une étoile plus proche se lever, un Dieu supérieur pourrg leur être révélé. C'est pourquoi vous pouvez considérer le Soudan de Giotto comme le type le plus noble, aux points de vue religieux et moral, que l'on puisse trouver dans les régions où le nom du Christ n'a pas été prêché. Le choix du roi et du peuple n'était pas douteux. Le pays des trois Mages avait déjà été indiqué par le miracle de Bethléem, et la religion et la morale de Zoroastre étaient les plus pures et — selon l'opinion du temps — les plus anciennes du monde payen. Lorsque Dante, dans leXIX" et le XX* chant de son Paradis, donne sa dernière interprétation de la loi de justice divine et humaine, selon l'Evangile du Christ, il fait le même choix que Giotto pour représenter le noble paganisme dans l'aristocratie (a Que ne pourront pas dire les Perses à vos rois »), tandis que le converti de saint Philippe représente ce paganisme dans les classes inférieures et parmi les esclaves (ce Et l'Éthiopien condamnera ces chrétiens ») [a). Comparez aussi Milton :

« At the Soldants chair Defied the lest of Paynim chivalry {b) »

(o) Il s'agit de l'eunuque de la reine Candace [Actes des Apôtres, chap. vm) .

Le passage du Paradis auquel il est fait allusion se trouve au chant XIX, vers io6 et suivants : « Mais prends garde que plusieurs vont criant : « Christ, Christ », qui, au jour du jugement, seront moins près de lui, que ceux quine l'ont pas connu. Et l'Ethiopien condamnera ces chrétiens, lorsque les deux troupes se sépareront, l'une éternellement heureuse, l'autre éternellement misérable. Que ne pourront pas dire les Perses à vos rois, lorsqu'ils verront ouvert le volume où s'écrivent toutes leurs hontes ? » (Trad. Fiorentino.)

(6) « Près du trône du Soudan — combattaient les meilleurs chevaliers payens . »

Giotto ne fit que représenter ici un des épisodes de la vie du saint, tel que

DEVAfIT LE SOUDAN

60. Le moment est venu pour vous d'examiner le sain'î Lou,s de Giotto, type du roi Chrétien. Je suppose " vous ne r.uriez pas vu si Je ne vous avais pJZTnéZ pour cela. Il était déjà dans ro„,bre, à l'oriLe êtres encore tro,s fois plus aujourd'hui, ^ar suit^e de la Iré enee des vtraux modernes , il est condamné à l'oubli'par

MM cT . r "T""' •• "' P" '» ?•>"»<= '«eiue de me„t?o::,.!r=!^^'^^-"= ■ « ^= -'« ^-^^ est entiére-

Jt:::alrt7:,;:te t --"«- n',mporte ,uel,e tive» r»ll. j J^i'^'euse. De tous les manies deslruc- P lus sol 1 t" "''"^:''"''"'' -t la plus redoutable et la P us sotte. Neanmoms, le pauvre étudiant en art doit » appliquer saisir le peu de bien qu'elle peut faire seïon ses miserabes moyens. Ce n'est pas u'e raison "e qu une grande œuvre a été restaurée, pour que noLs pas s.ons devant elle sans même la regarder l sa„rnous

lui, autant pour la' consUno^ltZîoTZTZ ^7°'" ^'"'""^^ '^<^^°«- voyait en lui.... Lorsque sai„t%vV ? ^ le mépris du monde qu'il envoyer des frères qulYe bapaseraie„r ""r'"' " P™"" ^" S""''- ^ «1la mort du saint, le Soudan i^nf '"' '" "'"■'' P""'' «°° «"■"'■ Après

de la promesse. Et, ^^ eîet' s n frr"'"' '"^•^'^•^' »"^°''-' ^^ -aH-Uo" leur ordonna dal^; au SoudTet de r'' '^P^'^"' ' <^'=-- frères mineurs et voyant, eut très grande aU "grosse recut"LT?-" '°.° ^'''"'- ^'='--'='' 1- Co»,me„. saint François coS à Ll/.TT' '!,'"' ''"^" " (^''"•««' •

Cet épisode est également eZseut/l t l^l '^^^«*^'««'^)la comparaison est tout à l'avInU^e dT \ T ^\] '"^''^ '"^'«' <=<=«« fois, des premiers sujets d'Assis est d'aiUeursd" 't '^ t' ^'''""i'""°n à Giotto même manière, mais la di position de la '"'''' ^ '" "^"'^ "^"^ ''

- -ment des Mages distCrr^U-' L^Ju^rn^ie^l^^l^

ga LES MATINS A FLORENCE

efforcer de tirer un enseignement de son dessin ; si le restaurateur a eu quelque conscience, le spectateur ordinaire comprendra mieux ce dessin qu'il ne comprendrait celui de l'œuvre effacée. Il est vrai que lorsque le Guide de M. Murray vous dit qu'un monument a été « magnifiquement restauré », vous pouvez passer à côté avec la résignation du désespoir, car cela signifie que chaque fragment de l'ancienne sculpture a été détruit et remplacé par de vulgaires copies modernes. Mais une peinture ou une fresque restaurée vous seront souvent plus utiles qu'à l'état primitif. Si l'œuvre est importante, elle sera, selon toute probabilité, épargnée en plusieurs endroits, prudemment complétée en d'autres, et elle s'affirmera encore d'une manière mystérieuse — comme la Gène de Léonard — à travers chaque phase de reproduction (i).

(i) Mettez à V épreuve votre jugement à ce sujet : après avoir bien regardé ces deux fresques inférieures de notre chapelle, passez dans la chapelle voisine {à droite, chapelle Peruzzi), et examinez la fresque la plus basse du mur de gauche {en entrant). Vous trouverez, dans votre Murray, que les fresques de cette chapelle « étaient également recouvertes d'un badigeon jusqu'à une époque récente (1862) », mais il se fait que je possède une critique étendue de cette même fresque, écrite en i845, et je ne vois pas qu'aucun changement y ait été apporté depuis lors. M. Murray vous dit aussi d observer que « la fille d' Ilérodiade jouant de la viole se rapproche des œuvres du Pérugin, traitant de sujets analogues ». M. Murray entend dire par là que le musicien mâle jouant de la viole que, sans même regarder ses vêtements, ni le reste de la fresque, il a pris pour la fille d'Hérodiade, a la figure large.

Vous laissant le soin de tirer parti de cette critique, je vous prierai de faire encore une ou deux remarques . Cest la seule fresque inférieure dans laquelle le travail de Giotto n'a pas été retouché, du moins par le restaurateur moderne. Elle est si heureusement préservée que, par elle, vous pouvez apprendre, une fois pour toutes, ce qu'est la peinture d'une bonne fresque — combien elle est calme, délicatement claire, combien peu elle vise à un effet grossier et vulgaire, quelle douce opposition de lumière et d'ombre, quelles couleurs durables et exquises elle peut nous donner.

A ce dernier point de vue, cette fresque est tout à fait unique dans l'œuvre de Giotto. La tenture rayée, derrière la table, est peinte avec une variété et une fantaisie de jeux de couleurs que Paul Véronèse n'aurait pu surpasser, dans ses meilleures œuvres.

Vous trouverez sans difficulté, malgré l'effacement des couleurs du milieu

G, Mais je puis vous affirmer, tout d'ahord, que le

Je s„,s monte a son n.veau et jai pu m'assurer que la del.c,euse couleur de loriginal s'est encore co„se,'ée en ma,nt endroit, la couronne - dont vous com

l^T '■"";■■'»"- =P^^^ "- matinées passées dans a Chapelle Espagnole est presque intacte • lel i.8nes du vsage et de la chevelure'quoique toutes plus ou mo,ns retracées, sont d une préciLn'remarqù ! We, et la couleur surajoutée a été rattachée avec tant de so.n aux parties originales que, si l'harmonie de l'eu emblea perdu le raffinement de son ancienne délicatesse elle n en reste pas moins, d'une manière plus grossière soennelle et sans dissonance. Telle q„'elirest,Tu " l' cette figure possède une très grande beauté! du plus

î« * /■•.,„, .11, „i,„f'Z Z,TÎ' .', '?"■ "•""'"oin kplu.ilci. u.. gamii, d, Imginam du „„, ' ">-.dére, ,„„,„„

da,. I, il.,,, „ I, Br<,.o„,„Tj^ mJ' '' '', "'"' '""' '« f'"-"

P..rr.i. dé.ri., .. l.ZÛ" plTZ; Z'";; '" '"""'■ "'' ■>'" '". «/« »«

aisance ? (voir note (A), § 57) ^ ' '' ^ur de gauche. Ne repose-t-ellc pas avec

tombe, qui vous rappellera u^ dessin de Mich^7! '''•«P«« ^e rou^e, inclinée sur la dessins du Louvre) Cen'esl nh,, H> ?« "'«''«'-Ange (Elude de Moines, n» ,a des

ce genre montrent de quoi est frtèla riôhl H^ ^P'*' ^''^^^"•^^ remarques de Remarque, également -au TuteiTsyZolZlT'' '^1 "'"'^' "'^ "'" ^i^'^ leur puissance de suggestion - que cet assistant ». h'' "°"'''"" '=''*=' Giotloetde couleur rouge qu'il fixe (la tombée tandisaue u "P*" "" ''"*'^'"' ^'"•'« ^e la

qu. aperçoivent le Chris! (en rose) au mililuie sf H°"°T' "u groupe de droite portent le reflet de cette vision sur leur^ ve'rement M""'''" '*" '""' °" '" '"«") natton du coloris au drame représen^ flit iLvT„! *' '°"''- ^^"^ ''^'"■<"-

VVagner fait, en musique, du FeuZT. "'^''""''"•ement songer à lusage que

profond intérêt; et telle que vous pouvez la voir d'en bas, avec vos jumelles, elle laisse peu à désirer. Son examen vous sera plus profitable que celui des neuf dixièmes des œuvres les plus renommées de la Tribune ou du Palais Pitti.

Vous en pénétrerez mieux l'esprit lorsque je vous aurai traduit ce court récit extrait des Fioretti de saint François (a).

62. « Comment saint Louis, roi de France, personnellem,ent alla à Pérouse, sous l'habit d'un pèlerin, visiter le saint Frère Egide. — Saint Louis, roi de France, alla en pèlerinage visiter les sanctuaires par le monde ; et ayant ouï la renommée très grande de la sainteté de Frère Egide, qui avait été des premiers compagnons de saint François, il se mit en esprit et détermina de le visiter personnellement ; et pour cela il vint à Pérouse où demeurait alors ledit Frère Égide. Et, arrivant à la porte du couvent des frères, comme un pauvre pèlerin inconnu, avec peu de compagnons, il demanda avec grande insistance Frère Egide, sans rien dire davantage au portier ni quel était celui qui le demandait.

c( Le portier va donc à Frère Egide et lui dit qu'un pèlerin est à la porte qui l'y demande ; et de Dieu lui fut inspiré et révélé que c'était le Roi de France. Vivement et avec grande ferveur il sort de sa cellule et court à la porte. Et sans autre question ou que jamais ils ne se fussent vus, s'agenouillant ensemble avec très grande dévotion, ils s'embrassèrent avec une sainte familiarité,

(a) Pour éviter une double traduction, nous avons emprunté ce passage à la belle version française de M. A. Goffin : I Fioretti. — Les petites fleurs de la vie du petit pauvre de Jésus-Christ, saint François d'Assise, p. i3i, Bruxelles, 1896.

comme si depuis longtemps ils eussent entretenu grande amiue Ma. pourtant, Us ne parlaient ni l'un ni l^tre

de chante, en silence. Et après qu'ils furent restés .m grand espace de ladite façon sans se dire un mo L se départirent l'un de l'autre et saint l ^ ■ voyage et Frère F-id. 7 ' poursuivit son

y ge ei i^rere hgide retourna à sa cellule

« iit, comme le Roi s'en allait „„ f • j de «P« . ' "'^ ^'■^'■^ demanda à l'un

de ses compagnons, qui était celui-là qui s'était tant embrassé avec Frère Égide, et U lui répond t que 'étli

%!' z Tr:.^ '-'''-' ''-'' venu' pour Lrp:::

iigiûe. ht, 1 ayant dit aux autres frères ilc ^ .

d.t un „,o.; et s-en plaignant ains,! ils lui dirent •

un aussi saint roi, qui est venu de Pranee nonr

tu ne lu. as parlé aucunement. . Frère FtrL '

■t : - . Très chers frères, ne vous IZ^^l^Z ce a ; car m mo. à lui, ni lui à moi, ne pouvions Are „„e

r u™r ir- "'^"" '-^ ---^ ™- emirassle: esprit, et a lui le mien ; et nous contemplant ainsi en

iuiTL^r ef ""°" """^' - 1- i"-^is luîd" re e lui a moi, beaucoup mieux le eonnûmes-uous que si nous nous fussions parlé avec la bouche, et avec maieu "on solation que si nous avions voulu expliquer de vive vÔL ce que nous sentions dans le cœur r». 1 - r

;an.agehumain,qu.nepeutc;rmeX7rH::C teres secrets de Dieu, nous aurait été uneafflictTon olZt qu une consolation; et pour cela sachez que le Rot parti admirablement content de moi et l'Iml co soll

63. Il est évident que pas un mot de ce récit ne peut être cru par toute personne raisonnable ; cela est clair.

Néanmoins, l'esprit qui le créa constitue un fait de l'histoire de l'Italie et de l'humanité tout à fait indiscutable. Que saint Louis et Frère Egide se soient jamais agenouillés l'un devant l'autre dans une rue de Pérouse, cela importe peu ; mais voici ce qui doit faire le sujet de vos méditations : on pouvait s'imaginer à cette époque, qu'un roi et un pauvre moine étaient liés l'un à l'autre par des pensées qu'aucun mot ne pouvait exprimer ; et la douceur et l'humilité du roi rendaient une telle histoire plausible.

Il n'est pas un endroit au monde — où que vous portent vos pieds de pèlerin — qui puisse mieux évoquer à votre esprit, à l'aide des éléments qu'il possède, la nature de la Royauté et, en général, de toute Souveraineté, et celle des contrefaçons et des parodies de l'une et de l'autre que l'on voit trop souvent à leur place. Car il se fait que ce Roi Chrétien et ce Roi Perse ont été mieux peints ici par Giotto que n'importe où , par n'importe qui ; ils vous fournissent donc la conception la plus accessible des Pouvoirs Chrétien et Payen qui ont tous deux reçu, dans le livre que les Chrétiens font profession de révérer, la même épiphète que le Roi des Juifs luimême : Oint ou Christos. Si saint Louis, par sa vie miréelle, mi-traditionnelle, est le représentant le plus parfait de la Royauté Chrétienne, Cyrus de Perse illustre la Royauté Payenne la plus parfaite par sa vie mi-réelle, mi-traditionnelle et par les principes de gouvernement et d'éducation qui prévalaient dans sa dynastie.

Il serait bon, je pense, que vous lisiez, devant les images de ces deux Rois, l'invocation à Cyrus écrite par Isaïe. La deuxième partie de celle-ci du moins vous

semblera digne d'être rappelée ici, car elle illustre littéralement la défaite des Mages, adeptes de Zoroastre, sur laquelle Giotto fonde son Triomphe de la Foi.

J'écris les phrases principales à la suite les unes des autres et je ne néglige que leur développement que vous pouvez facilement retrouver chez vous (Isaïe, XLIV, 24 à XLV, i3).

64. « Ainsi a dit l'Éternel, ton Rédempteur, et celui qui t'a formé dès ta conception : Je suis l'Éternel qui ai fait toutes choses, qui seul ai étendu les cieux et affermi la terre ; qui dissipe les signes des menteurs et qui rends insensés les devins ; qui renverse les sages et qui fais que leur science devient une folie. C'est lui qui affermit la parole de son Serviteur et qui accomplit le conseil de ses envoyés ; qui dit le Cyrus : C'est mon Pasteur; il accomplira toute ma volonté, en disant à Jérusalem : « Tu seras rebâtie » ; et au temple : a Tu seras fondé ».

« Ainsi a dit l'Eternel à son Oint, à Cyrus, que j'ai pris par la main droite, afin que je renverse les nations devant lui, et que j'ôte la force aux rois.

« J'irai devant toi et je redresserai les chemins tortueux ; je romprai les portes d'airain, et mettrai en pièces les barres de fer ; et je te donnerai les trésors cachés, et les richesses les plus secrètement gardées, afin que tu saches que je suis l'Éternel, le Dieu d'Israël, qui t'appelle par ton nom.

« Pour l'amour de Jacob, mon serviteur, et d'Israël, mon élu, je t'ai appelé par ton nom, et je t'ai désigné bien que tu ne me connusses point.

ce Je suis l'Eternel et il n'y en a point d'autre. II n'y a point d'autre Dieu que moi. Je t'ai revêtu de force, quoi-

que tu ne me connusses point. Afin qu'on connaisse, depuis le soleil levant jusqu'au soleil couchant, qu'il n'y en a point d'autre que moi. Je suis l'Eternel et il n'y en a point d'autre ; qui forme la lumière et qui crée les ténèbres, qui fais la paix et qui crée l'adversité, c'est moi, l'Eternel, qui fais toutes ces choses-là.

« C'est moi qui ai suscité celui-ci dans la Justice, et je conduirai tous ses desseins ; il rebâtira ma ville et renverra sans rançon et sans présents mon peuple qui avait été transporté, a dit l'Éternel des armées. »

65. Ajoutez à cette prophétie l'ordre que Gyrus donna pour l'accomplir; vous comprendrez ainsi ce qu'est un Roi <( suscité dans la Justice » et vous pourrez mettre en rapport la sollicitude que le roi Perse témoignait pour le Temple Juif avec la fresque sous laquelle vous vous trouvez :

« Or, en la première année du règne de Gyrus (i), le roi Gyrus ordonna que la maison du Seigneur à Jérusalem fût reconstruite et quon V honorât du culte d'un feu perpétuel » [la phrase en italique est de Darius, rapportant le décret de Gyrus; celui ci est ainsi formulé (2)] :

« Ainsi, dit Gyrus, roi des Perses : Le Seigneur Dieu du ciel m'a donné tous les royaumes de la terre et il m'a commandé de lui bâtir une maison à Jérusalem.

« Qui est parmi vous de son peuple? Que son Dieu soit avec lui et qu'il monte à Jérusalem qui est en Judée et que les habitants de ce lieu l'aident avec de l'argent, et avec de l'or, et avec leur richesse et avec leurs bêtes de somme. »

(i) Premier livre d'Esdras, chapitre VI (a).

(a) Troisième livre d'Esdras, dans la Vulgate.

(a) / Esdras, chapitre I, et II Esdras, chap. II.

DEVANT LE SOUDAN gg

II y a une certaine distance entre cette manière de « mettre les prisonniers en liberté » et l'indépendance, le libre échange et l'éloquence anti-esclavagiste modernes. 66. Depuis le jour où Cimabue le vit, encore enfant, graver un agneau dans la pierre, Giotto s'est donc élevé à ce double idéal de Royauté. On n'en a pas exprimé de supérieur, à ma connaissance, dans l'Europe occidentale. On s'est cependant souvent efforcé de peindre des têtes couronnées : Le roi Georges III et la reine Charlotte par Joshua Reynolds sont, sans doute, très remarquables ; les rois à museau noir de Velasquez, les rois aux longs cheveux et aux mains blanches deVanDyck, les cavaliers de Rubens — avec leurs bottes élégantes — le sont aussi. Faites passer rapidement dans votre mémoire toutes les images de rois que vous pouvez évoquer... puis regardez ce saint Louis.

Son visage doux, résolu, pur comme la glace, aux joues maigres, s'affine tellement au menton que la face entière a la forme d'un bouclier de chevalier. Les cheveux, courts sur le front, pendent des deux côtés sur le cou, suivant les courbes simples que l'art ancien Grec- Etrusque se plaisait à leur donner. Je ne sais pas si vous pouvez voir, à cette distance, la différence dans l'arrangement de la chevelure des deux côtés de la tète : leur masse est recourbée vers l'mtérieur sur l'épaule droite, tandis qu'elle tombe droit sur l'épaule gauche. Jamais un artisan moderne n'eût rêvé cette belle variante, et cela me confirme dans l'idée que le restaurateur a scrupuleusement suivi les anciennes lignes. I Saint Louis porte une couronne formée d'une pyramide hexagonale dont les arêtes sont ornées de perles ; elle est entourée — comme une forteresse par un mur —

loo LES MATINS A FLORENCE

par un diadème ceignant le front, projetant, à chaque angle, une pointe aiguë ; c'est de l'or ciselé et des perles ; le reste du travail est également beau. Le Soudan porte une couronne du même type ; la forme hexagonale symbolise l'ordre, la force et la sage administration du roi. Nous aurons l'occasion d'observer un symbolisme plus accentué encore chez Simone Memmi dans la chapelle Espagnole. 67. Je ne peux rien vous dire de précis au sujet des deux autres fresques, car il m'est impossible d'étudier plus d'une ou de deux peintures en un jour, et je ne commence jamais l'examen de l'une avant d'avoir terminé celui de l'autre. C'est ainsi que j'ai dû quitter Florence sans même pouvoir regarder ces fresques assez longtemps pour être absolument certain des sujets auxquels elles se rapportent. La fresque centrale du mur de gauche représente soit le douzième sujet d'Assise — saint François en extase (i) — ou le dix-huitième — l'apparition de saint François à Arles (2). Quant à la fresque inférieure de droite, deux sujets peuvent être choisis pour chacune de ses parties ; d'après moi, elle représente les 21' et 25" sujets d'Assise — le frère mourant (3) et la

(i) (I Représenté » à Assise [à coté de saint François devant le Soudan), « comme le virent une nuit ses frères, dans l'attitude de la prière, soulevé du sol, les bras en croix et entouré d'un nuage brillant. »

{Lord Lindsay.)

(î) « Saint Antoine de Padoue prêchait au chapitre général del'ordre, tenu à Arles en I2i4> lorsque saint François apparut au milieu de l'assemblée, les bras étendus dans l'attitude de la bénédiction » (a).

[Lord Lindsay.)

(3) « Un frère de l'ordre, couché sur son lit de mort, vit l'esprit de saint François enlevé au ciel et, sautant en avant, s^écria : « Attends-moi, Père, je vais avec toi. » Et il tomba mort. »

(Lord Lindsay.)

(a) On peut faire remarquer, en faveur de celte dernière interprétation, que l'un des frères, debout ù gauche, se distingue nettement par son attitude et par le nimbe qui lui entoure la tûte. Il en est de même à Assise.

justifiable (2) En tn ? , Cavalcasella est également de l'œute est a "'' ^'^"^^'^^''^ ^e l'ensemble plus haut "'"'' ^* *^"^ ^- J^ 1 - -d.cîuée

contenance sé.ère, réprouva son doute àJrU 7/7 "" """"^ "• ""'' """ 1" •' «"«" ''" cd(é, remplU une fiole di sZT ""''l''' """"'•««' '« />'«'> /'«Z'. .«/, en s'é.eillant!la trou^fLtsaLVn. T '"'""'"' ^' '" ''''"- -' (a) « Saint Francoii Hn^4 , . [Lord Lindsay.)

/^'.e.« e.rf,7 : « Soishénie entre touisT: /' ""' 'r '"" *^''""' '^'^«^ *« 7"«^*/ à .0,-, ô sainte nlle, car plrto , Z""' ^"S^? '"^''^^'^'^on de Dieu Ayant dit cela, il se recoucha et fit f '"'"''°"P '^^"^es seront sauvées „ le i octobre, dans la soirée sa Jorl f.T^T " f«-'''-^«'-'> <^«^ Anges.

'■'^^•^l'é^'é.ue d'Assise, si'; L:z!t:z':x^^^^^

[Crowe et Cavalcasella.)

de saint François au moine si cette ,fZ//-?''^''"'""P"'^''«'"«"'l«Pparitio„ sujet de droite, que la proximité des de? ^"''.''""'^^o da°s .oa sujet; et^^pour le <Ians l'action, que le per^^onn^^ co„ te poHet L'^'T'^ T -«--o/rapide de bleu comme dans la fresaue sun^w! ! " ^^ ■""" '" ''■«''«. q»'" est vêtu

dans la fresque supérieure d l'itel- ""enfin ^"T'^"'' "°" ''<' ™"^« ~" rapproche de celle qu'il a lors aTT^ • ' "^"^ 'attitude de saint François se

tragique de son appL-itio^ au^pa^ scep^^^::!'? ' ^' n^ ^', "''^ "^" "^^ '■^' "«^"è" reun.t également ces deux épisodes Zh^^T/ t '^^ ^^ P'"*' ^« ^'" sujet d'Assise niort du saint à l'évèque) ;Tci saTn Fran '"" ^^''''^ "' '« '^^•'^'««''■> de la

df^r^""'"--'----coi;oi^^^^^^^^^^^^^ Birc^TèrsTrsi^'îGroZr L e?f :r?'r '■^"^ '- '« «^^p-^"» <>-

sentant les mêmes épisodes. ' " ""^"^ •** Montefalco (Gozzoli) repré-

dansjâ:L";e]lfsrss'elrà1;n7arrL^uTGM '^ -' ™

comb.en altérés - ,ai„i François l7iZ„t Ghirlandajo). On y retrouvera - mais

Page 1