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LES OULAD DAOUD

AUouoh.

Chef : Ould Sidi Henou.

On comprend généralement bous ce nom le groupement des Onlad Allouch, des El Chbaïm, des Chdad Zeid et des El Dorfa lorsque toutes ces tribus marchent ensemble sous le commandement de Sidi Ould Henou^ de la fraction des Bourada. Les Oulad Daoud auraient eu autrefois les Touareg pour tributaires.

Ils occupent toute la partie orientale au delà de Oualata et de Soloko et séparent le bloc des tribus maures de l'Afrique occidentale des populations centrales du désert.

Moins nomades que leurs voisins, ils commencent à se fixer, à s'accoutumer à la vie sédentaire et ils habitent, comme nos populations noires, des cases en terre et des paillettes, de véritables villages entourés d'une palissade.

Les Oulad Daoud prétendent descendre d'un marabout fameux Da ben Elhouch ben Daouda descendant lui-même en ligne directe de Mahomet. Ils se croiseraient assez fréquemment avec les Touareg, avec les Peulhs et les autres noirs voisins de leur région.

Les Oulad Daoud se divisent donc en trois groupes principaux :

V Les Oulad Allouch, comprenant une sous-fraction les El Ghbaïm a3rant pour chef Cheikh Ould Ahmet Erzak ;

2® Les Oulad Zeïd, chef : Mohamed Ould Ahmed ; sous fractions : les El Hadj Hassan, Oulad Zaïn, Oulad Bohli, EJ Eeneikat et El Legan ;

3^ El Djafra, chef : Cheikh Daouda Ould Cheikh Sidi Mohamed ; sous-fraction : El Mahmoud Lakhdaf.

Le passé des Oulad Daoud est encore obscur i>our nous. Nous

— ne —

général, accordé le 38 jtiillet 1899 par le lieutenant-gouTemeur du Soudan, en absolvant toutes les fautes passées, maintint au pouvoir ce chef Iiyx)ocrite et fourbe.

Depuis Tétat des Oulad Daoud n'a guère changé. Le nombre des fractions qui viennent s'établir sous notre protection augmente graduellement mais lentement.

Ould Sidi Henou vit actuellement à Siramansa près de Bassikounou, avec moins d'autorité sur ses gens, mais avec le même caractère ondoyant et faux.

ADRAR OCCIDENTAL OU ADRAR TAMAH

Oulad Tahia bem Othman.

Chef : Mokhtar Ould Ahmed Ould Aïda.

Population approximative, P ; — guemen : fantaBsina^ 4,000 ; cavalien, 260.

Les Oulad Yahia ben Othman, qui habitent TAdrar occidental, appelé aussi Adrar Tamar, sont moins nomades que les autres Maures du désert. Leur pays, riche en dattiers, les oblige, au moment de la récolte, à se fixer pendant un certain temps. En outre, plusieurs centres importants, notamment Atar, Chinguetti, Ouadan et Oudjeft, sont habités par des marabouts qui mènent une existence sédentaire. Le chiffre de la population dans chacune de ces villes varie suivant les époques de l'année, il se triple et se quadruple même pendant la c guetenan », récolte des dattes.

Tout le pays de l'Adrar est constitué par un massif montagneux. Les sources y sont nombreuses et abondantes. Dans les vallées qui sont larges et spacieuses, les Maures se livrent à la culture du blé, de l'orge et du petit mil. L'élevage est une de leurs principales occupations. Certaines races de leurs chevaux ont une grande réputation.

En dehors du massif montagneux de TAdrar, les Oulad Yahia ben Othman qui l'habitent, étendent leur autorité sur les régions voisines, principalement à l'ouest et au nord. Ces contrées sont comme les terres de parcours des Trarza, sablonneuses et arides. Une des grandes richesses du pays se trouve un peu au nord-ouest de l'Adrar, à environ cinq jours de marche de Chinguetti ; c'est l'immense Sebkha d'Idjil qui est exploitée par les Akhzazir, baratines des Kounta El Sidi M' Ahmed.

La capitale de TAdiar, Atar, n'est pas la ville la plas importante. C'est le siège de l'autorité, où réside le roi Mokhtar Ould Ahmet Ould Aïda. Elle est située au fond d'une vallée, entourée de dattiers et de champs de cultures. Elle est ouverte ; aucune enceinte ne l'a jamais entourée. Les rues en sont étroites, tortueuses et sales. Les habitations construites en pierre se composent de simples rez-de-chaussée. Mal entretenues, elles semblent toutes tomber en ruines. Elles sont à peu près au nombre de 200 à 250, ce qui donne une population totale d'environ 800 habitants.

Le roi habite à Kanaoual, petit village à 2 kilomètres d'Atar, sous une tente. Il ne vient d'ailleurs près d'Atar qu'à l'époque de la récolte des dattes; autrement il nomadise dans tout le pays.

L'eau est abondante autour de la ville. Chaque c zeriba » — enclos de dattiers — possède un puits. Deux fois par jour les indigènes puisent de Teau, remplissent des bassins creusés autour des puits et destinés à alimenter les canaux qui circulent entre les dattiers.

Atar est habitée par les Smacides, les Akhzazir^ tributaires des Kounta, les Oulad Bou Sba, et £anaoual par les Teiziga des Oulad Ammouni.

La seconde ville de l'Adrar est Chinguetti, situé à environ 150 kilomètres au nord-est d'Atar. C'est la ville commerçante par excellence. Les gens du Tagant y amènent des captifs et du mil qu'ils échangent contre des dattes, du sel et des chameaux. Les habitants de Tichitt et de Oualata y apportent de For, provenant du Soudan, de l'argent en espèces et en bijoux, des bonbons, des étoffes, des arachides du Soudan qu'ils troquent contre des chameaux, de la guinée et surtout du sel. Les Maures de l'Oued Noun y viennent vendre des chevaux, de l'orge, du blé, des couvertures de laine, des burnous, du sucre, du thé et une espèce de tabac semblable au nôtre, mais de qualité inférieure qu'ils échangent contre des dattes, de l'or et surtout de l'argent de France. La monnaie française est très recherchée.

Les produits du commerce français du Sénégal constituent la presque totalité des objets de consommation : thé, sucre, poudre, armes, tabac. Les cotonnades venant soit de l'Oued Noun, soit du Bio de Ouro, sont de très peu d'importance et de qualité inférieure à celles que livre notre commerce. On peut donc dire que toute la

guinée employée dans TAdrar et dans les pays qui en dépendent vient du Sénégal.

Tous nos produits sont apportés dans le pays par les caravanes descendues à Saint-Louis où elles ont troqué de Tor, des dattes, du beurre fondu, des ckameauz, des bœufs, des ânes et aussi — dans le pays trarza — des captifs et d'où elles rapportent toutes les denrées, les étoffes et les objets divers qui leur sont nécessaires.

La ville de Chinguetti présente à peu près le même aspect qu'Atar : rues étroites, tortueuses et sales, maisons en pierre sans étage, mal entretenues et preequ'en ruines. Elle est située au milieu de grandes dunes de sable rouge qui paraissent l'envahir peu à peu. Plusieurs maisons auraient déjà disparu, englouties. Cependant Feau est abondante tout autour de la ville, et la population sédentaire cultive des dattiers en grand nombre. Un puits, éloigné à peine de 200 mètres des portes de Cldnguetti, est remarquable par son antiquité. On ignore à quelle époque il a été construit. Il est foré dans la pierre dure et mesure environ 12 mètres de profondeur. L'eau en est excellente. Il existe encore autour de Chmguetti des puits nombreux au milieu de toutes les c zraïb ». On peut estimer à peu près à 700 le nombre des habitants sédentaires de la ville. Ce sont pour la plupart des marabouts des tribus des Idao Aii, des Lakhlal, des Toukna et des Oulad Bou Sba. Le commerce se fait à l'intérieur des maisons ; il n'y a ni boutiques ni marchés.

Ouadan est la troisième ville de l'Adrar. Elle est située à environ 130 ou 140 kilomètres au nord-ouest de Chinguetti, au sommet d'une colline rocheuse qui en fait une position stratégique importante. Un très petit nombre d'hommes suffirait à la défendre. Les caravanes y accèdent difficilement. Les chameaux mettent en moyenne une heure pour se rendre du pied de la colline jusqu'à la viUe.

Comme toutes les villes du désert, Ouadan est mal entretenue, ses maisons sont des constructions cubiques en pierre sans autres ouvertures que les portes. Elle compte à peu près 600 habitants, presque tous anciens tributaires des Eounta mâles d'Idao el Hadj et de Chorfa.

Oudjeft n'est qu'une petite agglomération d'une quarantaine de maisons tombant en ruines, au milieu d'une plaine pierreuse et sur le bord d'une longue oasis de palmiers. Elle compte au plus 200 habitants sédentaires presque tous de la tribu des Smaddes.

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