‹ Les Maures de l'Afrique occidentale françaiseChapitre 2 sur 20 · LIS MAURES · texte numérisé non relu

LIS MAURES

Kafolatine 60 hommes adultea.

Oulad Abdoul Ouahid 70 —

Oulad Bahmoiin : Soueida, Oulad Alimet Meua Alimet,

Oulad M'Bark, Souaïdat 250 —

Soumbatiue 140 —

Loumagui 60 —

Tribus maraboutiques (y compris leurs baratines) :

Oulad Béiri 4^000 bommes adultes.

Edekboul 1,000 —

Togoumante 700 —

El Barrikallab 1,000 —

Edjf akba Habib Allah 300 —

El Moubarak 300 —

Deïboussat 300 —

Idab El Hassan 2,000 —

Idaou Aly 400 —

Oulad Deïmane 1,000 —

Tlabine 60 —

Mideliche ^ 400 —

Idao El Hadj 400 —

Tachidbite (fraction des La-

khlal) 300 —

Tendekha 5,000 —

Coumleyline 1,000 —

Taguenite 700 —

El Hijage 100 —

Idjadj Fakha 500 —

Idja Coudji 500 —

El Abeye 100 —

Ida Khagna 70 —

Oulad Sidi El Hadj 40 —

Timer Guivoum 50 —

Chorfa 150 —

Tajakante 500 —

El Bou Ahmed 100 —

El Haïs 40 —

D'après ce tableau, dont tons les cbiffres n'ont qu'une valeur approximative se rapprochant toutefois le plus possible de l'exactitude, on peut estimer la population totale du groupe trarza à 80,000 individus qui seraient répartis ainsi :

Guerriers et leurs baratines a. 4,600

Marabouts et leurs baratines 22,000

Zenaga 600

Femmes et enfants /* 60,000

Total 77,100

En 1847, le commandant Caille, attacbé à l'état-major général du Sénégal, estimait la population totale des Trarza à 66,000 âmes dont 6,000 combattante.

Tous les Oulad Abmed ben Dabman sont des princes. Ils forment plusieurs groupes distincts, comptant en tout (juillet 1902) 166 hommes adultes en état de porter les armes et ils sont suivis lorsqu'ils partent en guerre par les baratines dépendant de leurs familles respectives : baratines Doukhane et baratines Mokhtar Cherkhi qui élèvent ainsi à près de 1,000 le nombre des hommes armés.

Tous ces princes vivent des redevances qui leur sont i>ayées par les autres tribus du pays, surtout par les tribus maraboutiques.

Les Oulad Dabman, les Abollah, les Aguemoutar, les Mahimdat et les Oulad el Bohlia sont également des tribus princières, vivant dans les mêmes conditions, des contributions que leur versent les tribus maraboutiques ou zenaga.

Les deux tribus des Eleub et des El Boïdat ne sont x>oint princières. Elles ont cependant aussi leurs tributaires. Le roi, mais le roi seul, peut exiger d'eux qu'ils lui fournissent des chevaux et des chameaux.

Les Oulad Ergueig sont des descendants de la caste des forgerons qui peu à peu ont abandonné leur profession et se sont rapprochés du roi Trarza dont ils sont devenus les courtisans et les conseillers.

Us constituent anjoud'huî une tribu guerrière peu nombreuse qui n'est assujettie à aucune contribution. Ils vivent des redevances que leur apportent leurs tributaires et de la part qui leur est abandonnée sur les amendes que le roi les cbarge de recouvrer y car ils sont avant tout les messagers et les i)ercepteurs de Témir. C'est parmi eux qu'Alimet Saloum, le roi actuel, a pris son premier ministre, Mohamed Ould Brahim, au grand mécontentement des princes parmi lesquels autrefois on choisissait ce dignitaire.

Toutes les tribus guerrières qui vivent sux les bords du Sénégal ou ne s'en éloignent que très peu pendant la saison de l'hivemage sont connues sous le nom général à^El Guebla.

Charges, impôts, tributs, redevances, coutumes. — Les principales charges qui pèsent sur le peuple trarza ne sont pas réglementées. Elles déi>endent de la volonté du souverain qui, lorsqu'il lui plaît, envoie demander aux marabouts et aux zenaga le tribut coutumier qu'ils lui doivent. Ce tribut n'est pas fixe. Il n'est jamais moindre de 100 pièces dp guinée par famille ; il augmente avec l'importance des groupes qu'il frappe, mais non d'une façon régulière. Il est le plus souvent payé en animaux, chameaux, bœufs, moutons et ânes, quelquefois en captifs. Ce prélèvement ne se fait pas par tribus ; mais régulièrement par famille et suivant les besoins ou les caprices du roi. Toutefois chez les marabouts il n'est jamais demandé qu'une fois dans l'année ; il en est de même pour les tribus guerrières d'haratines des Oulad Aïd, des Oulad El Fakhi et des Zomboti. Les tribus zenaga sont moins privilégiées; elles peuvent être pressurées plusieurs fois dans la même année.

H est impossible d'évaluer le montant des contributions ainsi recueillies au nom du roi, qui a de grandes dépenses j^ur entretenir son nombreux entourage. Les Oulad Ergueig et' les baratines Mokhtar Cherkhi qui constituent sa garde, lui coûtent extrêmement cher. Ses achats atteignent quelquefois des prix fantastiques. En 1896, il a acheté à Cheikh Sidia deux juments Doufeynijat du Tagant pour 140 chamelles, c'est-à-dire 28,000 francs.

Les exigences royales ne sont pas les seules charges des tribus zenaga. Les tributaires sont encore mis à contribution, plusieurs fois ^ar an, i>ar les prinoes de qui ils dépendent.

Contrairement à ce qui se passe d'ordinaire chez les autres

peuples, lorsque ks Trarza sont en guerre^ les contributions diminuent; le roi et les princes ayant intérêt à ne pas mécontenter leurs tribus. Il arrive même fréquemment, dans ces occasions, qu'au lieu d'exiger les redoTances, il fait lui-même des cadeaux de familles entières de tributaires, de captifs, de troupeaux de cbamelles ou de Tacbes pour s'attacber les bésitants.

Les impôts réguliers perçus dans le pays Trarza sont : le massar, ou droit de culture; le kbafar, ou droit de passage; le petit kbafar, ou droit de sortie et l'assaka, ou dîme prélevée sur les récoltes des indigènes sénégalais qui eultivent sur la rive droite.

Le massar est payé dans le pays par tout Maure, marabout, baratine, tributaire ou captif, qui se livre à la culture. Il est prélevé sur la récolte à raison de 60 kilos — un matar — par lougan quelle que soit la grandeur du ebamp cultivé. Cet impôt revient entièrement à la tribu des Oulad Abmed ben Dabman qui à la fin de cbaque récolte envoie des percepteurs avec des cbameaux, des bœufs porteurs et des ânes pour recueillir le mil provenant de cet impôt.

Le massar est un droit de protection établi depuis de nombreuses années au profit -des Oulad Abmed ben Dabman qui se disent propriétaires de ces terrains et s'étaient engagés autrefois à défendre les cultivateurs et à protéger leurs cultures moyennant cette redevance.

Le massar payé par les indigènes de la rive gaucbe aux Oulad Abmed ben Dabman varie suivant le village qui cultive. Les indigènes du canton de M'Diangué paient 400 matars de mil, soit 20,000 kilos aux familles des Tounsi et des Cberkbi pour ce droit. De Bicbard Toll à GKiidakar, le massar se paie i>ar carré : cbaque cbef de carré doit un matar polir lui et 20 moules (26 kilos environ) pour cbaque enfant âgé de plus de 10 ans.

Le village de Dagana paie de 300 à 360 matars (16 à 17,000 ki- Iob), Gaé 20,000 kilos, Tékane, Darasalam et Fanaye, ensemble 6,260 kilos.

Le kbafar est un droit de jiassage payé par les étrangers qui traversent le pays Trarza. Il est fixé par l'usage à 20 francs par captif et par cbeval, à 6 francs par cbameau et par bœuf et au dixième pour les marcbandises, étoffes, tapis, ivoiroj plume et or. L'argent est exempt de ce droit.

Ces taxes sont payées entre les mains des captifs du roi, chargés de la perception à Gokhou-M'Badj, près de Saint-Louis.

Le petit kliafar est payé à la sortie du pays par les Trarza euxmêmes aux percepteurs du roi.

Il est fixé à 10 francs pour un captif, 5 francs pour un cheval, 1 fr. 50 pour un chameau» 1 franc pour un bœuf, fr. 60 pour un bourriquot, fr. 10 pour les moutons et les chèvres.

Le grand khafar rapporte à peu près 30,000 francs par an et k petit khafar 10,000 francs.

L'assaka qui, dans tous les pays musulmans, est une dîme religieuse, a été par extension appliquée chez les Trarza aux indigènes sénégalais qui vont cultiver en pays maure. Cet impôt fait retour au roi ; il est versé à ses collecteurs qui viennent avec leurs chameaux et autres animaux de transport prélever le dixième de la récolte et il se perçoit en même temps que le massar.

D'après le relevé de ce que donnent annuellement les villages indigènes de la rive gauche qui cultivent sur le territoire de la rive droite, il résulte qu'ils versent, tant aux x>ercepteurs des Oulad Ahmed ben Dahman pour le massar, qu'aux collecteurs du roi pour l'assaka, une contribution d'environ 30,000 francs qui se décompose ainsi :

Assaka... 167,500 kilogr. de mil. Valant en moyenne Massar... 84,600 — 12 fr. les 100 kilogr.

Total... 24276ÔÔ kilogr. x 12 = 29,040 fr.

A toutes ces reissouroes il convient d'ajouter les coutumes qui sont payées tous les ans au roi des Trarza, en vertu du traité du 8 octobre 1891, allouant à l'émir, en échange de l'abandon de ses droits de sortie sur les gommes, une rente de 2,000 pièces de guinée.

Une partie de cette rente (333 pièces) est versée au Chems Mohameden Akhrabat, chef des Uarmancours (Idao El Hadj), conformément aux dispositions contenues dans l'article 6 de l'acte additionnel du 2 avril 1879 signé par le gouverneur Brière de l'Isle et le roi Ely, père d'Ahmet Saloum, cette tribu étant la première qui ait fait avec nous le commerce de la gomme.

L'origine de cette coutume remonte assez loin dans le passé. ÂTant 1865j, la colonie comptait dans le fleuTe un certain nombre de comptoirs où les traitants établis par les maisons de commerce de Saint-Louis trafiquaient avec les indigènes et les Maures. Ces derniers apportaient de l'intérieur la gomme qu'ils échangeaient contre des pièces de gainée et des objets di^ers^ et ces stations étaient placées sous la surveillance des chefs maures^ ce qui mettait les commerçants à leur merci et rendait leur position onéreuse et précaire. Cette situation fut telle, en 1851, que les négociants adressèrent au gouTcmeur de la Colonie, une pétition lui exposant leurs doléances, sollicitant l'interyention énergique de la force armée pour les protéger^ demandant, en outre, la suppression des escales surveillées par les Maures et leur remplacement par des établissements de commerce permanents et fortifiés : un à Dagana où se trouvait déjà un petit fort, un autre à Podor que nous avions également occupé autrefois.

Ce ne fut qu'en 1864 que ce programme put être appliqué. Des escales furent ainsi échelonnées sur la rive gauche du fleuve, en des I)oints déterminés où les Maures pouvaient venir commercer, mais où leurs chefs n'avaient plus à faire la police qui était assurée par des postes militaires français ; par contre, ils étaient chargés de la surveillanoe sur les routes du désert aboutissant à ces escales.

Les instructions ministérielles étaient à oe sujet très fermes et très nettes : c Nous devons dicter nos volontés aux chefs maures, y était-il dit, pour le commerce des gommes. Il faut employer la force si Ton ne peut rien obtenir par la persuasion, supprimer tout tribut payé par nous aux Etats du Fleuve, sauf à donner, quand il nous plaira, quelques preuves de notre munificence aux chefs dont nous seront contents. >

Ce système eut i>our effet de mettre un terme aux exactions et aux vexations que les Maures infligeaient à nos commerçants et d'assurer la sécurité et la tranquillité du fleuve.

Les habitants maures de la rive droite ne pouvaient se procurer la guinée et le mil indispensables à leurs besoins que dans nos établissements protégés, ils ne pouvaient le faiie que sur notre territoire, sous notre surveillance et sous notre contrôle, ils n'avaient point d'autres débouchés pour leurs produits et se trouvaient obligés de subir l'autorité des chefs que nous avions agréés et chargés de la police de leur pays autour de nos escales.

Quand une caravane avait été victime d'un acte de brigandage ainsi que l'explique le capitaine Aubert^ directeur des affaires politiques, dans son rapport d'ensemble du mois de juin 1892} elle n'avait qu'à i>orter plainte au chef dont relevait le territoire sur kquel elle avait été dévalisée pour obtenir réparation, car rien n*était plus facile que de retrouver les coupables le jour oii ils venaient à leur tour acheter du mil ou vendre, en même temps que leurs gommes, les bestiaux et les objets volés.

D'autre part, il était décidé qu'un droit de sortie d'environ 3 0/0 serait laissé aux chefs maures reconnus par nous, et que la perception de cet impôt sur le commerce de leurs sujets offrant pour eux des difficultés de toute espèce, serait opérée par nos soins et que le montant leur en serait remis quand ils le désireraient.

TJn traité dans ce sens^ relatif aux Trarza, fut signé à Saint- Louis le 20 mai 1868, avec Mohamed £1 Habib, grand-père de l'émir actuel.

Sous ce régime, les escales prirent un assez rapide développement ; elles devinrent des centres commerciaux importants et des noyaux d'influence politique réels.

Cependant la concurrence commerciale essaya de battre en brèche les principaux occupants. Leurs traitants furent leurs premiers adversaires. N'ayant ni les capitaux nécessaires, ni la clientèle acquise des maisons établies dans nos escales, ces derniers réclamèrent la liberté du commerce, c'est-è-dire le droit de s'établir et do traiter avec les Maures sur n'importe quels points du fleuve. H s'agissait alors de gagner, par des cadeaux, les chefs reconnus et de détourner certaines caravanes au profit des nouveaux venus. Cette idée prit assez vite un grand essor et une pétition dans ce sens fut adressée au gouvernement qui, le 22 mai 1880, rendit un décret promulgué le 16 juin de la même année et portant établissement de la liberté commerciale dans le fleuve Sénégal.

C'est alors que, par une convention signée le 22 mai de la même année par le gouverneur Brière de l'Isle et l'émir Ely, le droit de 3 0/0 ne pouvant plus être perçu à Dagana, une indemnité annuelle fixe de 1,200 pièces de guinée filature fut allouée au roi des Trarza pour lui être payée par quart dans les conditions indiquées ci-dessus.

Histoire. — C'est vers le milieu du xii* siècle que les Maures, qui

vivaient alors au nord du Tisiast et dans l'Adrar Sotof au bord de Tocéan, redescendirent vers le Sénégal. Us formaient une grande confédération que Makh-Far avait su plier sous son autorité. Après la mort de ce chef célèbre, les bandes pillardes se désagrégèrent. Une des plus grandes fractions prit la route du Sud sous le commandement des deux frères Terrouze et Barkani qui amenaient avec eux nombre de tribus souvent en guerre entre elles, parmi lesquelles se trouvaient les Oulad Abdallah. Un jour à l'occasion du partage d'un butin — car ils ne vivaient que de rapines — une discussion s'éleva entre les deux frères Terrouze et Barkani et les tribus se partageant en deux camps formèrent les groupes des Trarza et des Brackna, prenant ainsi le nom de leurs chefs respectifs.

Terrouze fut donc le premier roi trarza ; il eut pour successeur Dahman ben Terrouze. Vinrent ensuite :

Ahmed ben Dahman;

Edy ben Ahmed ben Dahman, le premier qui entra en relation avec les Français ;

Seïd ould Edy, qui meurt au bout d'un mois ;

Amar Agjeïd, assassiné par les Oulad Delim à Aguilil ;

£1 Chandora, l'ancêtre de la maison royale actuelle;

Amar ben Ely Chandora;

Mokhtar ben Amar, le premier émir des Trarza qui revêtit la culotte blanche, à son retour de chez le sultan du Maroc;

Ely Eoouri ;

Mohamed Ely Eoouri, remplacé successivement par ses trois neveux ;

Mohamed ould Mokhtar ;

Aleïte Ould Mokhtar ould Amar ;

Amar Ould Counda ;

Ahmet Saloum II, émir depuis.... 1891

A la mort de ce dernier, Mohamed ben Ely Eoouri prend le pouvoir ; mais comme il était trop jeune encore pour l'exercer effectivement, Amar Ould Mokhtar, son oncle, prit les fonctions de régent qu'il ne tarda pas à vouloir transformer à son profit en se faisant reconnaître comme roi du pays.

C'est de ce moment que datent les premières dissensions chez les Trarza.

— Î8 — A Amar Ould Mokhtar succéda son fils.

Mohamed El Habib 1822àl861

Sidi M'Borika 1861 à 1872

Ahmet Saloum I* 1872

Ely ben Mohamed El Habib 1873 à 1886

Mohamed Fffl ould Sidi 1886

Amar Saloum 1886 à 1891

Sans remonter dans le passé encore obscur des règnes lointains, nous prendrons l'histoire des Trarza depuis la division la plus importante qui s'est produite chez eux au commencement du siècle dernier. Vers 1810 les Trarza étaient en lutte entre eux. Un des partis avait à sa tête Mohamed ben Ely Eoouri de la branche cadette de la famille d'El Chandora et l'autre Amar ould Mokhtar de la même famille ; mais d'une branche plus éloignée. La lutte entre eux ne dura i>as moins de cinq ans, et, après une dernière bataille où Mohamed ben Ely Eoouri perdit la vie, Amar ould Mokhtar prit seul le pouvoir. Il le conserva encore cinq ans et mourut âgé de 90 ans, en 1822.

Son fils Mohamed El Habib, qui avait 24 ans à peine, fut sans difficulté reconnu roi des Trarza. Les quelques membres de sa famille qui virent cette nomination avec déplaisir quittèrent le pays et allèrent s'établir chez les Brackna. Il y avait parmi eux son propre frère Ahmet Leygat qui parvint à décider quelques princes des Brackna à s'associer à sa fortune et à tenter de renverser Mohamed El Habib. Leur lutte dura deux ans environ; mais Mohamed El Habib, qui avait su se créer des alliés par ses bonnes relations avec ses voisins, parvint à le cerner grâce au concours des gens du Oualo et des Toucouleurs du Fouta. Les Brackna qui s'étaient embarqués dans cette aventure vinrent demander la 'psiiL à Mohamed El Habib. Il la leur accorda après avoir toutefois razzié complètement leur pays. Ahmed Leygat fut contraint de s'enfuir. Il se retira dans l'Adrar oii vinrent le rejoindre les tribus des Oulad El Bohlia, les Abollah et une partie des Itakhakhla, des El Ague Moutar, des El Tounsi, des Cherkhi, Ould Edy et des Eleub ; mais avant de pouvoir recommencer les hostilités, Ahmet Leygat mourut assassiné par des Eleub restés fidèles à Mohamed El Habib.

Ceci ne rétablit pas la tranquillité. Les quelques Oulad Ahmet

ben Dahman, à la tête desquels se trouvait le prince Sidi Ahmet, neveu de Mohamed El Habib, entraînèrent avec ses partisans tous les guerriers pillards de TAdrar. Mohamed El Habib leur tint tête pendant sept ans, quelquefois cei)endant avec beaucoup de i)eine. Une fois entre autres son camp royal fut enlevé par 400 cavaliers et 1^500 fantassins. Il prit toutefois rapidement sa revanche, porta la guerre dans TAdrar, avec 3,700 combattants et razzia le pays. Tous les Trarza qui luttaient contre lui se réfugièrent chez le cheikh Sidia, grand-père du cheikh Sidia actuel, qui intervint en leur faveur et parvint à rétablir la paix.

Cei>endant la situation devenait très précaire sur le fleuve pour nos commerçants qui étaient à la merci des chefs des tribus rivefsines, d'autant plus que tout le Oualo était envahi par les Trarza. Depuis 1851 nos nationaux réclamaient l'intervention du gouvernement qui, en 1855, se décida à intervenir. Pendant trois et demi la lutte se prolongea. Mohamed El Habib ne s'illusionnait pas du reste sur la solution possible. Il avait accepté la guerre contraint par les événements. H chercha d'abord à nous atteindre dans notre commerce en interdisant l'arrivée des gommes dans tous nos comptoirs du fleuve ; mais comme toutes les tribus ne i)ouvaient s'approvisionner en guinées et en mil que chez nos commerçants, il arriva bientôt que plusieurs d'entre elles, notamment les Oulad Dahman et leurs tributaires, les Oulad El Fakhi ainsi que les Oulad Ahmed des Brackna qui dépendaient alors de l'émir des Trarza, enfreignirent la défense du roi. Celui-ci leur attribuant l'insuccès de ses combinaisons réunit quelques hommes et alla trouver les Oulad Dahman qui campaient au nord du lac Cayar. Ceux-ci firent leur soumission. Mohamed El Habib et Mohamed Sidi, roi des Brackna, marchèrent ensuite contre les Oulad Ahmed ; mais ces derniers ne les attendirent pas, ils vinrent à leur rencontre, les attaquèrent de nuit, tuèrent un prince Brackna et firent un prisonnier trarza qu'ils envoyèrent après lui avoir arraché toutes les dents.

Cette défaite décida Mohamed El Habib à nous demander la paix. C'était en 1858. Un traité fut signé semblable à celui qu'en 1857, nous avions passé à Bakel, avec Bakar, le roi des Dowich. L'émir des Trarza reconnaissait le droit des Français sur tous les territoires de la banlieue de Saint-Louis, y compris le Oualo et le

ministre d'Amar et ministre, alors, d'Ahmet Salovm, et trois autres qui étaient ses propres cousins. Il tomba bientôt tué d'un coup de fusil par un de ses parents Mohamed Ould Sidi Mokhtar, qui marche aujourd'hui aTec Sidi. Ahmet Saloum restait donc vraiment maître du pays.

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